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Full text of "justinard"

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CAPITAINE JUSTINARD 

de« TlraillflUTs Marocalas 



MANUEL 



lii 



BERBERE MAROCAIN 

(DIALECTE CHLEUH) 




LIBRAIRIE ORIENTALE & AMERIGAINE 

E. GUILMOTO, fiditeur 
6, Rue de M^zieres, PARIS 



INTRODUCTION 



L'^tude des' dialectes berbkres, qui a He activement poussee 
par I'Ecole alg&ienne en ce qui conceme les parlers alg^riena, 
est encore d. ses debuts sur le terrain marocain. Le prdsent 
travail est consacni d I'un des dialectes du Maroc, le cbleuh, 
fmpl^^p4ctaihnifnfdmrrittr^en~^ fAitta^d^Marra^eh et 
4troiiement apparent^ aux dialectes de V Atlas moyen. 

Les textes qui y sont rassembles ont tous etc dictes par les 
' s oldats chleuh de la 2^ compagnie de tirailleurs marocains qui, 
aw hasard des camps et des colonnes de la region de Fez, les 
vontaieni d leur capitaine. 

Celui-ci ne saurait oublier que ces braves gens, qui dans 
des circonstances tragigues ont mofitr^ pour' luiU ptiis-coyhplet 
dSvovenienti »nt iti aussi tes profess^urs de berbere. 

he kateb* Si Tahar Sousso, les maouns^ Moulay Lkdssen 
Hahi, Si Mohammed Soussi, Larbi Mizmizi, lessoldats Tahar 
Mtouggi, Si Mokhtar Mtouggi, Boujemaa Hahi, Lhaoussine 
Guodmioui ont 6U les conteurs patients de tr^s nombreux re- 
cits, dent quelques-uns soiii reproduils ici, avec une traduction 
qui, sans aucun souci d'elegance, s'efforce seulement d'etre 
nette et precise, 

1. Kateb", grade marocain correspondaot k celui de fourrier. 

2. Maoun, grade iDfiarocaincorreBpondant li celui de caporal. 



"*■! INTRODUCTION 

Le$ uns sont des conies qui int^resseront peut-etre les folklo- 
- riitei, par leur caracUre naif. 

Les autres sont des proverbes, des chants alternes, des r^ciU 
d'allure rythmie qu'on dit et qu'on chante, en pays chleuh, 
parfois avec accompagnement de danses, aux jours de fete, 
rf'ahouach et t/'ahidous *. 
Ces'contesy ces chants, ces proverbes font partie d'une im- 
j portante Uitirature populaive dans laquelle SidiHammon,«n 
poHe soussi, semble tenir la premiere place. II serait intires- 
sant de chercher d la recueillir parce qu'on y trouve un reflet 
direct de la vie, des coulumes, de lame mime des Berbhres. 

Les Yemenis de grammaire qui precedent ces textes n'onl 
aucune pretention scientifique; on souhaite seulemeni qu'ils fa- 
cilitent la comprehension des textes et qu'ils permettent de con- 
^Uer uHiefrmtkiiemei fow^is'pit't^^;^^-^ ^'f^ 
mine I'oi^vrage. 

Enfin, Vauteur a pens^ que des dialogues, dont une partie 
est sp^cialement-militaire, pourraient faciliter d sescamarades 
des troupes marocaines la prise de contact avec I'^l^ment 
chleuh qui doit fournir en grand nombre a ces troupes un 
excellent recrutement. II a cherche Id aussi d etre praliquement 
utile. 

Fez, Janvier. Pw-is, mars 1914. 

h. JUSTINARD 
1. Ahidous, ahouach, ffites berb^res oh Tod danse et oil I'on chante. 



, Les principaux ouvrages relatifs au berb^re marocain sont : 
J Si Said dit Bouufa : Textes bepb^res de I'Atlas marocain. 

D' SnfsiKE : Schilhisches Handbuch von Tazerouall. 

BuBNAT : Six textes en dialecte des DadSs. 



MAKUEL 



DB 



BERBERE MAROCAIN 

(Dialecte Chleuh) 



"f-- 



PREJtflfiRE^PJLRTJi: 



GRAMMAIRE 

Generalit^s. — 11 y a dans I'Afrique du Nord deux 
races principales ; la race berbere et la race arabe. 

La race berbSre 86mble fetre la race autochtone de ce pays 
que certains auteurs ont appel6 Berb^rie. Cette race des 
anciens Numides, de Jugurthaetde Massinissa, sur laquelle 
ont pass6 loutes les invasions, possfede de remarquables 
qualit^s de persistance. Les Berbferes de notre 6poque nous 
apparaissent semblables a ceux qu'ont d^crits les auteurs 
anciens. 

De leur melange avec les Arabes ou avec d'autres races, ce 
n'est pas ici le lieu de discuter. Un fait est certain : il y a 
des gens qui parlent le berbfere, et des gens qui parlent i'arabe. 

Dfes qu'on parle de langue berbfere, il faut pr^ciser. Le 

1 



2 MANUEL DE BERBERE MAROCAtN 

berb6re n'est pas, ou n'est plus, une langue ^crite. Elle 
se compose d'un grand nombre de dialectes, de parents 
6troite, mais tout de m6me diff^rantles unsdes autres 

Etud.er Is. langue berbfere, c'est done d'abord ^udier un 
dialecte de la langue berbfere. 

Les gens qui parlent berbfere habitent presque tons les 
montagnes, ou les oasis ^loign^es du Sud, dans lesquello. 
lis ont trouv^ une retraite k I'^poque des invasions. 

Repartition de la langrue berbfere au Maroc - 
Au Maroc, ils sont bien les gens de la montagne. On peut 
les diviser en trois groupes : 

1^ Groupe du Nord ; Riff, Beni-Snassen. • 

^^ Groupe central ou du moyen Atlas. 

3» Groupe de I'Ouest, du grand Atlas et du Sous. 

»*flnltion du dialecte cWeoh. - Le dialecte ^tudi^ 
dans ces notes est celai du groupe de I'Ouest, que nous 
appellerons dialecte chleuh. II est parl^, au-dessus de Mar- 
rakech, de Demnat k la mer, dans la montagne qu'on 
appe Je Adrar ndren, (caidats .lu Glaoui et du Gounda/i, 
duMtouogi, et tribu des //aha; enfin dans le Sous, d'ou 
sortent ces ^quipes d'acrobates ambulants (Oulad Sidi 
Ahmed ou Moussa), qui parcourent I'Europe et I'Am^rique 
Les gens qui parlont ce diabcte s'appellent le plus sou- 
vent des Chleuh, singulier chelha. \ 

lis s'appellent aussi /mazighen, si%ulier amazigh. Leur 
dialecte s'appelle tachelhit, ou tamazight, ou tasousit, aiors 
que le d.alecte d« /iif s'appelle tari/it, et celui du Moyen 
Atlas taberberit. 

n ne faut pas d'ailleurs attacher une trop grande impor- 
tance k cette classification. Au Maroc, le mot Chleuh d^signe 



W^:^ 



GRAMMAIRE 



trSs souvent toas les Borbtres, les gens de la montagne, 
ou m6me les dissidents. 

Le berbfere est une langue trfes diff^rente de I'arabe, mais 
il y a entre ces deux langues de nombreuses analogies, de 
conjugaison, de formation des pluriels, de vocabulaire. 
Elles possfedent beaucoup de mots communs, passes de 
I'arabe en berbfere sans deformation ou avcc une deforma- 
tion trfes simple. C'est le r^sultat du contact 6troit et pro- 
long6 des populations arabe et berbfere. 

Les gens de langue berbfere sont de beaucoup les plus 
nombreux au Maroc. Beaucoup parlent k la fois les deux 
langues, surtout parmi ceux avec qui nous avons pris le 
premier contact. Ceux-li ont eu de tout temps des rapports 
trfes etroits avec les Arabes, ont 616 souvent stijefs du 
Magbzen. Mais dbs qu'on abordera le haul pays, on trou- 
vera des fractions, des tribus entieres parlant uniquement 
un dialecte berbfere. Nous n'avons aucun int^rfet i leur 
apprendre I'arabe, bien au contraire. 

Ecritnre. — II y a eu une ecriture. berbfere, J^lphabet 
dit touareg, apparent^ k I'alphabet libyque. Elle n'ajliis, 
qu'ujie valeiicJustoriaye. En fait les Berbferes qui ^crivent 
leur langue, r^crivent comme ils le peuvent, c'est-ii-dire le 
plus souvent en arabe. Mais la representation de langue 
berbfere est au moios aussi facile en caractferes frangais 
qu'en caractferes arabes. Les caractSres fran^ais seront 
employes dans ces notes, avec quelques indications suppie- 
mentair«s. Mais I'usage seul apprendra les nuances, les 
sons exacls, tenant trfes souvent le milieu entre deux 
voyelles francaises, et variant de tribu i tribu. 



HANDEL DE BERB^RE MAROCAtN 



MODE DE TRANSCRIPTION 

8 1 , 

b u 



l9 



m 

n 

r 

s 



ou 
z 



J 

e 

o 

J 

J 



g 3 se ppononce : gue. 

gh ^ r grassey^. ^ 

h < aspiration faiblr. » 

fr g aspiration forte, de la gorge. ch 

■ En outre, le signe - indique una voyelle longue sur 
Jaquelle il faut appuyer, et le signe u une brfeve qu'il faut 
prononcer k peine. Chaque iettre au sa valeur propre et doit 
fetre prononc^e. Ex. : 

aidi = a-i-di. 

DEL'ARTICLE 

II n'y a pas d'article en chleuh. Souvent seutement un 
mot arabe pass^ en chleuh, y passe avec son article, ce qui 
poiirrait tromper. Ex. : 

l^flt le feu 

'^^° IM source 

*™** l^rgent, les biens 

ddounit li monde 



GRAHUAIRE 



DU NOM 



Le nom a deux genres : masculin et f^minia ; il y a deux 
noinbres : singulier et pluriel. ^ 

Noins mascnUns en a, 1, on. — Sont masculihs' tons 

les noihs comitrencant par a, t, ou : 

argaz Vhomme 



izem 


le lion 


aiour 


la lune 


imi 


la houche 



Noms fSmtiiins : t initial et final, a final. — Soat 

^ni finissent par a : 

tamghart la femme 

tafoukt le soleil 

targa la rigole 

tasa le foie 

Formation da feminin. — Se forme souvent en ajou - 
tant UQ t ail commencement et & la fln du masculin corres- 
pondant. Ex. : 

afroukh, le jeune gargon tafroukht, la jeune fille 
agmar, le cheval tagmart, la jument 

aghioul, I'dne taghioult, Vdnesse 

Dimlnutir. — Le double /, initial et final, sert tr^s sou- 
Tent k former le diminutif : 

adad, le doigl tadalt, le petil doigi 
akc^ud, le bois taEchoutt, le petit morceau de hois 

ighzer, le ravin tighzert, le petit ravin 



6 MANUEL DE BERBERE MAROCAIN 

PLURIEL DES NOMS 

II ne s'apprend compl6tement qa'k I'usage. Uy a pourtant 
ties rfegles assez gen^rales pour la formation du pluriel r6- 
giilier. 

Pluriel pfigulier. Rfegle g€n6pale. — h'a initial du 
singulier, masculin ou f^minin (argaz, tamghart) se trans- 
forme en i au pluriel. Vi initial est done tr6s souvent 
indiee de pluriel 

Noms masculine. — "Le pluriel r^gulier se forme en 
ajoutant au singuUer la terminaison en, qui pent devenir 
par euphonie ; in, an, ouen, ioun. Ex. : 

argaz, Vhomme pluriel, irgazen 

adrar, la montagne — idraren 

amghar, le chef du village — imgfiifren 

ilm, la peau — ilmaouen 

ouskai, le slougi — ouskaien 

Noma feminins. — Le pluriel r^gulier se forme en 
remplacarit le / final du singulierpar la terminaison in, qui 
peut devenir : ouin, atin. Ex. : 

tamghart,- la femme pluriel, timgharin 

tatbirt, la colombe — titbirin- 

tarrialt, le douro — tirrialiii 

Pluriel irregrnlier (en a). — Le pluriel irr^gulier, 
qu'on pourrait appeler pluriel en a, s'obtient par la trans- 
formation en a de la dernifere voyelle du singulier (ou de 
la voyelle pr6c6dant la dernifere consonne), avec ou sans 
addition de la terminaison n. Bxemples : 1» transformation 
en a de la dernifere voyelle sans, addition de n ; 



GRAMMAIRE 



aserdoun, le mulei 

agertil, la natte 

ahanou, la chambre 

agaiou, la tete 

agadir, la forieresse 



pluriel, iserdan 

— igertal 

— ihouna 

— igouia 

— igoudar 



2" Transformation en a de la dernifere voyelle avec addi- 
tion de n : 



aidi, le chien 

asif, la riviere 

OQchchen, le chacal 
aghioul, Vane 



pluriel, iidan 

— isaffen 

— ouchchanen 

— igiiialen 



Noma feintnins. — 1" Si le riom f^minin prorient d'un 

nom masculin dont le pluriel existe, le feminin pluriel se 
forme en pr^fixant iau masculin pluriel et en transformant 
en in la terminaison en : 



taghioult, I'dnesse 
masc. aghioul 
tafroukht, la jeune fille 
masc. afroukh 



pluriel, tighialin 

ighialen 

— tiferkhin 

iferkhaa 



(Remarquer que dans ce dernier exemple on a d6plac4 une 
voyelle int^rieure.) 

2" Si le nom feminin se termine en ou {() ou en i (/), le 
f6minin pluriel prend spuvent la terminaison_a. Ex. : 



tasarout, la^lef 
tiflout, la parte 
tigemmi, la maison 



pluriel, tisoura 

— ' tifla ■ 

— tigoumma 



8 MANUEL DE BERBERE MAROCAIN "^ _ 

Koms'd'ori^ine arabe. — Les noms qui viennent de 
Varabe passent en chleuh avec leur pluriel arabe ; 
ttaleb, le savant pluriel, Uolba 

Ikas, le verre — Ikisan 

I^in, la source — laioun 

Enfin, il y a des noms dont le pluriel diff^re complete- 
ment du sihgulier, ou provient d'un singulier hors d'usage, 
ou dont le singulier n'existe pas. Ex. : / , ' 

alien, les yeux pluriel de : tit, Vceil. 

aman, I'eau ' (sans pluriel). 

idammen, le sang (a forme de pluriel). 

Pluriel de certains noms de parente : Bon, liab ; 
idbou, idbab. — li y a lieu d'ajouter le pluriel de cer- 
tains noms d'usage frequent, ceux qui expriment la parents, 
bon, bat, (ep^M plari«r:1dlJ0!i-iaMb' 

signifte « le pfere », mais aussi « I'homme h, le propri^taire 
de » et sert k former des noms et des surnoms : 

bab n tigemmi, le maitre de la maison, pluriel : idbab n 
tigemmi. 

bou mojiammed, le herisson, pluriel : idbou mohammed. 

idbab n Imdint, les gens de la ville. 
imtna, raa, lall, la -mire pluriel, idmma, idlall 
signifie « la mfere », mais aussi la femme d, la maitresse de 
{exprimant une caracl^ristique) : 

idmma ezoula ghmanin, celles aux yeux peints en noir : 
ou, le fils pluriel, ait. 

Ait, signifle les gens et sert k former des noms de tribus. 

Ex. : ou Imdint, citadin, pluriel ; ait Imdinl 

ait Youssi, ait Tsejrouchen, tribus berberes 

ou Taroudant, habitant de Taroudant. 



;^ -■ ,, - .■■■.- --^ ■ ,._ 

GftAlUtXntE 9 

ell, la fille pUrriel, ist 

agma, le frere — aitma 

oultma, la sceur — istma 

Remarque. -^ Tous ces noms ne snireBt'paB ki r^gle 
g^n^rale des pronoms suffixes {voir'plus \oiit)ip S^lti8f)^ 
mer la possession k la premiere personne du singulier. 

baba, bouaia, imma \ mon pere, ma mere 
iOQi, eili, agma, aitma ) mon [mes] fr^res, etc. 

DE L'ADJECTIF 

L'adjectif frangais se jrend le plus souvent en berbfere par 
le veifbe'&'Ia fbrmigparttcipet : t— ii (ft iijait repipdscnftmtle 

radical : voirle verbe). 

U est invariable en genre, mais forme un pluriel ; 

argaz iddeln, un homme bon. 

tamghart iddeln, une femme bonne. 

irgazen (timgharin) iadelnin, des hommes (femmes) bans, 

L'adjectif proprement dit existe aussi et s'accorde avec 
le nom. 

atbif ottlflBtlit, -un pigSon blanc. 

tatbirt toumellilt, une colpmbe blanche. 

Mais I'adjectif de forme participiate est beaucoup plus 
frequent. 

DU VERBE 

Du radical. — On pent distinguer dans tout verbe un 
radical ou racine, qui on estla forme la plus simple et qui 
sert b. indiquer I'id^e exprim^e par le verbe. 

EnchleuhjCe radical est la deuxifeme personne du singu- 



10 



MANUEL DE BERBERE MAROCAIN 



Her de I'imp^ratif. Pour simpiifier, nous le traduirons par 
1 infmitif franpais. Exemples : 



amz, prendre 
tou, onblier 
out, frapper 



(litteralement, prends) 
[ ~~ oublie) 

— frappe] 



GoqJ««al8on. - t»-«o^ugaison est de la plus grand e 
simplicity et compread en rfialit^ un temps^ unique : I'ao- 
riste, qui sertii exprimer le pass^, le present et le futur. ' 

Impgratir. - Le radical Iui-m6me exprimeladeuxifeme 
personne du singulier, masculin et feminin. La deuxi6me 
personne du pluriel se forme en ajoutant i pour le mas- 
CiiliUj m^ pour le pluriel. 

Le radical sera repr^sent^ par un trait. 




amz, prends. 
amz(a)t, prenez (m. 
amz(a)mt, prenez (f.) 



Reraarques : !» Pour une raison d'euphonie, on intercale 
souvent a, ou la, entre radical et sufOxe. Exemples : 
gen, genat, genamt ferme, fermez 

tout, touiat, touiamt oublie, oubliez 

2^ On pr^c6de queiquefois I'imp^raUf des expressions 
<( lallah, aioua, arouah », dont le sens ^quivaut h « allom y, 
et qui s'accordent avec la personne : 

aiouat fisat iaisez-vous. 



GRAMMAIRE 



H 



Ao piste. — Le tableau ci-dessous donne la conjugaison 
de I'aoriste : 



PERSONNE 



e- ,' 



s 



I'^personne 
2* — 
3e p. masc. 
3" p. femin. 
li^personne 
2e p. masc. 
2" p. fem. . 
3e p. masc. 
3« p. Urn. . 



CONJUGAISON 



gh 

t t 

i -r— — 

t 

n 

t- — — - — m 
t mt 

1 nt. 



EXEMPLE 

[moun (accompagner) 



mounegli, 

tmount, 

imoun, 

tiiioun, 

nmoun, 

tmounem, 



j ai accompapie. 
fi ai — 

il a — 

elle a — 

nous avom — 
vom avez — 



tmounemt, vous avez 
mounen, i's ont 
mounent, eUesont 



ghli. 


monter 


ghligh, 


j'ai mont^ 


teghlit, 


iu as montii 


gghli, 


il a monte. 


teghli, 


elle a monie 


neghii, 


nous avons tndnt^ 


teghlim, 


votis avez montd (masculin 


teghlimt, 


— — (f^minin) 


ghlin, 


Us ont monte 


ghlint, 


elles ont monte 



Remarque. — Gertalnes tribus chleuh, celles du Sous 
en particuller, forment la premifere persoiine du singulier 
en ajoutant kh, au lieu de gh au radical : 

khedmekh, j'ai travaille 
chchikh, fai mange 



12 



MANUEL DE BERBERK MAROGAIN 



I 

Affixes de temps. - Les diflf^rents temps du verbe 
franijais se rendent par I'aoriste au moyen de prefixes et 
de suffixes indiquds ci-dessous et qui seront prricis^s par 
des exemples. 



TBMPS 



Present; 
Futur. 

,Subjonctif. 
Passe 



INDICES 



ad, ar. Pr^fixe. 
ra, rad, ara, arad. Id. 

a- Id. 

ellL Suffixe. 



Exemples du present : 



adgenegii, atgent 
adscnt!^, 
adrouiegh, 
agmar aritazzel 
ariftou slmdint 



je dors, tu dors 
jehmsr 

je fuis 

le cheval troite 

il x>a d, la ville 



Remarquer que ad se transforme en at ou en an, par eu- 
phonie, sous I'influence de la voyelle suivante : 
ansegh agliroum nous achetons du pain, 

Exemples da fatur : 



azeitlta raiftou s Sefroa 
ranzenz iirden 
mammou raiitfelt ? 
mam'enk ranslcer? 
nef ouzka, inchallah 
ratzrim Imdint 



demain il ira d. Sefrou 
nous vendrons du bU 
a qui me laisseras-tu ? 
comment ferons-nous ? 
aprH-demain, s'il plait a Dieu 
vous verrez la ville 



GRAMMA1&<{ 



13 



Excmples du sobjonctif : 

righ aiflou s Fas je veux qu'it aille d. Fes 



Jazem akkounzSregh 
innasen adaghdaouin 

igariden 
lazem atfisem 

Exemples du pass€ : 

zenzighelii oulli 
ftighelli stigemminek 



il faui que je vous vote 
dis-leur de nous apporter de 

V argent 
il faut que vous vous taisiez 



f avals vendu des moutons 
j'ai ete dans ta maison 



Remarque. — Ftigh et zenzigh expriment 6galement 
le pass^, lAais eUi intlique le plus-qne-parfait : 

f avals oublie que je t'avais dit 
de venir chez moi aiijourd'hui 

cetie fois-la, j'avais laisse mon 
chien a Fes 



ttoughelli is a%nnigh 
addaritachkt ghassa 
ddourelli, fleghelii aidinou 



gh Fas 

Remarqaes. — A cause de la ressemblance des pre- 
fixes, k cause des particulesqui s'intercalent entfeverbe et 
pr^flxe, il est trfes facile de confondre les diff^rents temps. 

En somme, a, ar, ad, ra, rad, indiquent que Taction se 
fait OQ n'est pas encore faiie. 

L'aoriste, sans pr^fixo ou avec le suffixe elli, indique le 
pass6, y action faiie. li rend cependant quelquefois le pre- 
sent ou le futur, par exemple dans un r^cit, ou pour all^ger 
la phrase; exemple : 

azekka neffough zghelgour, demain nous sortirons du camp, 
nfellqecheDnagh ghid nous laisserons nos bagages 

ici 



14 MANUEL DE BBRBERE MAROCAIN 

Da participe : forme i-n. - n existe une formo 
^r^. tmporlante du verbe qu'on peut appeler forme participe. 
Gest le radical avec i pr^iixe et n snffixe, done forme 

Elle est invariable. Elle s'emploie ; 

i" dans r interrogation : 
ma ibnan tigerfimi ? g^i « ^^^ ;„ ^^.^^^, 

ma .ga ghouan isenouan guel est celui qui prepare les 

'"^«"»^ repas? 

makiaghen? ^„.„,.,,j> ^^^,^^^_^^ ^^. ^^ 

blesse?) 
ma isdoqqoren tiflout ? qui frappe a la parte? 

'2odans les propositions incidentes, apres le pronom 

argaz ikchmen f^„^ ^^ ^,^ ^„,^^ 

zngh ourgaz atingi.an fai vu n<i,^ gul ra m 

3o elle sert surtout & traduire I'adjectif. 

Cette forme participe en i-n, tr6s employee en chlenh et 
du maniement le plus facile, est donctrfes importante. 

' VERBES IRRecULIERS 

Parmi les verbes, il en est dont la coiyugaison est entife- 
pcment soumise aux regies donnees plus haul. Ce sont des 
verbes invJtriables. D'autres sont variables ou irrdguliers 
c est-ii-dire que leur conjugaison peut subir des modifica- 
tions, dont la raison est le plus souvent I'euphonie. 

Les regies suivantes no sont pas absolues. Elles donnent 
seulement des indications presque g^n^rales. 

Verbes h radical monosyUabiqae en i et on. ~ 



GRAMHAIRE 15 

lo Les verbes k radical monosyllabique en i et ou sont 
gen^ralement invariables. Exemples : 

moun, accompagner kchem, entrer . 
Idi, Hrer ' . ^hli, wwnfer 

bidd, etre debout ttoti, oublier 

2o Les modifications affectent presque loujours la conju- 
gaison des formes du pass<J pusitif oun^gatif, k I'exclusion 
des formes du present et du futur pr6c6d^es des prefixes, 
qui se conjuguent presque toujours r^guliferement. 

3<> Le son a, initial du radical, ou faisant partie de la 
syllabe initiale se change en ou. Exemples : 

rar, renrfre aftoui, i^u/ar 

laz, avoir faim agoui, ne pas vouloir 

ass, her gammi, ne pas pouruir 

amz, saisir azzel, couHr 

arem, gouter agoum, puiser 

akour, voter aijen, tomber malade 

azen, envoyer ammen, avoir confiance 

ConjugaisoD du verbe amz, prendre : 

oumzegh, fai pris 
tourazt, iu as pris 
^oumz, il a pris J 

toumz, elle a.pris 
noumz, nous avons pris 
toumzem, vous avez pris 
toumzemt, vous avez pris (fem.) 
oumzen, its ont pris 
oumzent, elles ont pris 



16 MANUEL DE BERBERE MAROCAIN 

Remarque. - Quand la syilabe initiale a est immgdia- 
tement suivie de ou, a se change en i et non pas en o«. 

tjouit, ioui, nioui, tiouim, etc. . 

4a Vn grand nombre de verbes intercalent le son i entre 
radical et 8uffl«, aux denx premieres personnes du singu- 
lier. Il8^prenn*fti le son d t toutes les autres personnes lis 
reprennent le son i quand ils sont pr^cgd^ de la i»^g«- 

tion our. ^ 

Ge sent : (a) les verbes dont le radical a une ou deux 
consonnes; (b) les verbes dont le radical se termiite en ou. 
tixemples : 

egg, elre quelque chose els, s'habiller 

€kk, Hre quelque paH ■ Sks, jM«re ■ 

Sfk, rfo»m«r . 6rgh; bmev "-..• ... 

6rrz, camr ^ub, passer la nuit 

zenz, vendre ^^gh, iuer 

mel, montrer fej^ /amer 

'^'*' ^^^'^ echeb, manner 
Copjugaison du verbe. mel, montrer : 

mligh, j'ai montr^ 
temlit, tu as montr^ 
imla, il a montre 
temla, elle a montre 
nemlam, nous avons montrf 
temlam, vous avez monlr^ 
temlamtj vous avez montri{t) 
mlan, Us out montri 
mlant, elles ont montre 




n-, 



our imii, il n'a pas monire 
our nemli, 
- our temlim, etc. ,^, 

texempte(b) : ■ . ■ '? - .- 

?^, -. SSOOj^'tenrfre (un tapis) jlou, se perdre 

r,: : ddou, aWer q<J0u, coi/er 

1^--. ghmou, teindre bnou, 6d(ir 

!3; foukkou, rft/iiwrer zzou, planter 

%''C; €onjugaieon du verbe ttonj.aller : 

g ^;^^ ~ : tflit, fti««7i^ 

^X- ifta, t7 ««( a//^ 

I' tfta, eWe esi a/^ee 

^; liffta, nou« «omme8 ai/(is 

I ■ ' tftam, vomitesalUi ^ 

f\ Iftamt, vous eies alUes 

\ ftan, iUsont alUs 

l' , ftant, etleiiont allies ' 

e N€gration. 

-. our ifti, il n'est pas alle 

our tefti, our nfti, our teftim. 

\, ' " . ■ , ■ 

^" FORMES d£rIV£ES 

;^.' ' II y a en chleuh, comme dans tous les dialectes berbferes, 
^ i comme en arabe, des formes deriv^es qui servent k expri- 
mer une id4e diff^rente de la forme simple. 



18 MANUEL DE BERBEBE MAROCAlS 

lo. Forme factitive ou en S. — Elle indique I'id^e de 
faire ou de causei^ Paction exprim^e par la forme simple. 



kchem, entrer 
Ikim, arriver 
ghli, monier 
rbah, gagner 
qra, lire 
bidd, elre debotd 

Exemples : 

selkimt ilgour 
seghlit ghouanou 
saqrat ghtimezgida 

our righ at&ensegh 
ghtigemminon 
isenker imedden 
gbidd Idsker 



sekchem, faire enlrer 
selkim, faire arriver 
seghli, faire monter 
serbah, faire gagner 
saqra, faire lire 
sbidd, faire leve^ 

fais-h arriver an camp 

monte-le du puiis' 

fais-le lire {apprends-hn d 
lire) dans la mosquie 
'j^jiSiV^, pas le faire cou-. 
cker dam ma mQi*on 

il agite les gens 

fais lever les soldals 

f ■a 



Remarque, — he s caract^ristique de la forme pent se 
changer en ch, ou en z, ou en j, par eiiphonie, quand la 
forme simple contient une de ces consonnes ou commence 
par elle. 

njem, s'echapper jenjem dilivrer, {faire j^chapper) 

a*-. — Forme de r6ciproclt6, ou en M, N, ou M\. 

Elle indique la reciprocity. Exemples : 

engh, tuer mengh, s'entre-tuer 

akour, voter miakar, . se voler recipro- 

quement 

meggar, serencontrer 



¥t''?- . • 



GRAHHAIRE 



19 



zar voir 

iUanoudain ghessouq 
miakaren ingratsen 
< aitmas Iqaidjl^ohammeid . 
mengban ingratsen 

idbab noiirtan emmaghen 
fouaijn ttazart 



mzar, se voir 

mmagh, se baltre 

il y a des Juifs au marche 
qui se volent entre eux 

. Les frires {les geas) du caid 
Mohammed se sdnt entre-tu4& 

Les gens des jardins se sont 
batius pour des jigues el des 
raisins 



3". — Forme passive, on en T, Ti, Tia. 



akour, vokr 

kerf, attacker 

asi, enlever 

bnou, Mtir 

netta itiourebba ghtama- 
zirt nTJnahan 

tiirrza Imahjalt nougellid 
gh Taza 

tiakaregh idgam 

manlouaqt tioubna tigem- 
miad'? 



tiakar, etre vole 
tioukraf, etre attach^ 
tiousai, ^tre entiv^ 

tioubna, etre bdti 

lui, il a (He eleve en pays 
Haiti [des Ilaha) 

Varmee du Sultan a ite 
battue [cass^e) d, Taza 

fai etd vole cette nuit 

guand a M4 bdlie eette 
maison-ci? 



4". — Forme d'babitade. — II y a en chleuh, comme 
dans tons les dialectes berbferes, une forme d6riv6e, trfes 
importante, d'emploi trfes frequent, qu'on peut appeler 
forme d'habitude. 

Eile sert k traduire le verbe avec I'id^e A'habitudey A'aciua- 
lite, de continuite. 

Elle sert souvent aussii traduire le futur negatif. 

Sa conjugaison est invariable, sans que la partie fixe de 
la conjugaison soil forc^ment le radical du verbe; au con- 



'■' " r 'I ■ ' ~ . ' L , ' ■ 

■ ■ " /. 
20 MANUEL DE BERBERE MAKOCAIN 

traire, cette partie fixe est g^n^ralement celle de la forme 
du present. 

D'une mani6re g^n^raie, la forme d'habitude est une 
'prolong.diion, ou une accentuation de la forme simple. 

Les difT^renls modes de formation sont indiqu^s ci-des- 
sous. 

- (a) Par.introdaction dela voyeile o : 

-«S1V ihonircr f. h. mal '^ 

■ , sSn, savoir f. h. san, ssan 

6ns, passer la nuii f. h. nsa 

zenz, vendre f. h. zenza 

{b) Par introduction de un ou deux i : 
sird, laver f. h. sirid 

zigz, errer f. h. zigiz 

mchaourj prenrfre cotikH ~ f^ U. mchiOBu' . _^ ^ ^ , 

(c), Pi^ redoiiblement de consonnes : 
gen, dormir f. h. jggan 

gher, lire f. h. qra (2 gh = q) 

ghars, egorger f. h. qers (2 gh =q) 

ghaz, creuser f. h. qqaz (id.) 

(rf) Par un / pr^fixe : 

ara, Scrire . f. b. tara 
ini, dire tini : - 

soudou, monter d cheval tsoudou 

Exeinplcs de la forme d^habUude. 

argaza,arbeddainssaghti- eel homme couche loujours 

gemminou dans celle maison 

tafroukhtartaqraghtimez- ' la jeune fille lisait, d la 

gida mosquee 



'G&XkHAlRB 



21 



, iaouid ougellid Im^llemm 
arqazen ailligh ghzen zzou- 
bitejli- ^ 

arichta aghroum ma 
it^katnon ghi? 
Ibacha aiteggan' medden 
ghlhabs 

arbedda iggan azzai, ari- 
takhdam ghiid 
kradgatass arizrai ghimi 
, ntigeifiminon . ^ 



le roi amena les maitres ou- 
vrien. lis creushrent jusqu'd 
ce qu'iU eussent creusi ce 
puits 
iVman^e (hob.) dujpmn' 
qui commdnde ici? / 
le packa met les gens en 
prison 

il doH le jour, il travaille 
la nuit 

chaque jour il passe devant 
la porle de ma maison 



Fof<Sle ^nifttittndd ftti fnittr liei^ii? 



e <M>- 



aour tkessat oullinnek ta- 
ma nouasif 
aour tekkatem sizran 



ne faites pas paitre vos 
moutons a cote de la riviere 

ne frappez pas avec des 
pierres 



Verbe r€fl6chi. — Se rend au.moyen du mot ikhf, la 

tfete, plurieli&A/aoun. :■ - - 



adserdagh ikhfiaou 
argazann ingha ikhfennes 
aour iserks ikhfennes 
innasen adsirdenikhfaoun 
ensen ghouasif 



je me lave 

cet homme-la s'est tue 
qu'il ne se cache pas 
dis-leur de se laver dans la 
riviere 



ACCORD DU n6m ET PROPOSITION 

Un nom complement d'un autre nom est simplement 
r^uni a ce dernier eti fran^ais par une. proposition, sans 
changer de forme. En chleuh, le nom complement d'un 



22 MANUEL DE BERBERE 'MAROCAIN 

autre nom peut subir «n changement (prolongation, trans- . 
formation ou redoublemont) de sa syllabe initiale et prend 
ainsi nne forme qu'on peut appeler forme d'annexion. 

Forme d'annexion. — La forme d'annexion exislo : 
1" Pour les noms commenQant en a, qui changent cet a en 
ou (transformation), ou qui prennent Ig son ou devant l'« 
initial (pfolongement). 

2* Pour les noms en i ou en ou, qui redoublent celte ini- 
tiale (redoublemeut). 

La forme d'annexion n'existe pas pour les noms commen- 
Qant par une consonne, ni pour les noms de parents qui 
out un regime special. 

Remarque. — La forme d'annexion est prise, 6galement 
par ie nom, sujet d'une proposition, qui se trouve k 1 int6- 
rieur de la phrase. 

-Tout ce qui pr^cfede va trouver application dans I'emploi 
des propositions. 

Des prepositions. — De se rend gOnOralement parn : 
bab n tigemmi le maitre de la maison 

ikhf noudrar (adrar) le sommet de la montagne 

iSjaj Dougharas (agharas) la poussiere du chemin de 
n Mekka la Mecque 

Quelquefois de ne se traduit pas, les deux mots 6tant 

simplementaccol4s(le premier parfois suivi d'un pronom). 
iouis ougellid le fits du roi [sonfils duroi) 

ajellabi Imelf «ne 4jellaba de drap 

' A se rend g^nOralement par i ; 

inna iougellid il dit au roi 

ifkt iourgazelli il le donne a cet homme 



GBAMMAIRS 23 

Quelquefois d, signifiant de, se rend par n : 
azreg noua'man te moulin d eau 

Avec se traduit par s en parlant des choses et par d en 
parlant des gens : 

out 80«fous frappe avec la main 

siian chchert d {avec) une condition 

argaz diouis Vhomme avec son fils 

moun dJs «« «w«c lui 

Remarque. — D sert aussi k traduire ia conjonction ct. 

nekki dik moi et toi 

Iqist niizimer douskai I'histoire du mouton et du 

chien 
Dans se traduit par s, s'il y a mouvement, et par gh, s'il 
n'y a pas mouvement. 

ilia ghtigemmi H est dans la maison 

kchem sdari entre chez moi 

aiftouselmdint H va d la ville 

' iouchkad ghelmdint il vient de la ville 

Les auires propositions importantea sont : 
dar, ser, chez; ger, nger, entre 

ddou, izdar, sous; iggi, »ur 

darat, tarf, tama, tasiga, fill, afella, afa, f, sur 
^ cd/e in™') Igeddam. devant 

tjghourdi, derriere; ammas, au milieu 

tasiga ia (n) d, de ce cote [Id] ci 

Ex em pie : 

tama nouasif, d cote de la riviere 
gliouammas nousarag, au milieu de la cour 



u 



HANUEL DE BBRBERE HAROCAIN 



PRONOMS 

Pronoms personnels. — lis peuvent &tre de deux 
sortes : isoles ou affixes. 

moi nekki, nekkini 

loi (m.) icii 

lot (f^;) '' ■ kemmi, kcmmini 

■ U^"' " netU^nettan 

elle nettat 

nous (m.) noukni 

nous {(6m.) noukniati 

vous (m.) kounni 

vous (f^m.) kounninti 

eux noutni 

diet nouteati 

On pr^flxe (Jnelqtiefois oula {aussi) : oula neklo, m&i iiussi. 

Pronoms alfixes. — lis peuvent 6tre de trois sortes : 
eompl^ment d'un nom — d'une proposition, — complement 
direct ou indirect d'un verba. 

Pronom complement du nom. — II traduit exacte- 
ment I'adjectif possessif fran^ais. 



morii mil, 

ton, ta (masc.) 

ion, ta (Mm.) 

son, sa, 

notre, 

votre (masc.) 

voire {Um.) 

leur (m) 

leur (f) 



nou, inou 
nek, in^, ennek 
nem, inem, etinem 
nes, ines, ennes 
nagb, ennagh 
oun, ennoun 
ount, ennount 
sen, ■ensen 
sent, ensent. ' 



- : ■ X " - 

Exemple : 

ma maison tigomminou 

ton bras (f) ' ighilennem ^ 

votre m^re (f) ^innatount 
Exception. — A la premifere pers6mi6,le8 noma de pa- 
. rent6 ont pronpm i. 

mott fils, ioui, ^nes filles isti 

Pronom complement de la proposition. — Les 

affixes sont les m6mes, saiif la premiere personne, qui 
est i. La proposition dar, chez, avec ses diffOrents complO- 
' ments donne la conjugaison.'du verbe avoir. 

V©rtea*oir. 

' 3ari ' " 'f'ai,llfU4r.'chzmo() 

darek fu as 

darem tu as {f) 

dares i^ «> ef/e a 

darnagh nous avons 

daroun vous avez (m) 

darourvt, darkouQt, vous avez {f} , 

darsen Us ont 

darsent • e//es ont 

Quelquefois le verbe « avoir » est pr6c6d6 de « il y a », 
ella, tella : 

ilia dari ouagmar, fat un ckeval 

ellan dares ouaman, U a de I'eau 

darsent tadout elles ont de la laine 

our dari iat je n'ai Hen 

Pronom complement dn verbe. — Le pronom com- 
plement, direct ou indirect, a la m6me forme essentielle. 

*j-~"i-' ■''■-" ' ^- ' " 



^ 



UANUEL DE BERBERS MAROCATN 



Le complement indirect se pl9.ce avant le complement 
direct; on y ajoute quelquefois id. On intercale quelque- 
fois i entre verbe et affixe. 

Tableau des pronoms afflxes : 
Complement direct. Complement indirect. 



mot, 1, 11 ' 
toi, k, ek, kem 
lui, elle, t 
nous, agh, nagh 
V0U8, oun (t), koun (t) 
eux, elles, ten (t) 



a moif 1, 11 
dtoiykySk, kem 
d hi (elle), 8, as 
d nous, agb, nagh 
d vous, OUQ (t) koun (t) 
a eux, elles, sen (t) 



C'est le m6me affixe ; sauf pour le pronom complement 
direct qui est t aux troisifemes personnes, celui des com- 
plements indirects etant s. 

L'agencement des differentes particules afflxes est une 
des difdcultes du dialecte chleuh. Exemple : 

fkii aghroum donne-moi du pain 

innas baba inghat ougelHd il lui dit : monpire, le roi la 

tue 
il leur ordonna de le prendre, 

de le mettre en prison, 
apporlez-nous de ses' nou- 

velles 
elle leur (f.) apporte le repas. 



idmerasen attamzen atta- 

Ouin sell^abs 
efkatagh Ikhbarennes 

taoui asent Ifdour 



Particnles de rapprochement ou d'Sloigrnement. 

— d est une particuie de rapprochement, n est une parti- 
cule d'eioignement. 

' n faut insister s^ur I'importance de ces particules d et n, 
parce qu'elles s'ajoutenttrfes souvent au verbe pour expri- 



GRAMBIAIRE 



27 



mer une id^e de rapprochement d, ou d'61oignement n. 
EUes se placent i la suite des affixes de la conjugaison. 
Mais elles peuvent ^galement se placer devant le verbe, par 
example lorsqu'il est pr6c^d6 desj)arUcules our, elHgh, etc. 

Exemples ; 

aoUi^, apporter 

aouiw, emporter (on entejid quelquefois aoui) 
Ikemd, arriver {en se rapprochant) 
Ikemn, arriver (en s'^loignant) 
ourrid, revenir 
oiirrin, retourner 
aouiirf aman zghlAin apporie-moi de I'eau de la 

,,. _ .... --. -t.-~- tPffOfiff"^ '■'''' ''■'^'" 

&omnd kouUou da gis illan Us apporterent tout ce qu'il y 
"" avail dedans 

ellighrf Ikmen Marrakech quand ih arrwerenl a Marra- 

kech 
louhaghen ikhfennes ghou- fai jeie sa tile dans le puits 

anou ' 

makh ellighrf our touchkit pourquoi n'est-ilpasvenuce 
sbah? " matin? 

Ha,'haU. — Quelquefois le verbe est pr6c^d6 de ha, 
hati, hatid, etc., qui signifient void que, mais qui, le plus 
souvent, n'ajoutent rien au sens. 

haii skereght, je I'ai fait {voici que je I'ai fait) 
hati tella toujad, la void prete. ■ 
On emploie ^galement ha, simplement suivi des affixes 
de la ddclinaison pour traduire me void, le void, etc. 

haii, hati, hatid 
inna kra ouchchen hatin quetqu'un dit : voild le chacal 



28 ^ JiANUEL DE BERBERE MAROCAIN 

Pronoms d^moostratifs. - A. ad, an, eUi/sont 

-papticoles demonstratives, ad indiquant le rapprochement 
an reioignetnent : 

argaza, cet homfne 
afroukhad, cet enfani-ci 
asifann, cette riviere-ld 
lamghMlelli, cette femme {en question) 
igoaiaiad, ces ietes-lA {i euphoniquej. 
Les deux formes du pronom d^monstratif sorit : 
. ghoaa, celui-ci 
khta, celle~ci 

qui engendrent toute une s^rie par I'adjonction des parti- 
cules de rapprochement ou d'^loignement, au singulier on 
au pluriei (d^ n) : . 

ghoua, ghouad, ghouan, ghoualli 
khta, khtad, khtan 

ghoui, ghouid, ghouin 
khti, khtid, khtin 

Exemples ; 

ghonad iga amdakkoulinou celui-ci est mon camarade 

ma .^ghouan ioukSuin quel est celui-ld qui passe la 

*®"" riviere? 

khtad tga ilJis n^mmi eelle~ci est ma cousine. 

Pronom relatif. - II se traduit souvent par elli, celui 
qm ; ' 

argazelli ennighak fellas ' nomme de guije Vai parte 
Oualll, celui qui: 

oualli inghan babak celui qui a tue ton pere. ■ 



■^'F?^"^>'«r-'™',^^f^^.7 -■■■■■ ,- ■ ■■■■ 

GRAUUArilE- 29 

Dda, celui quij est trfes employe dans le Sows : 

aouind kouUou da illan Us apporleronl tout ce gu'il y 

avail dedans. 

Lepronom relatif aauggiIaforineoui,tl, (ooin, tin, ouid, 
tid), ccwar-M, celles-td (ci). Cette forme sert surfonti former 
les pronoms possessifs, les noms de nombre et de qualiii et 
h%Q combiner avec les pronorhs interrogatifs. EUe est tres 
impoAante ; 

ouinoUj ouinek le mien, le lien 

tidou, tidek les miennes, les tiennes 

Ma traduit souvent le pronom relatif, d'une manifere 
facile etrapide : 

issen ma illan il salt ce qu'il y a 

Ainna signifie ce que , quelque chose que : 

ainna trit adakefkdegh je te donnerai ce que tu vou- 

dras. 

Exemples de pronoms relatifs-et possessifs : 

aidiian buinou ce chien-td. est le rhien 

ouinmit agmarad? a qui ce cheval-ci ? 

ghouad ouinnes celui-ci est a ltd 

ouiskrad, tiskratt le {la) troisieme ' ~ '~" 

ouduakal, tiouzzal en terre, en fer 

tinmit atga Igmtarkaad ? d.qui ce marteau-ci? 

Formes de rtnterrog^ation. — Ma forme la base de 
toilte particule interrogative, et signifie : qaoi? que? qui? 
Ce Ma correspond au acli arabe et se combine pour inter- 
roger. Ma 5'emploie seul-ou combing. 



,30 MANUEL DE BEBBE&E HAROGAIN 

■ 1" Seul : 

ma ismennek? quel est (quoi) ton nom? 

ma adiitenint idgam? que m'as-tu dit kier? 

mat issailan? qui te fait pleurer? 

male darnagh iouin ? qui famine chez noust 

2" Combine. — Manza et mani signifient : oh ? 
manza gmak? ou es ion frere? 

manZaghouadiskerenatai? . qui a faitle iki? i 
Quelquefois, il forma. corps avec les pronoms affixes : 
manzaii ? manzak ? manzaten ? 
ok suis-je? ou es-tu? oii sont-ils? 

Mani s'emploie avec ies propositions, surtout s et gk. 

manis? ou? (avec mouvement) 

manigh? oii? {sans mouvement) 

manis ifta? oUat-ilSt^? 

manigti ellan ouaman? oii y a-t~il de I'eauf 

manigii tella takhzant nou- 

gourram? oU est la tente du cMrif? 

Mamek, mamenk, signifient : comment? 

mameok teskert? comment as-tu fait? 

Mammi, mammou A qui? 

mammou toutit iat tabret d qui as-tu ecrit une lettre? 

mammi tzenzit agniarennek? d; qui as-tUvendu toncheval? 
Makh et maf signifient : pourquoi? 

maf attzim? pourquoi vous disputez-vous? 

Manlouaght, manago ? quand? 

manlouaqt touchkit sdari ? giiand es-tu venu chez m.oi? 
Mencht, combien ? 

mencht adgaa? combien sont-ils? 

Une interrogation n'est souvent marquee que par I'into- 



GR&MMAIRE 31 

nation de la phrase; qui commence aussi souvent par is, iz. 
izd. 

is ichcha ouagmar? le cheval a-l-il mange? 

is inoua ouatai? le the esi-U prei? 

Aulres exemples : , 

mantigemmizeghiffough ? de quelle maison est-il sorti? 

man irgazen dar ichcha? ckez quels hommesa-l-il mange? 

man tserdount ftsoudit? sur quelle mule es-tu m.onte? 

mas t-ingha? aoec quoiVa-t-il tue? 

mas attarat? avec qitoi icris-tu? 

Gomparatlf. — Le comparatif se rend au moyen de 
deux Terbes : ouf, surpaaer en qualite, etre meilleur; 
ougger, surpasser en grandeur, etre plus grand. Exemple : 
makkoun ioufen? qui est le meilleur de vous? 

agmarinou iouf ouinek mon ckeval esimeilleur que letien 

ouggerii il est plus grand que moi 

ouggereght je suis plus grand que lui 

Meqqor, mezzi, signifient etre grand, petit, et donnent 
tons deux une forme de comparatif. 
nekki iQezzigh fellak moi, je suis plus petit que toi 

, A la forme parlicipe, ils traduisent petit, grand: 
argaz imqorn un homme grand 

Drous, ggout, signifient 6tre peu, beaucoup. 

- idrousen iqariden peu d'argenl 

eggouten irgazen beaucoup d'hommes 

Pronoms indSflnis. — Autre sc traduit par iad qui 
s'emploie souvent sous la forme iadni (n) invariable : 
argaz ia^nin un autre homme 

timgharin ia^nin d'autres femmes. 



32 MANUEL DE BERBERE MaROc/iI* ' 

■ L' autre (les) d un, une, des (autres) sb rendent par : 
ouaiad, taiatf, ouiad, tiiatt. 
L'un, Vauire se traduit par kra, kra : 

kra ira, kra our iri l'un veut, I'autre pas 

Quelqu'un, quelque chosCj certain, un peu dese dit : kra 

Ex em pies : 
kra nonghroum un peu de pain 

kfrt flOttrgaz io^chkad-dari certain homms vinte^ mi 
iat, ian quelqu'un, guelqu'une 

ian (t) kra rien, personne 

our zrigh Ijatta ian je n'ai vu personne 

oualou, amia rien du lout 

flan (ta), leflan (ta) un tel, une telle 

kraigat chaque 

kraigfttass chnqiiijouf " ; 

kratgat4amghart - ckague femme ~ " 

kraigat-ian (t) ckacun (e) 

iian, iiat ckacun (par t6te) 

addaoun efkagh tarrialt-iian je vous donnerai un douro 

ckacun 
koulj koulchi, aok lout, tous 

kouUouten (lent) eux tous, elles toules 

ourtaok zrigh je ne I'ai pas eu du toul ' 

inii koulchi matsent dis-moi tout ce quelu^ais 

On, se rend par le verbe k fa 3' personne iftasculin plu- 
riel (sous-entendu : medden, les gem) : 
arikkaten Ibab on frappe d. la parte 

mra oufigh (toufit, ioufa) je voudrais bien {tu, il) 
mrais oufigh.adii tefkit je voudrais bien que tu me 
aghroum donnes du pain „, . 



GRAMMAIRE 
OONJONCTIONS — ADVERBE8 DE TEMPS 



^3 



Et SB rend par d ou par did : 
agmar ttafounast le cheval 6i la vache 

riekkidik moiettoi 

Ow se rend parnegh, neglid : -, 

ma trit ? agmar negh tag- que vevx-tu, cheval ou ju- 

mart? merit? 

is trit, neghd oho? veux-iu, out ou non? 

On dit aussi : 
imma,oualakiti, oualaienni mais^ quant A^ 



achfcou 


car^ parce qv 


efa'tT;- ;■"* 


pt^iptt . 


igh fd^Ttoudna, koalma- 


q«(t^d] %i 


mra (d), mla (d) . 




oula, hatta 


missi 


oula 


ni—ni 



our dari aghroum oula tifii je n'ai nipain ni viande 
mgar, mta toutes les fois que 

Advcrbes de temps : 



manage, manlbuaqt? 

ghikad (n), ghilad (n) 

ghakoudan 

iat toual, iaouass 

bahra 

dagb, zagh 

oursoul (our joun) 

bedda - 

ghassa (d), ghidad 

ghii4 



quand? 

maintcnant 

alors, en ce temps 

une fois, unjour 

d I'instant •. — 

encore 

pas encore, jamais encore 

ioujours 

aujourd'hui, cHte nuit 

de nuit 

3 



^* . ' . "r^iKl^UEL DE BERBERK MARaCAm 

f^Otaiss, azzal 

>ik 

sbah 

azekka, nafouzka 



idgam, nafidgam 

ndadani 

adaiiin 

immal giiaeeggouass 



de jour 

de bonne heure 

le matin 

demain, apres-demain 

hier, avant-hier 

Van dernier 

it y a deux ans 

fan proehain 



NOMS DE NOMBRE 

Premier se traduit par la forme participedu verbe 
zouar, devancer, etrc le premier : 

izouarn, premier 

argaz (tamghart) izouarn le premierhomme (femme) 

^ Le premier (le, la, les) se tradait-^galemeirt par i oualli, 
talh, ouilli, trili, suivi de .izouarn (in) : 

ouiili zouarnin les premiers [les anciem) 

Ladjectif rdgulier exjste aussi, peu employ^ : 

t (amezouarou) t le (la) premiere 

Dernier se traduit par la forme participe du verbe ■ sou- 
rou, igotira. . ° 

Les iutres adjectifs nUfm^raux se traduisent par le nom 
de nombre pr^c^d^ de: oui, ti, ouid, tid : 
ouissin le deuxieme 

tisnat la deuxieme 

Une fois se traduit par : ian dour, iat toual, iat tikiit 
Deux fois : snat toual 
Douze fois : tnacher dour 



GRAMHAIRE 



n 



Nombrcs berbferes : 

^ ian, Km. iat 
' 2 sin, f^tn. snat 

3 kra4, f^iu. kralt 

4 kouz 

5 sdtnm<m& 

6 sdis 

7 ssa 

8 tatn 

9 tza 

10 mraou 
100 mis 

imUion, milliouh. 



11 ian d mraou 
l:^ sin d mraou 

13 krad d mraou 

14 kouz d mraou - 

15 semmous d mraotr: 

16 sdis d mraou 

17 ssa d mraou 

18 tarn d mraou 

19 tza d mraou 

20 dchrin 
1 000 elf 

lOOO elfln :.,r ., 



La numeration berbcre, indiqu^e ci-dessus, est pen em- 
ployee au delk devingt. M^meipartir de trois, on emploio 
souvent la numeration arabe, qu'on appelle quelquefois : 
Ihaseb niirgazen, [numeration des hommes), par opposition 
h : Ihaseb ntiiagharin {nUm&ation des femmes]j (pii ser&it 
celle des femmes et d» enfaDis. 

Remarque. — Ian et sin perdent souvent I'n par eupho- 
nie : 

ia ouaoual une parole 

ia ouass un jour 

ia iseqsan quelqu'un qui inierroge 

si irgazen deux hommes 

si iailmaten deux frires 

ian khamsiam qudque cinq jours 



GRAMMAIRE 37 

le J/2 rfottro,.nnou9? tarialt, vaut 10 billioum 
le 1/4 dourouj rbo^ rial, vaut 5 bilHouns 
le hassani, vaut 2 billiouns 
le bilHoun, tagricht, vauH billioun. 

Remarque. — Les Marocains comptent ^galement en 
pesetas : , 

1 douro vaut S pesetas 

1 peseta vaut 4 billiouns 

le peseta est une monnaie fictive, qui n'existe pas comme 
pifece fie monnaie. 

Changpe. — Le change oscille depuis assez longtemps 
entre 125 et 130. On I'a vu d^passer 150, il y a quelqaes 
ann^es. Dire que le change est d 42S, cela veut dire que 
100 francs frangais valent lii5 pesetas hassani. 

Dans ce cas, le douro hassani vaut.4 francs. 
Le billioun vaut fr. 20. 

Slonnaies inf6rieares. — Le billioun (tagricht) a des 

subdivisions en monnaie de caivre :- 

1 billioun = 28 moQ:zouna (tamouzount) . 

mais en rSalit^ la monnaie inf^rieure (existant r^ellement 
comme pifece) est le fels, qu'on appelle aussi mouzouna ou 
Imenia. U y en a 21 dans un billioun. 

3 fels = 4 mouzouna = dir^em = ouqia (taoutqiit) 
6— =8 — =2 — ««ouqitin 
9— =12 — =3 — = teltaouaq 

12 — =16 — =4 — = arbiouaq, etc. 

21 fels = 28 mouzouna := sebaouaq, billioun ou tagricht. 
Le metqal est une monnaie fictive, trfes employee au 

Maroc, en particulier par les crieurs publics (dellal). 



GHAHMAIRG $^ 

le d/2 rfo«ra,.nnous8 tarialt, vaut 10 hiUiouns 
le 1/4 dourouy rbod rial, vaut 5 billiouns 
\q hassatii, vaut 2 billiouns 
le billioun, tagrjcht, vaut 1 billioun, 

Remarque. — Les Marocains comptent ^galement en 
pesetas : , 

1 douro vaut 5 pesetas 

1 peseta vaut 4 billiouns 

le peseta est une monnaie Active, qui n'existe pas comrae 
pi^ce de moanaie. 

Ghang-e. — Le change oscille depuis assez longtemps 
entre 125 et 130. On Ta vtt d^passef 150, il y a queiqaes 
ann^es. Dire que le change est d, /^5, cela veut dire que 
100 francs franpais valent l!25 pesetas hassani. 

Dans ce cas, le douro hassani vaut 4 francs. 
Le billioun vaut fr. 20. 

Monnaies inferienres. — Le billioun (tagricht) a des 
subdivisions en monnaie de cuivre i 

1 billioun = 28 mouzouna (tamouzount) , 
mais en r^alit^ la monnaie inf^rieure (existant r^ellement 
comme pi6ce) est le fels, qu'on appelle aussi mouzouna ou 
tmenia. 11 y en a 21 dans un billioun. 

3 fels = 4 mouzouna ^ dir^em ^ ouqia (taoutqtit) 
6— =8 — =2 — ^ouqitin 
9— =12 — =z'S — = teltaouaq 
12 — 2= 16 — ess4 — = arb^ouaq, etc, 
21 fels = 28 mouzouna = sebaouaq, billioun ou tagricht. 
Le metqal est une monnaie Active, ■ tr6s employee au 
Maroc, en particalier par les crieurs publics (dellal). 



38 MANUEL DE BERBERK MAROCAIN 

Le metqal veut 1/14 de douro, ou 40 mouzouna, ou 2 bil- 
liouns moins arbaouaq, ou 1 billipun plus teltaouaq. 

Le fels [momoitna ou tmenia) est la monpaie que deman- 
dent les panvres dans les rues de Fez, au nom de Mouley 
Idris. Au cours de 125, le metqal vaut environ 30 centimes. 

Quclques expressions utiles anx achats. 

Ifar devoir ' 

mencht isoua (ghaiad)? ' combien cela coHle-t-tl? 

ighoiila c'est cher 

irkhes ~ c'est bon mqrche 

serrefii iqariden ■ change-moi de la monnaie 

menchk aiitfart? combien le dois-je? 

tfartii mraou tirialin je te dois dice douros 

tfareghek soul tariaU iu me dais encc^e un douro 

rarii iqaridea rends-mot la montiaie 

LES MESURES 

lo De long-ueur. — La plus employee est la coudee, 
ighil, qui va du coude k I'extr^mit^ des doigts. D'oii le 
motsgclxel, mesurer (forme en S de ighil) : 
sghel soughanim mesurer avec un roseau 

Le tardaBt est la mesure de la main, du pouce au j>etit 
doigt^cart^s (grand empan), environ 1/2 ighiL 

Le imi nouchchen, « gueule de chacal », est la mesure 
du pouce h I'index ^cart^s (petit empan), environ 1/2 du 
pr^c^dent. 

2" Poids. — Peser se dit ouzen et la balance Imizan. 
Le poids le plus employ^ est la livre, rredl : il y en a plu- 
sieurs : 



GRAHMA^IAE 39 

1" Le rredl (kheddari) correspond h notre kilogramme, 
i.OOO grammes, 40 douros (un douro p6se 25 grammes), 
et sert k peser viande, legumes. 

2" Le rredl (qchachi) vaut 750 grammes ou 30 douros, 
el; sert k peser dattes, farine, amandes. 

3« le rredl (marqou) est notre Hvre, 500 grammes ou 
20 douros, et sert pour le sucre et le th^. 

3* Capacity. — Mesurer se dit a*ber et les mesures 
varient beaucoup suivant les regions. 

Remarqaes snr le dialecte parl6 dans le gfronpe 
berbfere central ,dn Haroc. ~ Les constatations sui- 
Tanteg ont 6td foites : 

O An pos'te d'Annoceur, aux confins des Ait Youdsi et 

des Ait Tserrouchen ; 

2" Au poste d'Ain Sbit, sur le plateau entre Sebou et 
Innaouen, chez les Beni Sadden, aux confins des Beni 
Ouarain. 

(a) Beaucoup de consonnes sont ailaiblies et comme 
^cras^es en passant du dialecte chleuh dans le dialecte de 
cea tribus. Ex. ; 

argaz, homme, devient ariaz 

tafoukt, soleil, — tafouc/it 

efk, donner, — efch 

akal, terre, — akcfial 

GuigOy nom de rivi6re, devient Jijo 

Amekla, — — Amekckla 

Aloulouia, — ~ [asif n) Mellomcht 

(b) La coDJugaison du verbe « avoir » est la mSme qu'en 
kabyle : 

ghouri, gkourek 



40 MANUEL DE BERBERK MAROCAIN 

(c) Beaucoup de mots appartiennent an vocabulaird 
kabyle : 

abrid, chemin 
ourar, jouer 

(d) La conjugaison de la premifere personue se fait en 
kh et non en gk, 

khedmekh, j'ai travhillg 

(e) La presence fp^quente du d kabyle chez les Beni 
Ouarain traduisant « c'est » 

ddriaz aigan, c'est im homme 



f^s^r- 



DEUXIEME PARTIE 



TEXTES ET TRADUCTIONS 



1- — LaiST NOUMADOUR DLMOUDDEN 

Ikkatinianoumadour tella dares mas. Tili tigemmiensen 
ghtorf niat timezgida. Tili gis tasoumait. Ilia ian ourgaz 
iga Imoudden, arinekker ghtouzzoumt nii4, aritou^dan, 
aritini imedden : « Nekrat atzallem, a buida gennin! J 

Ikk oumddour elli ariaouass. Inna ; & nekkin ariibedda 
itsddd Imoud^enad. Oualla^i ghassad ghir ight enghigh, 
ebbigh ikhfennes! » 

lajjit ailligh ighli aritoudden. lasi ian ouchaqour, ioutt, 
ibbi ikhfennes, iasit, igertin ghian ouanou our gis aman. 
Iddou smas, innaias : « nghigh lmou44en5 lofeegh ikhfennes 
ghouanou. » Tenker mas, tm(Jel Imoudden, Ighersiaizimmer, 
tebbi ikhfennes, tgertin ghouanou. Teldid ikhf Imoudden 
tm^elt. Ailligh iflfou Ihal iddou oumadour staroua Imoudden, 
Innasen : « nghighaoun babatoun, louhaghen ikhfennes 
ghouanou. » Ennanas : « arouah, Idiiaghd ikhfennes. » 



42 . MANUEL DE BERBERE MAROCAIN 

Ibiks, iggofiiz souanou, iafen ikhf niizimmer. Innaiasen : 
« is ilia babatoun askioun? » Ennan : « baiek a ouddi, am^- 
dour argiginagh itssa. » 

{/iaconte par le Kaieb Si Takar Soussi). 

L'HISTOIRE DU FOU ET DU MOUDDEN 

Hyamit un fou et m mh-e [U avait sA it^kre). Leur maison 
Mail & coU d'nne mosqu^e, ou il y amit un miharet. 11 y amit 
un homme qui itait le moudden ; il se lemit au milieu de la 
nmi, il appelait d la priere, il disait aux gens : « Levez-vous 
pour prier, d vous qui dormez. » 

U?i jour, le fou dit : « Moi, ce moudden m'ennuie conti- 
nuellemeni. Par Dieu, aujourd'huije veux le tuer et couper sa 

n le Imssajusqu' (au moment oUyilm'onta poi^appeler & 
la priere, II prit une hache, U le frappa, il hi coupa la tete, 
n la prit, il la jeta dam un puits oil il n'y avait pas d'eau. 
11 alia vers sa mere, il lui dit : « J^ai tu4 le moudden, fai 
jete sa tete dans le puiti. » Sa mere se leva. Elle enterra le 
moudden. Elle egorgea un mouton, lui coupa la tete, la jeta 
dam le puits. Elle relira la tele du moudden, elle Venterra. 

Q^and virU le matin, le fou alia Chez les enfants du moudden. 
II leur dit : « Je mus ai tue mire pire, fai jeU M-teie dans 
un puits. » lis lui dirent : « Viens, retire^ous sa tete. » // 
serra sa ceinture, il descendit dans le puits, il trouva la tete 
du moulon. il leur dit : « Est-ce que voire fr&re avail des 
cornes? » lis dirent : « Laisse-nous done, mon ami; ce fou se 
moque de nous. » 



TEXTES ET TRAD8CTI0NS 



43 



II. — LQIST lAOUGELLH) 

Ikkatin iaougellid ghioiioul nezzman. Telia dares iat 
tamghart tfoiilki bahra. Koullou mas as tenna : aouiitid, 
iaottiastid. Tennas :aouiid Imelf afellas genegh. laouiastid. 
Tennas : ghouad ioukhchen. Innas : maradam dizaouigh? 
Tennas : aouiid lharir. laouiasd Iharir. Tennas : oho. Innas : 
madistrit? Tennas : aouiid errich. Tnnas : ouakha.' 

Agellidann ilia ghezzman elligh asaoualen ettiour. Iserf 
skouUou ttiour neddounit aillighd ouchkan. Iradasen ikkis 
errich atitssou tamghartennes. Imil taoukt ourditouchki. 
Tekkan ailligh trot lafoukt,tachkid. Innas ougellid : makh 
elligh iJonarte:6citifctt-?^hl^ 

Twwi«r ;ii"&i(*!, ghiF«i^"Sdal5egh ai^att dongsSn^iiHlhas- 
sabegh irgazen Uimgharin. 

- -Innas ougellid : nra ioutin, izd irgazen negh timgharin?. 
Tennas : outint timgharin irgazen. 

Innas : ma ioutin? izd adan neghd oiissan ? Tennas : outin 
oussan a^an. 

Innas ougellid : makh elligh outi oussan aflan lak? Our 
illi ghir iaiid diaouass? 

Tennas : a Sidi, ghidan ilia ouaiour ar sbah, azzal nit 
aian. 

Innas : imma irgazen ttimgharin? lak? kra igat iaourgaz 
-iU iat tamghart? 

Tennas: a Sidi, argaziteggan serraintamghart tamghart 

nit aian. 

{RaconU par Si Moktar Mtouggi). 

HISTOIRE D'UN SULTAN 

Jl y avail un sultan dans I'ancien temps [dans les pre- 
miers temps), II avait une femme trH belle. Tout ce qu'elle 



a MANUEL DE BERBERE MAROCAIN 

tut demandait {disait a tui : donne-le moi), il le lui donnait. 
Elle lui dit : apporte-moi du drap, que je couche dessus. 11 
lui apporta. Elle dit : Celui-ci est mauvais. 11 lui dit : Que 
t'apporterai-je? File lui dit : Apporte-moi de la soie. II lui 
apporta la soie. Elle lui dit : Non. Il hi dit : Que veux-tu? 
Elle lui dit : Apporte-moi des plumes. II lui dit ; C'est 
bien. 

. Ce fultan vivdit dans le temps oii les oiseaux parlaient. 11 
envoya chercher tons les oiseaux' du monde. Us Hnrent, U 
voulait leur arracher les plumes pour faire un lit a sa femme. 
Or, le hibou ne vint pas. Il {f4m.) resia jusqu'a ce que le 
soleil fut couche, il vint. Le sultan lui dit : « Pourquoi n'es-tu 
pas venu ce matin ? » // lui dit : « Seigneur, je comptais les 
hommes avec les femmes, je comptais les jours avec les nuiis. » 
Le sultan lui dit : « Qui sont les plus nombreux, les hommes 
ou les femmes? » II dil : « Les femmes s6nt pluftiiimbreuses 
que les hommes, » — « Qui sont le plus nombreux, les jours 
ou les nuits ? — « Les ntiits sont plus nombreuses que les 
jours. » . 

Le sultan lui dit : a Pourquoi y a-t-il plus de jours que 
de nuits? Dis? n'y a l-il pas seulement une nuit pour un 
jour? -i — « Seigneur, les nuits ou il y a de la lune, c'est 
comme le jour, ib — «. Et les hommes avec les femmes? Dis? 
Chaque homme epouse une femme ? » — « Seigneur, Vhomme 
qui suit les conseils d'une femme, c'est U7ie femme. » 



in. - LQIST lAOUFROUKH IFELTID BABAS IMEZZI 

Ikkatin babas ilia dares mas ikafa agaiouennes. Ellligh 
imout, ourasdifli oualou. Teftou innas artakhdem. Afroukh- 



TEXTES ET TRADUCTIONS 45 

ahn soul imezzi. Aiiligh imqor, lennas innas : A ioui, han 
attkhdemt Ikhdemt olli itakhdam babak. Innas : manlkhdemt 
, itakhdem baba. Tennas : babak arikkerz, ariserouat, our 
jout ikhassa Ikheir. 

Innas : our dari, a inna, mas akkerzegh. 

Tennas : hakk, aioui, mraou imetqaien mas atseght 

afellou. Iflou oufroukhann, ioui mraou imetqaien ifta 

adissegh afeltou. Imigglr kra nmedden jorrant iat Ibahimt 

tmoutasen. Innaiasen : Istramadiitzenzimlbahimla?Enna- 

nas : A ouddi, balek ghelgeddamennagh. Innasen : Nekki 

arseroun saoualegh. Igh tram adiitzenziro Ibahimtad, astid 

daroum sagfiegh, Ennanas : ma rasers tskert? Innasen: 

maehek makoun gigt ? , 

^ZettthJittt^mraou imetqaien. -IssoufSght sbatra iijidint. 

,^ Ibaddert astour chchin iidan. Ikhilr iaouidi iaoubrar, innas : 

^ Igli trit atedment iidan, zenzegh aount. Artitemnid ilJan 

.;. elli. Innaias : Imalghassad, our sinegh Iflous ghir gliikh- 

Jennek. EUigh ilkem imalghasselli iachkid slmouddelli. laiid 

gis aidielli abrar. Innas : tiouitiid Iflous? Aidi iroul zgis. 

Inpaias : ariiteroult? Chour oukan I 

lasid iaiziker, iadjaidi ailiigh igen ghiao'u meddouz. 
Aritskal aillight ioumz. Igas iziker ghoumgerd. Ardis istara 
ghelmdint argisen tssan medden. 

Manza iat illis oiigellid ourjou illi ma izrantatssa ghou- 
demennes? Aiiligh tzraafroukhannimmagli diouidi, artssa. 
Ftoun tiouiouin, bchorrant iougellid. Ennantas:aSidi, han 
illik artssa. Innasent ougellid : mast istssan? Ennanlas : 
iaoufrpukh immagh diaouidi. 

Igher imakhznin. Innasen: aouiatt afroukhann elli imma- 
ghen diaouidi. Ftoun seres imakhznin. Ennanae- : roah, 
sadmer iougellid. Innasen : madcherkegb, nekki, dougel- 



46 MANUEL DE BERBi^ItB MAROCAIN 

lid? Ennanas : roh, ak isserbah ighk isserbah Rabbi. 
Innaiasen : rrbahann, smahghaoun gis. Ennanas : fkagh 
ghir nnoiis^ gh kra akifka ougellid. Imoundisen ar dar ou- 
gellid. Inna ougellid ioufroukhann : ma igaa lkha(erennek 
gh eddounit? Innaias : righ gh dar Rabbi ddarek arbi miat 
jelda. Inna ougeliid : djouba; medden artdalaben ikheir, 
kii t^Sklfibt akaurai. 

lanas : machekifiaic gigi ? Infedas ougellid arbd miat jelda. 
Isaoul onfroukhann, innas : Attfkt imdoukkal ad eaii«k elii 
iidiouin miitin jelda, mia lan gisen. Isddas ougellid. Ifkasen 
miat jelda ian. Bqantas netta miitin. Innas : ata Rabbi, ia 
Sidi,adiitenttserst ghdar lamin arassann atentrigh. Isddas 
ougellid. 

Inna ilamin ; assenna ira oufroukhad miitin jelda, tef- 
ktastent. Iftou oufroakhann dar oualli tadalen tlsmam. 
Ihnas : lisk ikh^»a iau miitin oakoamS^ Jaa^s-: il^^ii. 
Lhasil slieren tamen. Ikhelsas ioufroukh. 

Innaias oufroukh : Aroua^, atenditaouit gh l^ari. Imoun- 
dis ar dar lamin. Inna i lamin : Aiitsouffought lamantelli 
darek sersegh. Innas lamin : ma rastiamz? Innas : tfatioua 
hatizenzighast. Inna iourgaz : is ak izenza oua miitin ou- 
kourai? Inna oufgaz : izenza iit. Innas : chouar, arkighk 
salagh, dfaghaUen. Iggaour ghouan aritqelardisala lamin. 
Elligh isala lamin, iffough. Ighri Imakhzcin, inuasen : 
louhat ghoua artit^alebouanchchrS. Innas :ourdakouraiad 
addis skeregh. Innas : our dari gikilli ssouq. 

AfrOukhann ghssaatann, iftab^alt. 

[RaconU par Si Mokiar Mtouggi). 



TBXTJES ET TRADUCTIOWS 47 

HISTOiRE D'UN ENFANT QUI PEROrT SON pfeRE(l) 
QUAND IL etAIT PETIT 

Son pere avail de qmi vivre {de quoi tuffire d sa tele); 
quand il inourut, il ne lui Idissa rien, Sa mire alia travmller. 
Cet enfant-Ui Uait Encore peiil. Quand il fui grand, ta mere 
hi dU : « Mon fils, prends le metier {travaille le travail) de 
Ion phre. » 11 lui dii : < Quel metier faisait mon pere? » Elle 
lui dit : « Ton pere labourait, il battait le grain. Jamais rien 
n'a mangu^. » 

-Iftui"dit : « Je n'ai pas, ma mire, de quoi labourer. » Elle 

tm dit: iPivwd$^ftio»/tlifdix metq'alsYavec quoi lu acheteras 

' vhe ■eAarrwj.> --_ " ' ''■- - ;\rifJ#^^-^?;yR^-.r.: -r -*--. :,-•'. •g^;f^:4*..A'-, ^, " . 

€^ enfunf emporta tes 4ix metgals, it afla ^eieter une 

charrue. II rencontra des gens trainant une bete qui leur ^tait 

morie. 11 leur dii : « Voulez-vom me vendre cette bete ! » Jl$ 

lui direni : « Allans, mon ami, range-toi de devant nous. » // 

leur dit : « Moi je vous parle. Si vous voulez me vendre cette 

bete, je vous VachHe. » 

Us lui dirent : « Qu'en feras-tu ? r ^ 

11 leur dit: f Que vous importe ce que je fgisf » lU hti ten- 
direkt ptnir dix metqals. 11 lasoriit kors de la ville. 11 la sur- 
veilia pour que les chie7is ne la mangent pas. 

11 dijtingua un chien noir et blanc. 11 lui dii : « Si tu veux 
etre le damen {le garant) des chiens, je vous ta vendrau » // 
regardait ces chiens. 11 lui dit : t A la temaine prochaine, 
pour I'argent, c'est toi seul que je connais. » Quand arriva 
le septa^me jour, il revini dans cet endroit. 11 y trouva ce 
chien noir et blanc. 11 Ini dit ': « Tu m'as apportS I'argent ? » 

(l).Utt. : « Que son pdie taissa. » 



48' MANUEL DE BERBERE MAROCAIN 

Le ckien se sauva de lui. II lui dit : « Tu ie sauves de moi ? 
Attends un peu. Tt tl prit une corde. II laissa le chien jusqu'd 
ce qu'il dormit sur un las de fumier. II s'approcha de Im 
doucemenl, it le prit. II lui mil une corde an cou et it se pro- 
mena avec lui en ville ; les gens naienl d'eux. 

Ou est cette fille du roi sur la figure de qui on n'avait 
jamais vu le rire? Quand elle vit cet enfant se disputer avec te 
chien, elle rit. Les nSgresses allerent annoncer au roi la bonne 
nouvelle. lis lui dirent : « Seigneur', void que ta fille rit.if te 
roi dit : « Qui Va fait rire f » Elles lui dirent : «. Cest un 
enfant qui se dispute avec un chien. » II appeta les gardes, il 
leur dit : « Amenez cet enfant qui se bat avec un chien. » Les 
gardes allerent A lui. lis lui dirent : « Viens comparaitre 
devant le roi. » II leur dit : « Qu'ai-je d faire, moi, avec le 
roi? > lis lui dirent : « Viens, tl ie favorisera, si Dieu ie favo- 
rise^ > 11 hur dit : « Cei favetcrs {ce gain) Mrje vou$ les aban- 
donne. » — « Donne-nous seulement la moiii4 Se' ce que te 
donnera le roi. » 

II alia avec eux chez le roi. Le roi dit a cet enfant : « Quel 
est ton dSsir en ce monde ? » II lui dit : « Je demande A Dieu 
et d toi, quatre cents coups de corde. » Le roi dit : « Chose 
etonnanie, les gens demandent des biens, toi, tu demandes des 
coups de corde. » // lui dit : « Cela ne te regarde pas. '■» Le 
roi lui accorda quatre cents coups de baton. Venfanl parla 
et dit : « Tu donneras d ceux de tes gens [ces genS de toi) 
qui m'ont amene deux cents coups de bdton, cent a chacun 
d'eux. » 

Le roi lui accorda. II leur donna d chacun cent coups. II 
lui en restait a lui deux cents. II lui dit : « Pour Dieu, Sei- 
gneur, mets-le's-m'oi [depose) chez Vamin {Vintendani) jusqu'au 
jour oil je les ■opudrai. 1> Le roi lui accorda. 



TEXTES ET TRADUCTIONS 



i& 



// dit a I'intendant : « Le jour que cet enfant voudra deux 
cents coups de baton, tu les lui donneras. » Venfanl alia chez 
celui qui fabrique des balais. 11 lui dit : « As-tu besoin de 
deux cents batons ? » ~ « J'en ai besoin. » Bref, ils firent 
un prix qu'il paya a I'enfant. L'enfant lui dit : « Viens les 
cherclier au magasin. » Jl alia avec lui chez I'intendant. II dit 
d i'intendant : « Sors-moi le depot que fai mis chez loi. » 
Lintendant dit: « Qui le prendta? — Donnc-le a celui a 
qui je I'ai vendu. » 

Jl dit A Vhomme : « Est-ce que celui-ci Va vendu deux cents 
batons? Ijeu de mots entre batons et coups de baton), t> — 
« 11 me les a oe%jiu9.>, dit Vhomme. — « Attends, ce que je 
:te doi»y.jevai»ie &f <iwjiiier.=;*,i^W|!r^;<'6M<ii, H attendail que 
teetiw^eiitierminiieiafaites. Qitand 11 euf^^wt^t. II 
appela les gardes, il leur dit : « Jetez celui-la par terre 
jusqu'd ce qu'il demande grace. » L'homme disait : « Ce n'est 
pas ces batons dont j'avais convenu avec lui. » — « Cela ne 
me regards pas. » L'enfant, pendant ce temps-Id, ^lait parti 
de son cot^. 



IV. - ARGAZ DIOUIS 

Imoun ourgaz diouis. Aten argaz arisker kabab. Innas 
oufroukh ibabas ; « A baba, righ akabab ». Inna argaz 
iouis : « Hatta nekki, rrghek aioui. » 

L'HOMME ET SON FILS 

Un homme allaitavec son fils. lis trouverent un homme qui 
faisait des brochettes roties. L'enfant dit d son pire : « mon 
ph-e, je veux des brochettes. » L'homme dit d son fils : « Moi 

4 



50 HANCEL DE BERBERS MAROCAIN 

otttsi, je t'aime, o mon fils. » {Jeu de mois entre righ kabab et 
righek, ababa.) 

[RaconU par Lhaoussine Souqtani.) 



V. — taiST NIAOUQTTA DOUNEBGI N RABBr 

Ikkaiifi iaourgaz aritqdd. Iftou arial ikhia, izdegh gis, 

ghir ouahadout. Ingha mia ourgaz ghir ian. Ariaou^s, 

haiaourgaz imoun tabrida. TroJ^ fellas tafoukt. Inna dikh- 

fennes : « manigh radensagh? » Aritemnad tigemmi 

nghoualli itqda ghtama nougharas. Inna : « radftough 

adensagh ghtigcm mian. » Iftou, ilkemen ligerami. Tef- 

foughd lam ghart ouargazanii. Innas : « Anebgi n Rabbi. » 

Tennas tamghart ; « A ouddi, maradakskeregh ? argazinou 

ar inqqa me4d6n » Innas : c ouakha rAddafojua ngagh ar 

sbala » Tennas tamghart : « Igh trit akin ggegh ghtesraft, 

akkourizar durgazinou ighd iroh » Innas : « ouakka » Ta- 

ouit, tzougzb ghtesraft, tkhas. Iro^id ourgaz ntamghartelli. 

Tennas : « Aouddi, ilia ghid ia Uhalq y>. Innas ; « ma 

isker? » Tennas : « idalebii ounebgi n Rabbi. Ennighas, 

akineggegh ghtesraft, innaii ouakka ». Innas : « ftou, altid 

zeghtesraft » Iftou tamgharteUi, tald argazann. Tennas : 

« rob, sadmer » Imoundis, ikchem selbit. lafehargazelli 

bab ntigemmi iggiour oukan. Isellem dis. Innas' Bab nfi- 

gemmi : « marhaba bik, mani di tkit? » — « Kkigh ghii- 

gemminou ». — s Mani trit? ». — « Righ dar Rabbi ». — 

Innas bab ntigemmi : « A ouddi, nekki tjraii iat louqat ». 

~ « Madak ijran? ». — « Artqdagh ghougharas, mian roh 

ghir ian adnghigh. Ighn telkemt dar Rabbi, tseqsat, ten- 

nitas : Ilia dari iaoumdakkoulinou ingha mia ourgaz ghir 



TEXTKS ET TRADUCTIONS 54 

ian, ina radakiana? Is righ adftough sljonnt neghd is righ 

adftoug^. §Ii(Jab ? ». — Iftou ourgazelli aillighen Ikem dar 

Habbi. Innas : « a Sidi Rabbi, righ akseqsagh gh ia oum- 

dukkoulinou ingha mia ourgaz ghir iaa » 

Innas Sidi Rabbi : «: Makh ourkinghi, kii elii dares ten- 

. sit?». rr-_Innsts : .« A Sidi Rabbi, our iilnghi. VtM^: 

X ^adas tennit ! ». — « Ennighas, a Sidi, anebgi n Rabbi >, 

* — « Madak isker simensi ? » « A Sidi thalla gigi 

bezzaf » — 

^ Innas Sidi Rabbi ; « ftpu, inas zouidaghas miat dm ghld- 
^meronnes ; tigeramines gh Ijennt, ^alaliaqq elligh isensa 
-anebgi n RabbJL». r- 
-%-r' ^ . . {HaconUpar Tahar Mtou o oi .) 

HISTOIRE bu BRIGAND ET DE L'HOTE DE DIEU 

II y avail un homme qui etaii un brigand [il coupait les 
chemins). 11 alia dans un endroit ddsert, il y habila lout seul. 
II iua cent hommes moins un. Un jour, void qii'un homme 
passa par ce chemin. Le soleil^se concha {sur lui). II dit dans 
sa tele : « Oh passerai-je la nuit ? » II apergut la maispn de 
celui qui dtait un brigand, d. coi^ du chemin. II dit : « Je vais 
Mler passer la nuit dans cette maison. » // alia, il arriva & 
la maison. En sortit la femme de cei homme. II lui dit : 
« L'hote de Dieu {/) ». Cette femme lui dit : « Mon ami, que 
vais-je le (aire ? mon mari tue les gens, » II dit : « Old, je 
passerai la nuit chez vous jusqu'au matin. » La femme lui 
dit ; « Si tu veux, je vais ie mettre dans un silo, pour que 
m,on mari ne le voie pas quand il viendra. » II dit : a. Om ». 

(•/} Formule employee en chleuh comme en arabe {dif allah), pour 
demander I'hospitalit^ au nom de Dieu. 



^2 MANUEL DE BERBERK MAROCAIN ' 

'File t'emmena, elle le descendit, elle le laissa. Vhomme de 
'telle femme revint. Elle lui dit : « Mon cher ami, ily a iei 
-nn homme {une crealure). y> — <s. Que fait-U? — » // m'a 
demandi VhospilaliU de Dieu. Je lux di dit : Je vais te meltre 
dans un silo, il m'a dit : Owi ». - 11 lui dii : « Va, monte-k 
du silo. » Cette femme alia, elle remonia cet homme, elle lui 
^il : « Viens ltd parler. » H alia avec elle, il entra dans la 
«fca«8re4-/i troum cet homme, le maitre de la maison, qui 
M^it assii, n le salua. Le maitre de la maison lui dUt^.Sois 
ie bienvenu, d'oU viens-tu ? » — « ./e viens de nta'Tfiaison, J — 
« Ou vas-tu ?y> — <iJe vais chez Dieu. » Le maitre de la max- 
• son lui dit : « Mon ami, max, it m'est arrive une hisioire. > — 
« Que fest-il arrive? )•> — <i Je suis tin brigand [liii.je coupe 
habituellemenl les chemins) ; cent creatures moins une, je lei 
ai tu4es. Quand tu arriveras chez Dieu, inietroge-le, dis-lui : 
J'ai tm ami, il a Ud cent hommee moim un. -Que le dira4-H ? 
Irai^e tni paradis oii irai-je dans Venfer {la 'puiiiiion) ? » — 
-Cet homme alia jusqu'a ce quHl arrival chez Dieu. 11 lux dii ; 
« Seigneur Dieu, je finterrogerai au sujet d'un mien artii. 
qui a tue cent hommes moins un. » - Le seigneur Dieu lui 
dit : « Pourquoi ne Ca-t-il pas tue, toi qui as passi la nuit^ 
ck?z lui? y> — € Seigneur, il ne m'a pas. iud. » — « Que lux 
as-lu rfi(? » — .« Seignettr je lui ai dit : Vhote de Dieu. » — 
« Que fa-tM fait pour souper?^ — « Seigneur, il a -^t^ ton 

pourmoi. » 

Le Seigneur Dieu lui dit: « Fa, dis-lui que je lui ajoute 
cent ann^es de vie. Sa demeure sera le paradis, parce quHl a 
donhi! d coucher d I'hoie de Dieu. » 



TBXTK8 ET TRADDC^TIONS 53 

VI. — LQIST NOUCHCHEN TTOUCHCHENT 

. Inker ian ouchchen ttouchchent tamghart ennes. Ilia 
(larsen ian iouitsen idzza darsen bahra. Jm^n ingratsen ian 
iid. Tennas touchchent iouitennagh aiad adas ntahel zghdftr 
idammen imqornin. Innas ouchchen : a benti, ajjanagh 
oukan adas ntahal zghdar ouchchanen zound noukni ; imma 
ouskain hldouennagh abedda gan. Tennas touchchent : 
oho, ghir safaii. 

Innas ouchchen : Ouakka ! inchallah, ghassad our gis 
aoual. Azekka leddout tougraert gh tagant attaouit kra 
Imoukaflia. *Lfaida isaMt. Sbah zik idda stagant arnitiskal 
kra nimeksaoun, ioukourasen ian haouli, iaouitid siHrtaetr. 
Tennas touchchent : ens ar abah. Netta insa ; sbah zik in- 
ker, ikka agharas. Ighlin dian ouafa, iafen ian oudouar 
meqqorn illan gis ouskain bezzef. Ellighen qerreb sou- 
douaf;, iasi haouli ghiggi noukroum ennes. Zrantid ous- 
kain, gharend seres. .Nettan izraten^ our tajiben, iger 
souhaouli, iroul. Ari^^in, arttfiin ailligh soul ourizdar aili- 
ker ourrin fellas. Netta iouchkad ar ian ouafa igen gis ar 
tadouggat. Tachkid sifri dda gh izdagh,' tzratin t'ouchcherit 
diouis, tmenaggartin. Nettan aritssa zound our iagh iat* 
tennas tamghartennes : ala sslamtek. Tennas : Allah 
i'seHemkem. Tennas : madidsentskertdidammenragornin? 
Innas : a benti, our qssern iat, thallan gigi ifka Rabbi 
Ikhir, Ihamdouliila^. 

Oualakin ennanii, makhchai, attachk immas noufroukh 
atzar tafroukht. .Tennas :-« ouakha ». Nettat tfarah, tra- 
teddou zdar i^oulanensen, nettat our aok tettas zegh Ifara^. 
Zik sbal^, tousi ^aouli, taoun dougharas. Imoun dis ouchon 
diouis ar ellighten safden. 



54 MANUEL DE BERBERE MAROCAIN 

Ourrin noutni, ioutsen aritssa ifrah. Ouchchen nettan 
innaias : « roh oukan, a ioui » Issan ma iilan. 

Achken sifriensen. Touchchent nettat teghlin fouafa. 
Ellighen toughli fouafa, tghout achkou ioussat oachchen, 
innas ; « Ighen teghlit kemmi tghout akemidmaggaren 
idoulanennagh. Nettan ira adassfelden ouskain elli itian 
gkoudouar adkouUou iachkin. Nettat ellighen ,teghli tghout 
sfeldenas: ouskain,' gharend seres. Tezraten, rezmend 
irtiaoun. Tenna dikhfennes : « our i^jibeil ouskamad. Tloh- 
sou^aouli, troul.Arlidittain, artiditfain ailligh soul ourtez- 
dar ateddou, ourrin fellas. 

Nettat touchkad slfri. louis iffoughd astimnaggar ouch- 
chen nettan aritssa, issan ma illan. louis imnaggart. 
Nettat our aok tscrs tsaoual. Ghir telkim oukan ifri, t^er, 
tgen. Ouchchen iouchkad dar ikhfenn^s, aritssa,, Innas : 
rabenU,ennighum adjanagh antafeel zeghdar ouchehanen 
zound noukai kemmin tennitii safaii. Oulakin ennan ouilli 
zouarnin : errai ntamghart i^ouj. » Tannas : ghouannechtad, 
afellanagh ioura Rabbi. » 

[Haconte par le maoun Si Mohammed Soussi.) 

HISTOIRE DU CHACAL ET DE SA FEMELLE 

, Jl y avail un chacal et sa femelle^lls avaient m petit qui 
leu7- elait tres cher. lis parlaient ensemble, une nuit. La 
femelle disaii : « Ce pelit-td {cet enfant de nous Id), nous le 
marieronsdans une grande famille [grand sang). » le chacal 
lui dit: €Ma fille, laisse-nous done le marier chez des ckacals 
comme nous ; quant aux chiens, toujours Us furent nos enne- 
mis. ft La femelle lui dit : « Non, non, ecoute-moi seulement. ? 
Le chacal lui dit : « Oui, s'il plait a Dieu ; aujoiird'hui, n'en 



, lEXTBS BT TBADUOTIOKS , 55 

parhm plta.Memain tu iras chasser dans la foret pour rap- 
porier quelque cadeau. » £n somme, il VScoulaU. Le matin de 
bonne keure, il alia au bois; il s'approcha furtivement de 
quelques bergers. Il leur vola un moutotk^Jl XappOria & son 
trou.Za femelle tui dit : « Dors jusqu'au mtHiTh ii^S^^H^^i 
(aaaa-'ianuit); le matin de bonne hettre, il se leva,:ti te.niit 
tii^4tvte. II monta sur une hauteur, il Irouva un grand douar 
' oUily avail beaucoup de chiens. Quand il approcha du douar, 
il mil le mouton sur son dos. Les chiens le virent, vinrent sur 
lui. Lui les vit, cela ne hd pint pas. 11 j eta le mouton et s'en- 
fuit. lis le suivirent, ils le suivirent, iani qu'il n'en pouvait 
plus, ils le Idckdrent. 

Il.revint jusqu'd une colline, il y doftnit jmgu'q^ioivj i{ 
revini A la taniere oil il demeurait. Sa femelle et «Oft petit le, 
virent, ils vinrent a sa rencontre. Lui riait comme si rien ne 
lui etait arrivd. La femelle lui dit : « Je te sahie ». II lui dit : 
« Que Dieu te garde! » Elle lui dit : « Qu'as-tu fait avec ces 
grands seigneurs! » II lui dit : « Ma fille, ils n'ont rien dpar- 
gnd, lis ont itd tres bons pour moi. Dieu nous a fait du bien, 
Dieu soil loud. Mais ils m'ont dit : Il faui que la mere du petit 
vienne voir la petite. » £lle dit : « Sans doute. % EHe se 
rijouissait d'aller chez les beaux parents; elle ne dormit pas 
du tout, de joie. Le matin, de bonne heure, elle emporta un ■ 
mouton ; elle prit le chemin qui monte. Le chacal et son petit 
I'aceompagnerent. Ils prirent conge d'elle, ils revinrent. Leur 
petit riait, il etait joyeux. Le chacal, luij disait : « Ya done, 
man^ii ». // savait ce qu'il y avail. Ils revinrent & leur trou. 
La femelle, elle, avail mont6 sur la colline. Quand elle ful en 
haMt,.elle semit a crier, parce que le chacal lui avail recom- 
mande ; il lui avail dit : « Quand tu seras en haul, crie pour 
que les beaux parents viennent a, la rencontre. » Lui voulait 



fSfG ' MANUEL DE BERBERE MAROCAIK 

gws iims les chiens qui elaient dam le douar Ventendissent et 
gite thus arrivdsseni. Elle, quand elle fut en haul, elle cria ; 
les chiens Veniendirent, lui coiirurent dessus. Elle les vit, 
gueules ouvertes. Elle dit dans sa tete : « Ces chiens ne me 
plaisent pas ». Elle j eta le mouton et s'enfuit. Jls la suimreyity 
ils la suivirentjusqu'd ce qu'elle ne put marcher, its la Idcherent. 
Elle revini & son trou. Son petit vint d sa rencontre. Le cha- 

' ttl^ lin^ riaii. 11 idvnii ce qttHl y itbaii^. Le petit allcid la ren- 
contre de sa m^re. It lui dit: « Je vous salue^ Ma ni&rex. ^ile 
ne lui parla pas du tout. A peine arrivde a son trou, elle tomba 
et se concha. 

Le chacal vint pres de sa tele, el il riail. II lui dit : « Ma 
fille, je Cavais dit : Laisse-nous done, marions-nous avec les 
chacals comme nous autres. Toi, iu m'as dit : EcOute-moi. 
Mais les anciens. I'otit Hen dil) les comeiU des femmessont 

_m(hroats. > ^e lui riU : « Cem ehdie-$li, 'ittf^Ha^^kett'ftc 
ecrite. s 



VII. - LaiST lAOUBOUQAD 



Ilkemd iaourgaz ttamghartennes ghoughaiFas. Ftan zdar 
aitmas ntamghart.. Tenna tamghart ioafgazenngs : t A 
Rabbi, fa khouia, attpugouizt aissoudoti oubouqadad ar- 
dilkem Imdint. Innaias ourgaz : «. oho, a benti, adjagh bla 
abouqad ». Tennaias : « zar gis ghir oudem n Rabbi ». 
Isafat ourgazennes. louggouiz, issoudou ouboiiqKj. Aoun 
ougharas ailligh Ikmen Umart. Inna ourgaz oiDubouqa^ 
elH : « Eggooiz ». — « Makh radouggouizegh ? » — ( Hati 



• 



TBXTE8 ST TftADUCTlONS 57 

teikemt lamart ». — « Izti ighlkmegh Imdint, trit adiitkist 
taronanoTl? > — Inna ourgazelii : « La houla oula qouata 
Ulabillafe, iskeraght abouqad ». — Innaoubouqad : « Tam- 
gharl ttaserdount tinou atgant ». Tnna ourgaz : « Tinou 
atgant ». — Aouinten medden zdar lqa(Ji. Innaiaseo Iga4i '• 
c MaddaOHn ijrah? '» Innaias ourgaz : « — Notic^^^li' 
agHW'^iS, riafed abouqadan arit neggal izran. Tennaii tam- 
ghartinou : a Rabbi, attgouizt aissoudou oubouqad arkigh 
ilkem lamart. Ennighas : oho, adjagh, ma nra abouqad? 
Tennaii : zftr gis oudem n Rabbi ailligb rmigh sa^feght. 
Ggouizegh, issoudou oubouqad aillighd nlkem ghid. Enni- 
ghas : ggouiz, iagoui aiggouiz, igaii tamghartinou ghifad- 
den ». — Inna Iqadi ououbouqad : — « ma tettinit kii?» — 
Intias : « — a Sidi, lamghart tinou atga, taserdontot tinou 
atga, nelkemd argazad sougharas, isekhscr fella tamghar- 
tinou ». — Tennaias tamghart : a Horma Rabbi arakelligh ». 
•— Innaias oubouqad ; « Toufit ouad ilTan alien, our trit 
abouqad ». — Innaiasen iqadi : « Ouakha ». 

Isaften slbennaiq. Kraigatian iga ghiat Ibit. Kkin arghii^, 
arsersen isttassoun. . ,. .„ 

Inna oubouqad dikhfennes : Igh our iouigh tamghart, 
aouigh taserdount ». — St^jassen stamghart, tenna : — 
« La houla oula qouata ila billah. nekki astiskern ou our- 
gazinou ». — Sihassen sourgaz, inna. — « Ghad attinigh 
i^amghart ». — EUigh iffou Ihal, amzen abouqad, ggintin 
ghlhabs, rezmrn itamghart do'jrgazennes. Ghikan aijranj 

[Baconle par Si Mokhlar Mtouggi.) ■ 



58 MANUEL DE BEftBEHE HAROCAIN 



HISTOIRE D'UN AVEUGLE 



11 renconlra un homme ei sa femme sur un chemiui lis 
allaient chez les freres de la femme. La femme dii a son mqri : 
€.Ptir-.D%eu, mon frire, descends, que eet uveugle monte jus- 
gt^d ce qtiii ttrrive d la mile. > Le mai!i Ivi dU^-^'Non^ ma 
fille, laisse-notis sans aveuffle, » Elle lux dit : « Vois en lui 
seulemeni le visage de Dieu. » Le mari I'ecoula. 11 descendil, 
il fUmonler I'aveugle. lis suivirent la moniee jusqu'd ce qu'ils 
arriverent aux lieux hahites. L'homme dit d cet avengle : 
«. Descends. — Pourquoi descendraiS'-je ? — Void que tu es 
drrivi d la ville. — Esl-ce que, parce que je suis & la ville, tU 
veux fn'enlever ma famlU? t C^ hs»iim^Mi^i%- IliC^a de 
pSm<mte tt de force qu'en Dieu, L'aveugle- neus a Jou^s. n 
L'aveugle dit : « La femme el la mule sont d mot ». L'homme 
dit : « A moi elles sont. » Les gens les conduisirent chez le 
cadi. Le cadi leur dit : « Que vous est-il arriv^ ? » L'homme 
lui dit : — « IVous arrivdmes an chemin, nous trouvdmes 
I'aveugle qui {allait en) tdtant les pierres. Ma femme me dit : 
Par iHeUj descends, que cef aveugle monle, jusqu'aux maisons^ 
Je lui dis ; Non, laisse-nous; que voulons-nous [faire] de 
Vaveugle ? Elle me dit : Vois en lui I'image de Dieux Fatigui, 
je I'^coutai. Je descendis, Vaveugle monta, jusqu'd ce que 
nous arrivdmes ici. Je lui dis : Descends. 11 ne vottlut pas 
desc^ndre, 11 vetd prendre ma femme par force. » — Le 
cadi dit d Vaveugle : « Que dis-tu, tot ? » 11 lui dit : « Sei- 
gneur, la femme est d moi, la mule est d moi; nous ren- 
contrdmes cet homme-ci sur la route; il me fait per dre ma 



femme » , Xo /emnw /«i dit i « C'e«i «ow8 la sauvegarde de Dieu 
quef^tdis avec toi ». L'ai>eugle lui dit : « Tu eh as trowel un 
gm a des yeux; tu ne vettx plusde I'aveugle ■%.— Le cadi leur 
dit: « Cesl bien, » // les envoya dans des petites chambres, 
chacun dans une ckambre. lis y fureni jiisqu'A ta nuity on 
letlturp^Ua. 
■'■■ 't^itceiigle disait a part soi : « Si je n'emporte pas la femme, 
' femporterai la mule ». — On epia la femme, elk disait : « II 
n'y a de force et puissance qu'en Dieu. Cesl moi qui ai cause 
cela a mon mart. » — On epia Vkomme. II disait : « Je Vavais 
dit a ma femme ». — Quand vint le malin, on prit Vaveugle, 
on le mit en prison, on Idcka la femme et son mari. 

Yniid, ce qui se passa. - -^^-- .-.-— 



Yin. — LQIST NERRAIS 



• Nekkatin ghtamazirtennagh, nemmagh noukni dkra- 
nmedden, adjarnagh nit, nghinagh ian ouSial. Noukni 
noudjaten, nsber, neksa gisen azemz, ailligh agh ttoun. 
vNoukni nmound koullou ian diid njema gratnagh ar ntcha- 
ouar masen ratnsker iidaoanennagh Hi inghan ongmal- 
nagh. Noukni nousi Imouka^elennag. Isaoul ian dmmi, 
innanagh : Zaidat simi ntigemmiensen, sekkiousat gis, 
temdimasen gis. Amezzouarn ouanna diffoughen, tnou- 
ghimt, teroualem. Han noutni igan chmait, igh sfelden 
Ummart nlbaroud, ran adiffoughen. Ightidoufan immout, 



Q& ' itktVZh VE DERBEaB MASOCAIN 

ratggint tiingharin taghouit, ran adfellaoun khalden, ngti^B 
dargioun ouaiad, adaghchemmten. 

[Raconte par Maotin Mohammed Soussi.) 



HiSTOIRE DU RAIS 



Une fois, dans noire payi, noiis rkous sommes balius, fidtis, 
avec des gem, nos voisins, qui nous avaient lue un jeune 
gargon. Nous aiitres, nous les avons laisses, nous avons 
patiente, nous leur avons laissc le temps jusqu'd ce qu'ils nous 
aienl oubliSs. Nous autres, une nuit, nous sommes venusAous 
nous rassembler ( nous avons cause ensemble) pour tenir coriseil. 
surce'que nout leur feriomy^4i not mnmttu^^tti^/^^tlii^ 
noire p^e-; nous ~ttvi&ns apporU nos fusUt. €n tieux («n 
Ghele) parla. H nous dit : i Allez a la porte de leur maison, 
Asseyez'vous-y, aitendez-les-y. Le premier qui sortira, luez-le 
eiprenez la fuite. Car ce sent des rusds : quand lis entendront 
les CQuph de feu, ils sortiront. lis trouveront la mort. Les 
femmes pousserorit des oris, ils voudront vous joindre pour 
voxareK^^/^tin au^e ; ils te vengeroni de nous. ^ 



t_- 




TEXttiS ST TRADnCTIONS 

IX. — CHANSONS ET PROVERBES 



A inna, i§jh nljarka, adagh our tallamt, 
Oussan igh temttian, adour itourrin. 

mkrey si nous partons en guerre, ne pleurez pas ; , 
Les jours qui sont compUs ne reviendront plus. 

"--'..'■- » 

Ian dar our illi ma das ithasseb noussan 
Ighnit imouddeiij our issin manas dourrin. 

Celui pour qui personne ne compte les jours, 
Sil s'en va ^ft voyage, ne sait quand reviendra. 



* 

♦ • 



Atbir ntama nessour, arialla igeilin. 
Mat iaghen? mat issallan? izra titbirin. 



~T^ j^ge'oii deia muraille pleure, le malheureux. . 

Qui Va bless4 ? qid le fait pleurer ? H a vu des colombes. 



* 






M" \"' -' MASOEL DE BERBiHK MABOEAiW ' , 

Ageliid inna ; aqendar; ]qaid ihna : tgin sin. 
Amgharinna : tgin krad; aghrouch izdinit. 

Le sultan dit : un quintal; le caid dit : deux, 

Le chef de village dit trois ; les coups se suivent. ' < 



A idma izoula ghmahin, a tiliaiiri - 

Kounenti dibouriih, aissoufoun ioualioun. 

vous qui avez les yeux peints, 6 jeunes filles, 
Vous et le fusil, vos paroles s'accomplissent. 



'T' *r --k--'~ 






Asi taghSurit, a lalla. Ou haqq el ouaijid, 
Igham isella ouJili ghouasif, igg louard 
Igham iseila ouma^oun fougertil, ibidd 
Igham isella oufqir, ilol^ akkaz. 

Pousse des you-you, 6 lalla. Par le Dieu unique, - 
A ta voix {sHl fentend) le laurier-ro^ -de h ri^Hh-e se:i:km- 

[gerd erTpose.] 
A ta voixy le malade se dressera. sur sa natte • 
A ta voix, le vieillard jettera son baton. 






TEXTE^ BT TRAttfctlONS 63 

Man asghar ijenjoumen ifer ghousemmi^ 
Amr zzit negh ikidiou hegh alili ouasif? 

Quels arbres laissent ^chapper leurs feuilles par le froid 

Si ce n'est I'oHvier, le caroubier, ou le laurier-roBe de la rivi&re? 



X. — AZERG NOUAMAN DOUZERG NTIGEMMI 

Inna ouzergouaiHan iouad ntigemmi : Iggn oukan 
Igh i'gfili oflggbtfg, atiniffirtfg&'ifif ffS^fttent, 
lottajbasoiiad ntigemmi, I'nria las : 
Out* ak ntiassid Ikhouf ouaman didajnanat 
Imma aqbil ntilli hennanin dari ardellan 
Afous bou loucham ka iid itberramen. 



. LE MOULIN A EAU ET LE MOULIN A MAIN 
(d« la maison) 

Le moulin A eau dit au moulin d main : Dors done! 
Quand Veau monte de I'^cluse, combien de charges je mouds, 
Celui de la maison lui repond, il lui dit : 
Je ne t'erwie pas la solilude des eaucc ei des jardins; 
Mais c'esda iribu des chivies qui friquente chez moi. 
Les mains qui portent des tatouages me font toumer. 



'^ , MANUEL DE BBRBERE HAROGAIN 



XI. — LaiST NSEMOUS IDOUDAN DOU FOUS 

Tennas taldadt : a baba, ing-hii laz. 

Innas mrbbi Ikhouatem : arouah adnakour. 

Innas oui ntouzzoumt : imma Rabbi? 

Innas ouin echchahada : ma ratinna? 

Innas ikemz : nekki. — Artekkaten ailligh dasen 

ibda. Ghaiad ami nsfeld dar Ijoiiad, timel tiouiad. 



[Raconte par Lhaoussine Guedmioui. 



HldTOIRE DES CINQ DOIGTS DE LA MAIN 



Le petit doigt dil : Mon pirf, je mewh de fuim. ■— Le porte- 
hagues dit : Allans voter, — Le doigt du milieu dit : Et Dieu? 
— L'index dil : Qui lui dira? — La police dit : Moi. — Jls le 
frappereni et it se separa d'eux. — J'ai entendu cela ckez let 
grands, je le raconte {montre) aux autres. 



XII. — LES PAROLES DE SIDr HAMMOU 

Irham Rabbi Sidi Hammoit bab noumarg, 
Et taleb, enna^im, is inna igellin : 
Toutmin douadou disenigan dizem douasif 







>rSXi'KB Et TRADCCTIONS 



■65 



Iftft j^sent ira Hchir, aisiggild lar. 
. ,^ Gtttitf gi» iaaghan imouggas, kouUou tga ssem. 
' ■ "'Saffldai^ arraon l];;tdram, aourizaid Ur. 

Que Dim garde Sidi Hammou, le chanteur, 
Le savant, le poHe. H disait, le pauvre homme: 
Lei fefnmes, le vent, les esdaves, le lionj le fleuve, 
Quiconque y ckerche du bien, it y cherche du malheur, 
Hy a plus de maris que de blesses, tout est du poison. 
Loin de nous, enfanis du p4chi; que le mat n^augmente pas. 



Irliam Rabbi Sidi Hammou ennadim isinna igellin : 
Ibarra rrsas ntamdait aiiligh rmin 
ImettaouD oul;ieA)ib aiharran igh allan 
Ibarra oulili, majjouten ichchan aimim? 
Nekk! chchighten foumeddakoul, ouriitarrin. 

Que Dieu garde {etc.). 

La halle de I'embuscade est plus amere que tout. 

Les larmes de I'ami qui pleure sont am&res. 

Le laurier-rose est amer; qui jamais I'a mang4 el trouve doux? 

Moi, je Cai mangd pour man ami, iln'itait pas ainer. . _ 



* 



Targa ikkan ajarif, our gim irrji ian 
Adastaouit aman siili iroufan ghlmelk. 



^^^r ■.. 



^ MANUEL DE! BERfifeRE MABOCAIW 

Bxgole qui coules sur les rochers, personne n'esp^re de toi . ; ; 
^e tu apportes de I'eau dans ses terres qui ont soif. -■ 



Inna a lachiakh ddernin oula ouilli ighaben ghouakal 
A lachlikto n Tittaouin, a lachiakh n Ouienimour 
A lachialthaSoiis, a lachiakh nDemnat • 
Aour isengara Kabbi targanou Uouaman 
Ardaizzad ouzerginou bla targa Ian. 

II a dii: les marabouts vivants el ceux qui sont sous la lerre, 

Les marabouts de Tetouan et ceux d'Azemmour, 

■Ceux du Som el ceux de Demnaty - 

{Faites) queDieu ne reHreja^Mis Veautk mon-rmteau,.^, 

Que mon mouUn puisse moudre sans Veau rf'un autre. 



Inna Sidi Hammou iggouten ouaoual. 
1^ Ibahour, ow tid igli chchouf, 
NJ^amd i Rabbi elli digan Imout del melk 
Mrad istidiggat benadem, ikkoutin illan ijnailen ghouaoual 
Aigan Hiarr ifeiarran d 1 mout 
Koulmaitioui ourtidrourent. 
•Ouar timouzzounin, mqar isfa zound aiour 
■Guar iat our igi iat, mqarnit idder imout 
A tirrialin, a tilli sifonlkin ou dem nian - 

_Njerb aok, izouran ntassa agh dellan doufou8. 







, , .£ L -.- 



jNtXtlSS , fit /tR^BpOTIONB . 67 



' 'SiSi Uamou adit h^aucoup de paroles ; 

CSttttne la mer on n'en voit pa$ les borneg. 

IHe^ soU lou^, qui a -fait de la mort un ange t 

^il itait un homme, on le gagnerait par d^t paroles. 

II y a une peine amire, c'est la mort ; 

Tout ceux qu'elle emporte, elle ne les rend pas, 

Celui qui est sans le sou, meme s'il est clair comme la lune^ 

Celui qui n'a rien, il n'esl rien. Meme vivant^ il est mort. 

douros, {c'est) vous qui embellissez le visage. 

J'ai dprouve que les veines du C(eur sont dans la main. 



* 
* » 



Iga Imal adiouan, our affalen oho ghou aoual 
Ian mitemlil, arisaoual sljihtennoun. 
louti Ihemm ntoumzin koullou ma illan 
Azreg ouraizzad, ifrakhagh arallan. 

Vargent est un diplomate, il ne laisse pas de € non ltd la parole. 
Celui d, qui tu le montres^ Uparle pour (o%. ■ ' 

La famine est le plus grand des maux. 
Le moulin s'arrSte, nos enfants pleurent. 



* » 



Ouannaniit soul innas tamghart, ittouihoual 
If^er l)edda sl^, ichcha feeres imensi ight iro!^ 
Ilazemt assenna' tmout innas ntamghart 
Aiaoui titiuizi ghlkchou^en ardizdem ourdimilr 



68 MANUEL DE BERBERE MAROCAIS 

Igg fellasent khamsmia noubellouh, isker jahennama 
Soufous ennes ihargtent, afin adhennan 
lamz illis elli diftel zardnettat 
Kraigat sbah ichichas mia zghoukourai 
Achkou timgharin diserdan ia ouzou aian. 

Celui qui a encore sa belle-mire est ennuyi; 

11 mange touj ours en col^e, matin ou soir, s'il vieht. 

Lejour que meuri la m^e de sa femme, il faut... 

Qu'il amine une corvee pour apporter beaucoup de bois, 

Qn'il y meite cinq cents pierres, qu'il fasse un feu d'enfer, 

De sa main pour la bruler ; il trouvera la paix. 

Qti'il prenne cette fille qu'elle a laissee; 

Chaque matin quHl lui fasse manger cent coups de baton; 

Car les femmes et les mukts sont du meme bois {plante). 



* 
« * 



Is ourd igh zoullan medden laser, is izri ouass ? 
Is ourd igh ilia chchib ghtamart, is izri ian? 
Is ourd igh izenza ougezzar, is izri s'souq? 
Brmatent a iameksa, louaqt aiad izri ouass. 

Quand les gens prient a lasser, le jour,n'esl-il pas fini? 
Quand sa barbe devient blanche, un homme n'est-il pas fini? 
Quand le boucher a fini de vendre, le marche n'est-il pas fini? 
Rentre tes moutons, berger;. maintenant lejour est.passe. 






TEXTfiS ET TRADUCTIONS 



69 



Aiouten ajdigen ddounit, delgoum elli zrinin 
Imma Iqonmad Ikhrifennes, kaiad ghillan. 

lis out abattu les fleurs du monde, les gens d'autrefois; 

Les gens d'd present, c'est dans Vautomne du monde qu'ils sonL 



Adaok our inna ian our ilin habib nzriltid 
Achkou ddounit imeddoukal kasazraint. 

. 11 ne dira jamais, celui qui n'a pas d'ami : fai dti heureux, 
Parce que la vie, ce sont les amis qui la font passer. 



Ifoulki sber, iga ghimkad Iharir, our sar idebber ian. 
Igh isberian igarbenadem, eddnoub adrouran. 

La patience est belle. Elle est comme la sole, qui n'a jamais 
blesse personne. 

Si quelqu'un paiiente avec les mdchantSy il commet un p4che. 



Ourdissiouan aissermadu ifadden ian 
At nsermain dioualioun igh atbalan. 



fd MANUEL DE BKRBERE MAROCAIN 

Ce ne sont pas les montees qui fatiguent les genoux; 
Ce qui les fatigue, ce sont les paroles qui ckangent. 



* 



Our adkhlou ian aitmas ibnou tiqbilin 

Akkishennan, a Marrakech digourramen eUi Ilanin gitoun 

Imma U>a4el koullon neddounit kii ardi moun. 

Qu'on ne dimolisse pas chez ses frirespour bdiir d Veiranger. 
Ce qui te donne la paix, Marrakech, ce sont tes marabouts. 
Mais toute V injustice de la terre est rassemblee chez toi. 



« « 



Asgharigh toukotii takat ingibil derri^i 

Ighoukan isoud errih artentitbiian, 

Our artensa takat ghouafa, gh-imkan aiga lAr. 

Le bois d'ou jaillit la flamme expose au vent, 

Si le vent souffle, il attise le feu. 

Le feu ne s'4teint pas sur la hauteur, le mal non plus. 



la iran adas isemd Rabbi rrja ghouida ran 
Aritzouar ssadat ghouass izouarn ghouaiour 
Ariakk imik nsadaqa ghouass Ijouamd. 



^?^ ' ■ , ^TESTES ET TJRADtlCTIONS 74 

i^-^'^1 Celui qui vetU que Dieu comble son espirance, 
1^' n visiie les marabouts le premier jour de la lune. 

V • 7/ fait de petites o/frandes, le vendredi. 



* 
« ft 



Our telli tarasafer, aour imouader ian 

Igh inghai an izoug, igh ichcha aida nmedden, igherm. 

// n'y a rien sans remede ; que personnc ne sc tourmente. 
Quitue sera exile, qui mange le bien des autres paiera I'amende. 



lat kagh chkregh a Rabbi, chchaotianou drousent 
Meqqarnit zrigh ouargh boutt-aba, ouriihemmin. 

Je te loue pour une chose, Dxeu; mes d4sirs sont modestes. 
Quandje verrais de Vor contr6U,je n'en ai pastouci. 



Is aisendam tasa ardallant 

Anir agougiiann mimout babas dinnas 

Negh afella^an ikkerzen our imger iat ? 

Y a-t-il chose iriste a (aire pleurer, 

Comme I'orphelin sans pere ni mire, 

On le paysan qui laboure el qui ne r^colte pas. 



72 MANUEL DE BBRBERG MAROCAIN 



* * 



Mak iskabern, a Imelf, Isanek inejdamen? 
Mak iskabern, a Ijoher, qenkoun oudain? 
Mak iskabern, a Iborj, ghlink ibi^aren? - 
Mak iskabern, a lain, souanek ikabaren? 

Out te rend-orgueilleux, drap, tu kabilles leg Upreux? 
Qui te rend orgueilleuse, perle, les juifs te portent? 
Qui te rend orgueilleme, forteressey les boiteux montent sur toi? 
Qui te rend orgueilleuse, fontaine, les caravanes boivent de toi? 



Our irti ouzzel ikra iout 
Oula tertam aidouggouigen i oumzil 
Our tertit aianouach itkerkas dlbadel 
Aiouat smaghat, Imouselmen. 

Le fer n'a pas souci de celui gu'il frappe, 

Vous n'avez pas, Mincelles, piti^ du forgeron. 

Tu n'as pas souci, mickani, du mensonge et de I'injustice. 

Allans, battez-vous, Musuhnans. 



Tasa nian igh terrza, mas ratlham, 
Amr tatssa nouhabib negh aoualennes? 



. ,-TKXTES ET TRADUCTIONS 

Tasa our ilin maddoukan saoualen 
loufasnit ouzouaig negh aok emmouten. 

Celui qui a le cceur bris4, qui le guMra, 
Sinon le sourire de I' ami ou sa parole? 
Le C(Bur qui n'a pas d qui parler, 
Mieux pour lui Vexil ou meme la mort. 



73 



Titbiren a toumlilin a timgrad 

Abbahra our takkamt ilkhla 

Han Ibaz igan bou tasseroualt 

Iga Ikhatem ghoudad 

Akkount iout oukan, ighli digennouan izoug. 

Zaidat, aiissan, kounni dar Ibaroud 

Izaid ouroumi tachcharafin iggi Ibrouj 

Zaident terbatin loucham iggi ouaia^. 

colombes blanches apprivois^es, 
J^'allez pas loin dans le desert. 
Voici le faucon qui porte un saroual 
El une bague au doigtj 

■Qui vous frappera, et fuira en montant au del. 
Allez, 6 chevaux, allez d la bataille, 
Le Chretien ajoute des crineaux sur les forleresses, 
Les jeunes filles ajoutent un tatouage sur un autre. 



u 



MANUEL DK BERB^RE MA"ftOGAIN 



Abouri ouraiattou derrsas 
Our a tattout a lit ighman itazoult, 
Our aiattou 6u dait Imahibba 
Arkigh kchmen akal. 

Le fusil ne se separe pas de la balle, 
Les yeux peintg ne »e s4parent pas de Vantimoine, 
Le baaer ne «e separe pas de set atnis 
' Jusqt^A ce ^u'lis entreni tons sous terre. 



XIII. - CHANSONS 



laouass admouddigh 
Ouissin oafighen 
lat tadia nsenbel 
Ghoufe]la Udin. 
«-ARabbi, khtat itagoiimen, 
Fkii iat tissi ouaman. ■» 
« — Ggoiiiz, a Imoughaib 
Atsout soughaouennek. » 

( — Llighalgamou n Rabbi. 
Our oufigh atensough. » 
« — Arouah ar tigemmi 
Dar tamment oula atai. » 



Un jour, fai voyage^ 
Le deuxieme jour, ai trouv&- 
Une gerbe de lavande 
Au-dessus d'une source. 
«,^~PourDieu, vous quipuiseZj 
Donnez-moiunegorgied'eau.Tt 
« Descends, d dtrangerj 
Bois dans le creux de ies 
\mains. > 
« J'ai, de Dieu, une bride, 
Je ne trouve pas d boire. t> 
« Viens d la maison, 
flyadu miel et du th4. » 



IBXTES ST TRADUCTIONS 



7S 



Ig^Sfaiz oil haram staddert 
Ikkan imalass. 
- Tasid iat Ikhibit 
Tdmmert atamment. 
Nasi gis ian ouijad 
Ichahn our ikemmil. 
Haiad ian chjid 
Oualli tentilan 
lesoudad iai Izerg 
Isoua mia ghoufous. 
loutii ou haram. 
Eggbudigh kouliou ghlma- 
[kan 
Asini stjmezgida 
Sghelnii soughanim 
Itter Ikfanghiggi nikhfinou. 
Arreqqan ouaman 
Artqazem, a Ihabab 
ar tallam, a ouaia^ 
A innanou, a inna 
Ian aount innan : 
louim aten irham Rabbi 
Tinitas : Amin. 
Our ittout ghnqeb 

Our ioukour tisitan 
Izoula ghmanin 
Adasichchan akourai. 



Ze ruse alia au village, 
It y resta huit jours. 
Elle apporta une jarre 
Pleine.de miel. 
II y mil un doigt, 
/Yeut pas le temps de finir. 
Void venir iin gtierrier., 
C'ctait son mart 
Monte siir un cheval gris 
Valanl cent douros en main, 
II m'a frappe, le Iraitre, 
Je suis resle surplace. 

Portez-moi d la mosqu^e, 
Mesurez-moi avec le roseau 
Un linceul sur ma ieie. 
Qu'on fasse chauffer Veau. 
Creusez ma fosse, amis ; 
Pleurez, vous autres, 
ma mere, 6 mbrej 
A qui vous dira : 
« Voire fits, queDieulegarde, It 
Repondez : amen. 
II n'a pas e'M frappi dans un 
[trou, 
11 n'a pas voU des boeufs, 
Les yeux peints a Vantimoine 
L'ont fait mourir. 



[RaconU par le maoun Moulay Lkassen ffahi.) 



y'l^ 



1^ -MANUEL DE BEBBERE MAROCAIN 



^^. - LaiST N FADEL TTACHERIFT NOUGELLID 



Fa4el ilia ghlqioud 

llla dares iaoujd^ ichouan igan Izerg. 

Siiren aikka ghatnoukan isUb 

Nger takouzin ttioutchi katisl^b. 

Siiren aikka ghatnoukan issirid 

Miat metqal iouglast ghoumgerd. 

Ikka ariaouass iaouiten ougharas ntigemmi nougelUd. 

Haia d Attouch touggouad ghlmenzah nougellid. 

Tgher itaouia eili dares igan l^iaijab : 

— A Ikhiar ntiouiouin, a Messaouda, ■ 
Aggouad atzart ma irouas ghouad? 

— A lallanou, a lalla, Fadel airouas ghouad, 

— Sir, a Ikhiar ntiouiouin, a Messaouda, 
Ini i Fadel, ini ihorrad, ranjji ghlqelb ; 

Ini i Fadel, ini i moutteln, ranggouiz ghlqbor. — 

Teftou touaiaelli dares igan Ihaijab ; 

Lbaben atteikemt, erzematj.aiadouab ; 

Lbaben attzri, qenat, aiadouab. 

Ouras ifaq Fadel ailligh astoumz errkab. 

— A SidinQU, a Sidi, han lalia touzent 
Imik nessalam idzzan, rares louijab. 

— Sir, a Ikhiar ntauiouin, a Messaouda, 
Our zdaregh, a anna, ancherrou dougellid. 

— A Sidinou, a Sidi, khateroukan atterbaht 
Ittout lihaf ttoukait doudou koul Ijdid. 



TSXTBS KT TRADUCTIONS 77 

Lbabenna ilkem, rzmat, aiadouab ; 

Lbabenna izri, qenat, aiadouab. 

Tennaiasen touaia : balakt atzri tachrift nougellid. 

Our issin ailligh ikchem mia nlbab. 

lUout Ibkhourtoujjout, iareg oudouab. 

Iftou Fadel, iouten fouzenzar ; 

Itghachcha, iourridi. — 

Ida marhaba bik, a Fadel, a khouia, zaid. 

Ihoujja Fadel ghidan, iat rkizt, kagh idneb, 

Ifeltin ghilli ghaditsbah ougeliid. 

IfFou Ihai, our iffou, haia dougellid. 

Innaias : A Attouchj ma iaghen? Toudemtennem 

Tourregh, a benti, ghidad. 

Immous iboukhour toujjout, liia ioufa ghidad? 

Immous Ifrachelli jiour imoussi, ma ioufa ghidad? 

. — Tennaias ; a Sidinou, a Sidi, ikhfagh arizouiz. 

Afioussa baba, adour assough aiagellid 

Afiitoussa inna, adour assough, aiagellid. 

Innaiasen ougeliid : a Imchaouria, a Imkhaznia, 

Han tagoummart tella ghssad. 

Mammou Ijla iat rkizt, hati tella toujad? 

Kouian innas : a Sidi, tinou tella toujad. 

A Sidi, tin Fadel aigan ghikad. 

Fadel ilia dares ougmas, igan asiiagh, inchouastid 

Haiad Fadel, manightid ihouz Ihemz! 

Innaias ; a Sidinou, a Sidi, tinou tella toujad. 

Innaias : ghaia Ikafer, tinek tiga Ijdid. 

A Sidinou, a Sidi, terrzaii, lahmeghtid. 

I^erd ounzar nchoutanbir, ikhelf oujdig: 

laouiten ougeliid ariaourti ghinkhalef oujdig : 

— Tougganoun, a Imouslmen, ariggi Iqber 



78 MANUEL DB BERBERE' MAftOCAIN 

Is jou ilia ma izran ma irouasen ajdigad? — 

Inna kra ; « toudemtennek, a Sidi Mohammed ». 

Inna kra: « tariktennek, a Sidi Mohammed ». 

Inna kra ; « rrkoubennek, a Sidi Mohammed ». 

Haiad Fadel, manightid ihouz Ihemz? > 

• — « Tougganou ghdar Iiriouslmea arriggi nlqberinou : 

Zrigh iat Ibent artghleb ajdigad. 

Tidoudinennes zouad tal^arouzin ouglif igh soul iga Jjdid. 

Haistallenennes zouad tinlbaz, 

Ihaouzen izkran, a 1 Bari, a 1 moujoud, 

Tiourziennes zound ightsrout louard ». — 

Ghikan kainna ifaqas ougeilid. 

Innasen ; « outat aharam, aouriqorrou siaib » 

— (1) A Sidinou, a Sidi, oujlii adakouajbegh. 

Innaias ; a Sidi, skerii lajel ardaouigh krat serbat foug- 
marinou. ^ . 

Iskeras ougeilid lajel. labuit arelligh atitemoad Attouch, 

Artgis nqan. Toukouid Attouch zound taouount nsba 
maden, tga koullou Ifzouz. 

Aouinten ariat imdint, mdein ten gis. 

Teffough tainiout ghlqbr n Attouch, teffough tainiout 
ghlqbr n Fadel. Mgirinten ghigenna, Ibbitent ougeilid sat 
toual. Aggouint adngirint. lachkid iaoudai, inna iougellid: 
menchk aradiitfkt atsengirigh tainiouinad?Isddas ougeilid, 
Ibbitent oudai ourtsoul n kirent. 

(1) A partir de ce Irait, le conte n'est plus rythmfi, ou du moins 
ainai que I'a cont6 Moulay Lhassen Hahi. 

Tout le dfibut au cootraire, est rythmS et en chantant, on ajoute 
g^n^ralement i k la derni^re syllabe, exemple ; 

Tiourziennes zound igh tsrout louardi. 
Ghikan kainna ifaqas ougellidt. 



TEXTES ET TRADUCTIONS 79 

- Ennantaa : < Tebbi lm5^aibba ellightentibbi oudai » 

Iffonghd Idin ghlqbor n Faglel. Iffoughd lain ghlgbr n 
Attouch Miggiren, siihan iddounit. 



HISTOrRE DE FADEL AVEC LA SULTANE 

Fadel Mail un ca'id. 

II avail un beau cheval gris. 

Deux mois il s'exer^a 

— Entre I'Asser et le Maghreb. 
Deux mois, it le lava. 

Cent metqals au cou lui pendit. 
Un jour son cheval Vamena vers le palais du roi. 
Void Attouch qui regarde du pavilion du roi. 
Elle appelle la n^gresse du harem : 
-~0 la meilleure des ndgresses, 6 Messaouda, 
Regardej vols, d. qui ressemble celui-ci? — 

— Oma maitresse, 6 maitresse, celui-ci ressemble d Fadel. 

— Va, la meilleure des negresses, 6 Messaouda^ 

Dis d. Fadel, dis-lui que s'il se presse, man cceur est gu4ri, 

Dis & Fadel, dis-lui que s'il tarde, je descends au tombeau. — 

S'en fut la negresse du harem. 

bes portes qu'elle atteint, ouvrez-les, 6 portiers. 

Les portes qu'elle a pass4es, fermez-les, 6 portiers. 

Fadel ne Vaper^ut que lorsqu'elle toucha son etrier. 

— Omomeigneur, 6 seigneur, void que ma maitresse Cenmie; 
Unpeu de doux sellam, rends-lui reponse. — 

~ Va, la meilleure des negresses, 6 Messaouda, 

Je ne peux pas, 6 ma mere, entrer en guerre avec le roi, — 



80 MANUEL DK BERB^RE MAROCAIH 

— man seigneur, 6 seigneur, choisis done el iu gagneras. 
je Cenveloppe de kaik et voile ; tnets sandales neuves. 

Les portes qu'il atteint, ouvrez-les, portiers. 

Lesportes quilapassees, fermez-les, portiers. 

La n^gresse leur dil : Altention, voici que passe la sutiane. 

Je ne sais s'il passa cent portes. 

La fum^e des parfums s'iUve, les portiers y sont noyes. 

Fadel tja, des rayons le frappent. 

n tombeen difaiUance, it veut revenir. 

— Sois le bienvenu, 6 Fadel, 6 raon frere, avance. / 
Cette nuit-la, Fadel fut le pHerin, Une garniture de son sabre 

[ — qu'il eut a la regretter! — 
Jl la laissa dans la piece oii le sultan vint au matin. 
La nuii est passee. Voici le jour. Voici le sultan. 
II dit : Attouck, qui vous a bless^? Votre vimgCy 
Oma fille, cette nuit a pdli? .._,.,*_ 

La fumie des parfums s'dkve, quelle est cette nuit ? 
Les tapis sont remu6s, que jamais on ne bougea, quelle est 

[cette nuit:^ 
File lui dit: monseigneur, 6 seigneur, la tete me tourmente; 
Aux ordres de mon pere, je n'ai pas desobH, seigneur, 
Aux ordres de ma m^re, je n'ai pas desobei, seigneur. 
Le sultan dit [A ses gens) : gardes, 6 mokhaznis, 
Aujourd'hui sera jour de chasse. 

Qui a perdu la garniture de sabre que voild ici ? ' ' . 

Chacun lui dit : seigneur, la mienne, la voici ! 
seigneur, celle de Fadel, est celle-ci. 
Fadel avail sonfrkre or'f^vre, il Vavail remplacee. 
Voici Fadel, oit va-l-il poussant [son cheval) de Viperon? 
Il dit : « monseigneur, 6 seigneur, la mienne, la voici. — 
Celle-ci, 6 infidHe, la tienne est neuve. -~ 



TEXT£S ET THADUCTIONS Bl 

monseigneur, d seigneur. Ell^s'est dass^e, je I'ai soud4e. » 
V'otci que tomhe la pluie de septembre, qui fait p6m»er lei 

[fleurs, 
Le sultan les emmene dans unjardin oil pomserd lesfleurt. 

— Votre parole, p musulmans, jusque sur le tombeau, 
Vun de vous vit-il jamais chose semblable d ces fleurs? — 
L'un dit': Ton-visage, 6 seigneur Mohammed. 

Vun dit : Ta selle, 6 seigneur Mohammed. 

L'un dit : Tes etriers, 6 seigneur Mohammed. 

Void Fadel, oh va-t-il, poussant [son cheval) de Veperon ? 

— Ma parole, 6 musulmans, jusque sur mon tombeau, 
J'ai vu ime femme qui surpasse {en beautd) ces fleurs. 
Ses doigts sont des rayons de miel encore vierge. 
Voyez ses yeux, comme ceux du faucon, 

lis pressent les perdrix, 6 Dieu puissant. 

Ses talons sont fails de roses qu'on aurait petries. — 

Quand il dit ces paroles, le sultan le connut. 

II dit : Frappez le pecheur, que le p6ch4 n'appdraisse pas. 

— monseigneur, 6 seigneur, fais-moi ddai pour te rdpondre. 
II lui dit : « seigneur, laisse-moi le temps de (aire (aire- 

trots sauts d mon cheval. » Le sultan lui donna le temps. II 
I'amena jusque sous les yeux d'Attouch. lis le tukrent. Attouch 
se pricipita comme une pierre des sept minerals (?) ; elle tomba 
en pieces. On les emporia d un cimetiere, on les y enterra. 

Un palmier sortil du tombeau de Fadel, un palmier sortit 
du tombeau d'Attouch. lis se rejoignirent dans le del. Le sultan 
les coupa sept fois. lis ne parent se separer. Vint un juif 
qui dit au sultan : « Combien me donneras-tu sije sipare ces 
palmiers-ci ? •» Le roi lui accorda une faveur. Le juif les 
coupa, jamais plus ne repoussirent. 

6 



83 MANUEL DE BERBiftB MAROGAIN 

Lei gem direni : « IJamiiid est Hen Coupee^ qui est coyp^e 
par un juif. » 

Mais une source sortit du tombeau de Fadel, tine source 
sortit du tombeau d'Attouch. Ellese rejaignireni, parcotirurent 
le monde. 



TROISIEME PARTIE 



DIALOGUES 



I. — POUR ElVTBER EN REtATIOVS 
AVEG VNE TRIBU, EN GUERRE 



Ma ismennek? mak ismen? 
Ma igan taqbilt onnoun? (1) 
Ma igan afousennoun? 
Afousennagh Ait Moussa. 

Amghar onnagti Lhadj A'li. 

Is iga oumghar ntaqbilt aok 

ZFegbd ghir ikhsennoun? 

Oho, iga amgh» ntaqbilt 

aok. 
Inij, is ifoughen medde^ 

ghiamazirt neghd oho? 
Is serraljilen IbahimeDsen 

ttaroua eneen? 



Comment t'appelles-tu? 

Quelle est votre tribu? 

Quelle est votre fraction ? 

Ma fraction est celle des Ait 
Moussa 

Notre chef est Lhadj A'li 

Est-il chef de toute la tribu 
ou seulement de votre frac- 
tion? 

Nan, il est chef, de toute la 
tribu. 

Dis-moi, les gens ont-ils quitle 
le paySy ou non? 

Sonl-ils partis avec leur-bHail 
et leurs families? 



(i) Ou ikhBeDDOun. 



84 



MANUEL DE BERBfefiE MAROCAIN 



Manisftan? (mani sra^;ialen)? 
Mantaqbilt seddan? 
Rahalen stamazirt nait Oua- 

rain. 
Isten qablen Ait Ouarain 

neghd oho ? 
Is fellasen ghersen? 
Ghersen fellasen. Asinasen 

Imezrag. Nefkan didsen 

iselliameii douchdad. 

Is raggisen afin iaoult? 
Ait Ouarain darsen imendi, 
darsen koulchi. 

Mennaoa ikhiamen asra- 

balen? 
Mennaou imennain aggisen 

illan? 
Outin irejiin imennain. 

Illan darsen Iqortas mas 

atmaghen. 
Manigh aisen dittachka? 
Arasen ditachka zgh Fas 

dlmrasi. 



Oii sont-ils partis ? 
Dans quells Iribu? 
lis sont partis chez les B. 

Ouarain. 
Les ont-ils hien accueilHs? 

Ont-ils igorge des betes? (■/) 
lis oni igorgi des bites. On 

leur a donn^ protection. lis 

oni, ichang4 burnous et 

rezzas. 
Y onl-ih Irouve des vivres? 
Les Beni-Ouarain ont du 

grain, et tout ce qu'il 

faut. 
Combien de tenies iont par" 

ties? 
Combien ont-ils de cavaliers? 

lis ont plus de jantassins que 

de cavaliers, 
lis ont des cartouches pour se 

baitre. 
D'oU leur viennent-elles? 
De Fez et de$ ports. 



[i) Coutume berb6re et arabe. Uno tribu ou un particulicr qui va 
demander protection (Imezrag) 6gorge des bfiles (en arabe dbiha) au 
seuil de la porta ou en entrant aur ie territoire. En signe d'alliance, 
on ^change parfois burnous et rezzas. 



tJIAtOGCKS 



■^^ 



85 



Llan da^sen imeddoukal gfa 
Fas madasen tid ittazen. 

Man Iklait darsen illan. 
Kra gisen darsen bouchfar 

negh bou habba. 
Lktert gisen darsen Sasbou 

411i iasen ifka imaghzen 

ghezzman. 
Laken our darsen Iqortas 

ennes bezzaf. 
Is ilia darsen kranlmakan 

ratdmmaren Iqortas? 
Ilia. 

Manigh mounen? 
Aoual nmit asrahalen? 

Ilia darsen ian cheikh rrbia 

arastinin Moha ou 'Ali n 

Ait Moussa 
Idda darsen ian ougourram 
n Ouazzan addidsen ijmci. 
Manigh aittili oujmoufi 

ensen? 
Ghl^in ouzrou. 
Manigh skaren achbar? 
Manightennit, igth sersen 
-nedda, radidnagh emma- 

ghen? 
Knnigh dikhflnou gh Sidi 

E^mbarek, afella ouasif. 



lis ont des amis d Fez qui les 

leur envoient. 
Quels sont leurs fusils? 
Certains ont des fusils a pierre 

ou a capsule? 
La plupart ont des fusils 74 

[chassepoi] que leur a donnes 

le maghzen dans les temps. 
Mais lis n'ont pas beaucoup 

de cartouches 
Y a-t-il chez eux un endroit ou 

its chargent les cartouches? 
II Af en aun. 
OU sont-ils assembles? 
Qui leur a conseilU de fuir? 

{de qui la parole?) 
Jls ont un chef de guerre, 

qu'on appelle Moha ou AH 

des Ait Moussa. 
Un chirif d'Ouezzan est venu 

causer avec eux. 
Oil a eu lieu leur palabre? 

A la source de la Pierre. 
Oil ont-ils fait des tranchees? 
Oil crois-tu que nous aurons 

un combat quand nous irons 

chez eux? 
Je crois {je dis dans ma tete) 

a Sidi Embarek, au-dessus 

de la riviere. 



86 



MANUEX DE BKRBERE MAROCAIN 



Ran additoun emmaghen, 
achkou idad izrin, skeren 
mamtingratsenghoudrar. 

Is miaren at souagen ghii^? 



Ih veuknl se batlre avec vous, 
parce que la nuit passee. Us 
out fait des (/euar) signaux 
sur la montagne, 

Sont-ils habitues aux combats 
de mat? 



II, - APRES UN COMBAT 



Ghlbaroud nidgam, meDcht 
ninaghan dimouggas ag- 
gissen illan? 

Illan darsen achrin ninighi 
dtlatin n imouggas. 

Imeten darsen achrin oaais. 

Lmedfa adasen iskern Ifdiha. 

Artinin chikh rbid ensen 
ittiagas ghoudar ennes. 

Ennan Ait Sadden b^an 
disen. 

Han atdalben laman. 

Rmin zghlbaroud 

Sbahann, adm^eln inaghan 
ensen. 



Au combat d'hier, combien 
ont-ils eu de ims el de 
blesses? 

lis ont vingt tues el irente 



lis ont perdu vingt ckevaux. 
Le canon leur a cause du 

mal. 
On dit que leur chef de guerre 

a He blessd a la jambe. 
On dit que les Beni Sadden se 

sont separis d'eux. 
lis veulenl demander la paix. 
lis sont fatigues de la guerre. 
Ce matin, ils ontenlerr^ leurs 

marts . 



• .^t'--ir^ -^--^f- 



88 



Hattugl DS BBRB&RB HA&OCAIfir 



'.-J^^^<T^ 



■; V 



■r4pt?^ 



tdCnShkad darsen ian oure- 
qqas zgh dar Ali Oum- 
^aouch. 

Our asend ichad Iqortas 
bahra. 



Un messager d'Ali Amhaouck 
est venu chez eux. 

Us rCont plus beaucoup de 
cartouches. 



Ill 



. - ENTREVUE AVEC DES ENVOYES 



A Ihakem, ouchkand Ait 

Ouarain ' 
Isbidten ouJssas Igeddam 

Igour. 
Chekchemtend slgour, ta- 

ouimtend stakhzantinou. 
Essalam dlikoum alhakem. 
Ou Slikoum essalam. Mar- 

ttaba bikoum sdari. 
Kechmat. Ggaourat. 
Aia makhzni, ini oumedda- 

koul inou addaouin irou- 

kouten ouatai, ansou atai 

dimeddeh ad, igan ineb- 

gioun ennagh,. 
Is koun ittoiizen taqbilt? 



Chef, les Beni Ouarain sont 

venus. 
line sentinelle les a arretes 

devanlle camp. 
Faites-lesentrer dans le camp, 

amenez-les a ma tente. 
Bonjour, chef. 
Bonjour. Soyez les bienvenus 

chez moi. 
Entrez. Asseyez-vous. 
Mokhazni, dis d nos gens 

d'apporler les vstensiles de 

ih^, que nous buvions le Ih^ 

avec nos holes. 

Bst-ceque latribuvousenvoie? 



90 



MANUEL DE BBR3ERE HAROGAIN 



Ouzenaghd inmghoren ntaq- 

bilt, a Ihakem, sdarek. 
lUiouqbal ghaida stouch- 

kanij mar^aba seroun. 
Noukni, dantazzal ghir ssia^ 

ntaqbilt, dlhena nl ghara- 

sen douin lasouaq. 

Nra medden aokggin ian, s 
Idmer nougelfid (at inser 
Rabbi). 



Nouchkad darek adak ndaleb 

lamau nouidaennagh tta- 

rouannagh. 
Nokki,'righ adaoun ennigh 

chchert mas aoun^kkagh 

laman. 
Aigan chchert amezouarou 

attourrim stamazirten- 

noun, kounl douidaen- 

noun ttaroua ennoun. 
Chchert ouissin, atrarom 

Imoukahial diisan elli 

tiouim. 
Chchert ouiskrad, attfkim 

iat ddirt Iqderennes khams 

mia ntarialt. 
Adaoun nsker lajel smous 

dmraoa nouass. 



Les grands de la tribu, chef, 
nous ont envoyes chez ioi. 

J'accepie ce pourquoi vous 
venez, soyez les bienvenus. 

Nous, nous ne voulons {ne 
courons apres) que le bien 
de la tribu, la surete des 
chemins et des marches. 

Nous voulons que torn les 
gens soienl unis sous I'au- 
torite du Sultan {que Dieu 
le garde) . 

Nous venons te demander 
I'aman pour nos biens et 
nos families. 

Moi, je Dais vous dire lei con- 
ditions auxquelles je vous 
donne I'antan. 

La premiere condition est que 
vous rentrerez dans voire 
paySj vous, vos biens, vos 
families. 

Deuxitme condition, vous ren- 
drez les fusils eileichevaux 
que vous avez pris. 

Troisieme condition, vous 
paierez une amende de cinq 

' cents douros, , 

Je vous donne un delai de 
quinze jours. 



DIALOGDBS 



9i 



Nraraoun imesjan elU 
noumZf ^ 

OtiakadaliJc, hatta kounni 
t«^haousa enna koun itjer- 
ran ^khouater ennoun, 
lezem aiititiaim. 

Barakaliahoufik a Ihakem. 
Ghaiad tennit, Imal iggout 
fellagh. 

Taqbilt tdrous. 

Lqout nmedden ^afnin. 

Kraigatianaifk Ijahad ennes. 

Gfaikka, aouai enna nenna 
ingratnagh, nettan aillan. 

Noukni ourranteghdar ian. 

Oulaienni, hatta kouni nra 
koun atgim ghimkan. 

Noukni dda nthabbou irga- 
zen Ibaroud, lakin arnet- 
kerhou imeghdaren. 

Lghdar ioukhchen ghOur- 
gaz. 

Hatta noukni, al!hakem, our 
ngi id boussa ioualioun. 

Nzrakoun ghlbarbud, nssen 
kouni is tgam irgazen. 



Nous vous reridrons les pri- 

sotiniers que nous avons 

fails. 
Et vou* ausii, si quelque 

chose vous blesse, il foul me 

le dire. 

Merci [pardon). Ce que lu as 

dit, c'esi beancoup d'arqent 

pour nous. 
La tribu est faible. 
La plupart des gens soni 

pauvres. 
Chacun donnera selon ses 

moyens. 
Maintenant, c'est noire parole 

que nous vous avons donnde. 
Nous ne trahissons pas. 
Nous voulons que vousfassiez 

de meme. 
Nous aimom les gens braves 

d la guerre, mais nous 

kaissons les Iraitres. 
C'est honteux de la pari d'un 

homme. 
Nous aussi, nous ne sommes 

pas des menieurs {d, sept 

paroles). 
Nous vous avons vus au feu, 

nous Savons que vous eies 

des hommes. 



92 



MANUEL DE BBB 



li'saneilDoun foulkinin. 
Kra igat taghaousa artili 
sidmer n Rabbi. 
Ghikkad nra nsker iatlqchelt 
ghid ghtamazirlennoun. 

Nirikoun addar nagh tach-" 
kam an miassan in^at- 
nagh. 

Ouanna iran aizenz li^am 
dikchou^en dlbahim d 
ifouliousen, iaouitend 
ssouq ennagh. 

Izenz stamen enna ira. 

Our rantamzian sbezziz. 

Our ranchta ian aidaennes. 

Igh ilia makoun idelmen, 

tachkamd s dari. 
Nekkin arradaoun, iamz 

Ihaqq. 

Ouarriat stamazirtennoun 

dla kheir. 
Lmkhaznia, ffoughat disen 

zghlgour, tmounem disen 

arasif. 
Maddaoun innan ghlouaq- 

telli disen tmounem? 



BERK MAROCAIN 

Vos ehevaux soni beaux. 
Toute chose arrive par la 

volonU de Dieu. 
Nous allons maintenant Ma-^ 

blir un paste dam votre 

pays. 
Nous desirous que vous veniez 

Chez nous, pour que nous 

nous con^uissions. 
Qui voudra vendre de I'kuile, 

du bois, du bitail, des 

poules, qu'il les apporte d 

noire march4. 

It vendra le prix qu'il vou- 

dta. 
Nous n€_ prenons, rien par 

force. 
Nous ne prenons pas le bien 

des gens. 
Si quelgu'un vous opprime, 

venez chez moi. 
Je vous rendrai justice. 

Reiournez en paix d votre 

pays. 
Mokkaznis, faites les sortir du 

camp, accompagnez-les jus- 

qu'a la riviere. 
Que vous ont-ils dit quand 

vous les accompagniez? 



^-TV-^-.'- 



'V 



DIALOGUES 



93 



Eiinan ; ghikkad ussen 
lljiakem ennoun i^deln ; 
elligh ourtat nssin nksou^ 
gis. Skarksen fellagh med- 
den, ennanagh Ifransis 
arittaoui tiSilin diferkhan. 



lis onl dit: maintenant, nous 
Savons que voire chef est 
bon; avanl de le connaitre^ 
nous avions peur de lui. — 
Les gens nous avaient mentij 
nous disant que les Fran- 
gais emmenaient les femmes 
et les enfanis. 



IV, — IWSGRIPTIOK DU PAYS 



tamazirt, adrar 

louda, asif 

l^in, targa 

ighzer^ talai 

aghoiStid, ftmlal 

rftorf, afeakoiii (Imchr&i 

aghaoim, azitia 

amadel, taouqart, afa 

tagant, azrou 

tasaount, agharas, abrid 

tizi, Ikhneq 

chchjar ntagant aigan : 

tasaft, azemmour, 

iki^ou 



le pays, la montagne 
la plaine, la riviere 
la source, le ruissedu 
le ravin 
le focker, le tables , 

le roseau, le jonc 

la colline 

la forel, la pierre 

la montee, le chemin 

le colj.le defiU 

les arbres de la foret sont 

le chene, Volivier sauvage,. 

le carottbier. ' . 



V. - POUR PfeNBlTRER DANS UN VILLAGE, 
UNE MAISON 



Ma ismen tcharennek ! 

Ilia ghiggi .nouafa, ghta- 
ma nouagif, ghtouzzoumt 
nofirtan. 

Agharas ifoulkin, i&deln. 

Agharas ioflkhchen. 

Mlii tigemminek. 

Ftou ghlgeddaminou, ak 
tbbdgh. 

Mas atbnoum ligoumma? 

Mas at^alenoten? 
Arn^al sousghar. 
Is illan daroun kra Im^lmin 
ganinibennain,inedjaren? 



Comment s'Q.ppeUe ion vil- 
lage'} 

II est sw une colline a cote de 
la Mmere^ au milieu, des 
■ jardins. .--- 

Le chemin est bon. 

Le chemin est mauvais. 

Montre-moi ta maison. 

Marche devantmoi,je te suis. 

En quoi bdtissez-vous tes mai- 

sons? 
En quoi les couvrez-vous'^ 
Nous les couvrom^en bois. 
Y a-t-il ckez vous des ouvriers 

magons, menuisiers? 



96 



MANUEL DE BERBERS MAROCAIN 



Is zdaregli adkehmegh ti- 

gemni. 
Kchemslbitann. 
Eggaour iggi lm(Jerbaian, 
Amz taousadtan. 
Mra oufigh, adsirdegh 

ifasen inou. 
Aouiid aman ghUs^elt. 

Amz ziffann. 

Aouiad aqfai, aman isem- 

mi^en. 
Manigh attagoum aman? 
Troukouten ouatai adgan 

Imejmai*,Imkhraj,lberrad 

Itabla dlkisan. 

Amaii rghanin. 
Hataiann ifouiki bezzef. 
Righ atchigh tamoudit tti- 
gellain doughroum. 



Puis-je entrer dam la mai- 

son ? 
Entre dans celie chambre. 
Assieds-toi sur ce.matelas. 
Prends te coussin, 
Je voudrais me laver les 

mains, 
Apportex de I'eau dans le 

basHrL 
Prends eette serviette. 
Apportez du lait, de I'eau 

fraiche. 
Oil puisez-vous de I'eau ? 
Les ustemiles pour le ihi sont : 

le reckaud, la bouilloire, la 

tk^^By le plateau, let 

verrei. 
L'eau esickaude, 
Ce thi est deticieux, 
Je veux manger du beurre, 
■ des (Bufs et du pain. 



VI. - AVEC UIV CHEF DE VILLAGE, UN GUIDE 



Aouii zdar oumghar ntchar. 

Fouighakd iat tabret zghdar 

Iqaid Abdelmalek atiggi. 
Sneghtelli gh Fas dMarra- 

kech. 
Mrad is oufigh adhaousegh 

ghtamazirt. 
Righ (righ) gik ia ourgaz 

adiimeltamazirl. 
Fkii iaourgaz ifehemen ma- 

didi isaoualen. 
Adas ajckaghtarialt ghouass. 

Aichta arinsa doumdakou- 

linou. 
Adas erdelegh iat Imkhalt. 



Conduis-moi ckez le chef du 

village. 
Je Ctipportc uneltUrc du ca'id 

Abdelmalek l^^ugg^. 
Je I'ai connu d Fes et Marra- 

keck. 
Je voudrais visiter le pays. 

Je te demands un homme qui 
me montre le pays. 

Donne-moi un homme intelli- 
gent^ qui cause avee moi. 

Je lui donnerai un douro par 
jour. 

II mangera et couchera ar>ec 
mes domestiques. 

Je lui preterai un fusil. 



98 



MANUEL DE BEEBE8K MAROGAIN 



Is ilia manigh iitafatian ou- 

serdoun, ian inou idber. 
Aserdoun addares iliouhai- 

las, douchouari diziker. 
Our iri aifel aserdounennes 

ouahadout. 
,Addides imoun. 
Tedda. 
Azekka incha11a];;i, aneftou 

ghlkhamsa n sbah. 
Attach kt addidnagh tenst 

kii douserdounennek. 

Zaid siggil ikchou4en mas 

ansenoua. 
Aouid amau zghllin. 
Rar l^qalennek at^^oiinit 

fUB&an isfkn. 
Irouasii is at kemmit Ikif 

achkou zrighek tzzait gh 

Ikhdemtennek. 
Bddokhan iouf Ikif, our ak 

i^errou. 

Miaregh Ikif. 

Zar luamenk tskert at 

tb4outdghaian tmiart. 
Ini ioumeksaia.n adagh izenz 

iat tikl^si (iat taghat). 

Inaaiak our izdar. 



Peux-tu me trouver un mulet, 
tin des miens est blessS. 

Le mulet devra avoir bat, 
choudri et cordes. 

II ne vent pas laisser son mu- 
let alter tout seul. 

QuHl vienne avec lui. 

Entendu. 

Notts partirons demain d, cinq 
heures du rtiatin. 

Tu viendras coucher pres de 
nous ce soir, toi et ton mu- 
let. 

Va chereher du bois pour faire 
cuire [le repas). 

Apporte de I'eau de la source. 

Fais attention d puiser de 
I'eau claire. 

11 me semble que tu fumes le 
kif parce que je t'ai vu lent 
ilourd) au travaiL 

Le tabac vaut mieux que le 
kif, il ne te fera par 
maL 

Je suis habitue au kif, 

Tdche de perdre cette habi- 
tude- 

Dis & ce bevger de nous ven- 
dre une cfievre, {un mou- 
ton). 

11 dit qu'il ne peift pas. 



' DIAL06(JES 99 

Oulli gant tin idbab ensent. Les movtons sont d leur 

maitre. 

Manigh izdegh babnoulli ? Oil demeure le maitre ? 

Aouitabratan iflan;qel sers Porte celte leitre a un tel; 
adak ifk Ijouab, anourt aliends qu'il te donne la 

mdtelt (^jiarroud;. reponse, ne iarde pas. 



Vn. — fcN ROtTE 



Egg tarikt fouagmarinou. 
Aouid Agmar simi ongHoun. 



Ssoudou agmarennek ftou 

gh te gho urd i n bu . 
Achkid stamanou. 
Anbidd anhazem icnaren. 



i^a: 



lallah ansoudou. 
Man Ibab ranffough? 
Anfough zgh bab Ghmat. 
MeDcht oussan ntouada 

zghid g Telouet? ' 
Krad oussan ntouada. 
Manigh ranensaii^izouarn? 



Selle mon cheval. 

Am&iie le ckeval devant la 

tente. . / 

Tieng I'dtrier, 
Monte sur ton cheval et mar- 

che derriere moi. 
Viens a cote de moi. 
Arretons-nous pour sangler 

les ckevaux. 
Montons d chevaL 
Par quelle porte i&rtoni-nom? 
Notts sorlons par, Bab Ghmat. 
Combien de jours de route 

(ficid Telouet? 
Trots jours de route. 
Oil passerons-nous la pre- 

miire nuit? 



t3&-il:L.-.. 



DIALOGUES 



101 



ADoefis ghtamazirt n Tmes- 

fiouen. 
Annelkem ourta ighli l^lam 

(tizouarnin, louaqt ighli 

iSlem ntimezgida). 
is iga ougtiaras louda iieghd 

adrar ? 
Is irnqor ouasif neghd oho? 
Ulan ouaman ggoutnin gh 

ouasif (gh Tensift). 
laliah, anzger (annakotti ; 

asif ghlqandert. 
Agharas imoun douasif. 
Gbassad agharas ifouiki, our 

nermi. 

Ansounfoughldinadjghtouz- 
zoumt nezzitoun. 



Nous passerom la nuit au 
pays des Mesfioua. 

Nous arriverons avant midi 
[I'ouUi, Vheuredii Vonmonte 
k pavilion de la mosquie). 

he chemin esl-il en plaine ou 
en montagne? 

La riviere est-elle grande? 

11 y a beaucoup d'eau dans la 
riviere {Tensifi). 

Allons, passons la riviere sur 
le pont. 

Le chemin suit la riviere. 

Aujourd'hui le chemin est bon; 
nous ne sommes pas fati- 
gues. 

Reposons-nous a celle source 
dans les oliviers. 



Vm.- AU CAMP 



Lmakanad aghraneggoiiiz. 

Stiat Imakan ifoiilkin^magh 

aatkoumigitaD* 
Koumat tigousin, ilia oua- 

dou bezzef. 
Skerat iat targa iaougitoun 

hatin irailiounzar. 
Qnat (kerfat) igmaren ach- 

kou hatin ellant tigmarin 

ghoudouar. 
Iniioudssasairarldqelennes, 

hatin illan imakharen. 
Ilia ghi^ad ousemmid. 
Ider 0U(^fel ghoudrar. 

Aouiatiid afaou mas at Ra- 
legh, 



Nous allons camper en eel 

endroit. 
ChoisUsei tme bonne place 

pour fliOBter tei tentes^ -A 
Enfoncez bien Jes piguelSy il 

fait beaucoup de vent. 
Faites un fosse d la tente, 

void quHl va pleuvoir, 
Aitachez bien lei chevaux; car 

il y a desjuments au doitar. 

Dis au gardien d'etre d. I'ceilj 

ily a des voleurs. 
La nuit est froide. 
II tombe de la neige dam la 

montagne. 
Apportez-moi des couvertures 

pour me couvrir. 



- ■ % 



DIALOGUES 



103 



Illan itran ghigenouan. 
Iqqerreb addighli ouaiour. 
Ini imedden adfessan, ad 

agh adjin angen. 
Sebhsi (seas) tifaout. 
Azekka sb»]^ inchallah, snke- 

rii dl khamsa. 
Ourta iitsenkert, illef iagma- 

ren, tsnout Iqaoua. 



Ily a deg etoUes au del. 
La lune va bientot se lever. 
Dis aux hommes de se taire et 

de nous laisser dormir. 
Eteins la lumUre. 
Demain^ tu me riveilleras d 

cinq heures. 
Avant de me r^veiller, donne 

Vorge aux betes, prepare le 

cafd. 



iX. - LES TRAVAUX DiE XA TERBE- 



Mamenk attkhdatne^akal? 

i 

Mamenk atkerzem ? 
Afjiekkerz ^Ibahim douallou 
Uougoursa. 

Snat Ibahim arastinin tai- 

ouga. 
Argaz ariftou ghtighourdi- 

nensen iamzaoullou, arin- 

qed aderf. 
Manlouaqt atzrdm toumzin 

diirden ghdaroun ? 
ArntzrA toumzin diJrden 

ghikhf ounzar, asengar 

ghtighourdin ounz&r. 
Arpmeg^r ghessif. 
Arnekerrou ikheddamen(ar- 

ntamz ichoualen). 



Comment iravaUlez-vous la 

terre ? 
Comment labourez-vous ? 
Nous labowons avea k« bites, 

la chdrrue et le soc. ' 
Deux boeufs {deux betes) s'ap- 

pellent nne paire. 
L'homme marche derriere. II 

iient la charrue, trace le 

sillon. 
Quand semez-vous le ble et 

I'orge ckez vous? 
Nqus semonstorgeet lebleau 

commencement des pltiies^ 

le maU aprh les pluies. 
Nous moissonnons en ete. 
Nous louons {nous prenons) 

des travaiUeurs, 



DIALOaiTBS 



105 



Kraigatian arimegger sou 

semmaoudennes, arisker 

tadliouin, artentitlouah gh 

ouakal ghtighourdin ennes. 
Arskaren, imadaghen, arten 

tasin siiseknan, arten- 

taouin sounghar, argisent 

skaren taffa. 
Serroutenlent, zouzzerntent, 

chekchemtent stsrlin. 
Is tella kra neddour ralzen 

zam irden ghlmdint! 
Eih, arnthadoti: ghailli agh 

iqeddan, krad ichi^en 

nzenzt. 
Ar ntdmmer Ikhnachi, nasi- 

tent fiserdan, naouitent 

simdint. 



Ckacun moissonne &vec sa 

faucille, fait desgerbes, les 
, jette derrUre lui sur la 

terre. 
On en fait des las, qu'on em- 

porte, qu'on parte dans 

Vaire el dont on fait une 

meiile. 
On bat le bid, on le vanne, on 

le ventre dans des sillos. 
Vendez-vous quelquefois du 

bU d. la ville^ 
Ouij nom gardoni cequinous 

suffit, ce qui reste, nous le 

vendons. 
Nous rempHssons des sacs, 

710US les chargeons sur des. 

mulets, nous les portons a 

la ville. 



X. - HABITATION, TRAVAUX, PRO0UCTIOW8 
BU PAYS 



Manigh atzdaghera? 
Noukni n Ichelhain, our dar- 

nagh ikhiamen zound ir^-. 
. ben Ulikaren). 
Illan darnagh tcbour tti- 

goumma tiibnant sizran 

dijir dellouh. 
Ma igan choghl ennoun? 
Arntakhdem akal. 
Is tellakra ntagant ghdaroun? 
Lachjarennagh adgan azzar 

dellouz douargan. 
Our darnagh zzit bahra, 

oualaienni arntfidelargan. 

Noukni ein timiaren, iouf 
darnagh zzit. 



Oil kaltitez-vous {dam quoi),? 

Nous autres, Ckleuh, nous 
n'avons pas rfe tentescomme 
lesArabei. ._ . . 

Nous avons des villages el des 
maisons bdties en pierre, 
en ckaux et en bois. 

Quelles sont vos occupations ? 

Nous travaillons la terre. 

y a-t il des foreis chez vous? 

Nos arbres sont le figuier, 
I'amandier et I'arganier. 

Nous n'avons pas beaucoup 
d'oliviers, mats nous fai- 
sons de I'huile d'argan. 

Pour nous qui y sommes habi- 
tues, elle est meilleure que 
I'huile d' olive. 



DIALOGUES 



107 



Our darnagh oulli ggoutnin 

zound Sraben elii izda- 

ghen ghlouda. 
Ulan darnagh igouUfen ars- 

karen tamment. 
Magh atkhzanem argan dzit 

doudi ttament? 
Arteiitgga ghibouqal arteii 

nqten sliijin. 

Manigh attafam tisent ? 

Ghir gh Ida Ouisarn, 6llant 
gis touna argisent nta- 
goum aman . Artenntfi 
ghtferdin, arlazzalen oua- 
man, artgan tisent, achkou 
aman semmoumen bahra. 

Is ilia kra Imaden? 

lUan ttolba elli issen adghzin 
akal afin Imaden. 

Ulan darnagh Imaden ggout- 
nin, ennhas douzzal, tta- 
zoult dnqort. 

Ma igan Ifaidt ntazoult? 

Timgharin arsers Izoualent 
allenensent, a t f o u Ikint 
bahra. 

Ouchkand kra Iroumiin sta- 
mazirtennoun at siggilen 
Imaden ? 



Nous n'avons pas beaucoup 

de moutons comme les Ara- 

bes de la plaine. 
IVous avons des abeilles qui 

font du miel. 
Oh conservez-vous kuile, 

heurre, miel? 
Nous les meltons dans des 

vases que nous fermons avec 

deja pate. 
Oil trouvez-vous le sel? 
Chez les Ida Ouisern, ily a 

des putts oil nous puisons 

de t'eau. Nous la versons 

dans des bassins, I'eau 

coule, le sel Teste, parceque 

I'eau est tres salee. 
Y a-t-il des mines? 
II y a des tolba qui savenl 

creuser la terre et trouver 

des mines. 
Chez nous,il y a beaucoup de 

mines : de cuivre, fer, an- 

timoine et argent. 
A quoi sert Vantimoine? 
Les femmes s'en noircissent 

les yeux, pour etre plus 

jolies. 
Esl-il venu chez vous des 
etrangers pour ckercher des 

mines ? 



108 



MANUEL DE BEaBERE MAROGAIN 



Our joud ouchkin. 

Ghiiam n Moulay Abdel Aziz 

iouid Iqaid kra Iroumin 

Ingliz. 
Hatla noukai nga Ichel- 

hain, nzdagh gh dtjlir 

Marrakech. 



Jamais. 

Du tempi de M. Abd-el-Aziz, 
le caid a amen^ des An- 
glais. 

Nous aussi, nous sommes 
Chleuh, novs habitons le. 
Dyr de Marrakech. 



XI. - POUR ENGAGER UN SOLDAT 



Is tritatkhalleftdarnagh? 
Ma ismennek. 
Isminou Boujema. 
Mencht aiUan ghlameren- 

nek? 
Eniiigh dikhfinou achrin 

iseggouassen. 
Ou maniatgit? 
Ggigh outaroudant. 
KggighAglaou, Outgountaft. 
Ma igaii 4charennoun, Iqaid 

ennoun, adjarennoun? 
Nellaghoufous Iqaid Si Ima- 

dani Iglaoui. 
Mak idiouin sghid? 
Itla darek kra nimeddakoul 

ghUskerinou ? 



Tu veux t'engager? 
Commenl tappelles-tu? 
Je m'appelle Boujema. 
Quel age as-tu? 

Je crois avoir vingtans. 

D'oU eS'iu? 

Je suis de Taroudanl. 

Je suis Glaoui, Goundafi. 

Quel est Ion village, ton ca'id: 
quels sont vos voisins? 

IVous sommes sous le comman- 
dement du caid Glaoui, 

Qui fa amene ici? 

As-tu quelque camarade par- 
mi mes soldats? 



HO 



MANUEL DE BERBEBE MABOCAIN 



Aomar iga iouis ntamazirti- 

nou. 
Netta iga ^skri ifoulkin. 
Is tsent ait dares? 
Sneghten; tigemminnagh 

tama ntigemmiensen. 
Ma igan Ikhdeffiteauelc? 
Arkessagh 'OuUi . 
Is tgitelli iskri? 
Is jou teflit siharkt? 
High atkhelfegh sqouz ise 

gouassen. 
Is tsent maggik nra? 

Aggik tili tt^t nouidak ou- 
gcrnin; tkhdemt sennit 
ainna nra nsaf4ek seres. 



Atggalt ghlmoushaf ikarim. 
Altarat ismennek foufella 

ntaouriqtad. 
Ghikkad atgit dskri (hatin 

t git dskri). 
Adakfkan Iksout. 
Ilazmek atrart Uqel s Iha- 

ouaijennek, atenttsiritt 

atentsroust. 
Adouten. 
Ha Ikabout dessaroual dsnat 

Iqmaijj detterbouch, 



Abmar est de mon pays. 

C'est un bon soldat. 

Tu connais ses parents? 

Je les connais, notre maison 

est a cote de la leur. 
Quel eiait ton miiier? 
Je gardais les moutons. 
As-tu ^te soldat? 
As-tu^te rfefjd en colonne? 
Je neux m^ engager pour quatre 

ans. 
Tu sais ce que nous voutons 

de toi? 
Tu obeiras a ceux qui sont 

au-dessu's de toi, tu tra~ 

vailleras de bon cceur par- 

loul oil nous voudrons ten- 

voyer. 
Tu vasjurersur le Coran. 
Tu vas ecrire ton nom sur 

cettefeuille. 
Mainienant tu es soldat. 

On va te donner des e/fets. 

II faut prendre soin de tes 
effets, les lavery les net- 
toy er. 

Range -les. 

Void la veste, le pantalon, 
deux chemises, la Chechia, 



DIALOGUES 



HI 



dikourzia de^trabeq dssb- 

bat. 
Amz essemta magh teggat 

Iqortas. 
Amz Imoukhalt tsaia, dda 

our illin mastioufen ghed- 
' dounit. 
Zaid, moun dlmaounennek 

adakimel akhzan magh 

ratensat. 
Igh' illan darek itjariden, 

srouksten, adak our jloun 

negh tiakaren. 



la ceinture, les guetres, les 

souliers. 
Prends ce ceinturon pour y 

metire les cartouches. 
Prends le fusil 4886, le 

meilleur du monde. 

Va avec ton caporal {maoun) 
qui te montrera la tente oii 
vous coiichez. 

Si tu as de Vargent, cache-le ; 
qu'il ne salt perdu ni voU. 



AU GAADE-A-VOtJS 



Al ikhfennek. 

Askri arbedda ittal ikh>- 
febhes. 

Rzem ifaseneAnek. 

Rzem afous afasi. 

Rzem afous azelmatt. 

Zel ighilennek. 

Smoun iourzanennek. 

B(Jou (ferq) timech^in ni^a- 
renennek. 

Chekchem adis. 

Souffotfghidmarenennek. 
Temnad ghoualleninou. 
Aonr tiksat iat. 



Live la tHe. 

Le toldat Uve tot^ours la tete. 

Ouvre les mains. 
Ouvre la main droite. 
Ouvre la main gauche. 
Allonge le bras. 
Joins les talons. 
Ouvre la pointe des pieds. 

Jtentre le ventre. 
Sors la poitrine. 
Regarde dansmesyevx. 
N^aie pas peur. 



DIALOGUES U3 

Ilazem a bedda tlest Ul]ia- II faut toujours bien fha- 

biller et te ceinturer, asii- 
quertbs boutonSj brosser tes 
souliers avant de venir d 
Vexercice. 



zemt Ihazem ifoulkin, 

atsqaltldqad, atchiit ssba- 
tennek, ourta touchkit 
slharb. 



QUATRIEME PARTIE 



'uJ^ 



VOCABULAIRE 



abrar 


tachet^ [blanc et noir) 


abrid 


le chemin 


abaou, pi. ibaoun 


la feve 


abaghough, pi. iboughagh 


le renard 


abassa 


la verge 


abellou 


id. 


abenkal, pi. ibenkal 


le serpent 


aberra^ 


le crieur public 


abidar, p. ibidaren 


boiteux 


abouqa^, p. ibouqaden 


aveugle 


abouri 


le fusil 


abaqqal 


I'epicier 


achk 


venir 


achkou 


parce que 


achaqour 


la hache 


ach, ouach, tach 


— de malheur 


(ouach ioughial) 


[bourriquot de malheur) 


acheddad 


la rezza [turban) 



116 



MANUEL DB BERBEfiE MAROCA'IN 



achefTaj 
achouari 

adrar, pi. idraren 
&4a4, pi- idoudan 
ad is 
at^il 
a^ou 

a4&r, p. idaren 
(ast Idarennek) 
adj 

adjar, pi. adjaren 
aden 
adif 

adiouani 

adouar, pi. idouarcn 
a4ou 

a^erf, pi. i^erfan 
. adougig 

a^akou, pi. i^oukan 
adouab 
adou, ioudaii 
ailligh 
af (our ioufi] 
afa 
afad 

afrjukh, pi. iferkhan 
(afroukh a liini) 
afarnou (eg aferran) 
afella^ 
afqir 
afoud, pi. Ifadden 



le marchand de beignets 

le chouari {sac) 

la montagne 

le doigt 

le ventre. 

le raisin 

le vent 

le pied 

[sauve-toi) 

laiiser 

le voisin 

elre matade 

la moelle 

rus4^ fin 

le village 

ranger, plier 

le sillon r 

V4iincelle 

la chaussure 

le portier 

suf/ire, il me suffit 

jmqu'd ce que 

trouvef 

le sommety la colline 

pour que , 

I'enfant 

le palmier mdle 

le four 

le paysan 

vieux 

le genou 



VOCABULAIRE 


afouiki 


la beauU 


afaou 


le manteau 


afaggou 


id. 


afassi 


d. droite 


afella 


s^r 


afellou 


rattelage d'une bete 


afouUous 


le coq 


agoum 


puiser de Veau 


aga, pi. agaten 


le seau 


agadir, pi. igoudar 


la forteresse 


agmar, pi. iisan 


le cheval 


agellid, p. igeldan 


le sultan 


agitoun, p. igitan 


la iente 


agfJrour 


la pougsiere 


agelzim 


la pioche 


aggou, aouou 


la fumee 


agdid, p. igdad 


Foiseaii 


ager, p. igran 


le champ 


agou 


le milieu 


agerjoum 


la gorge 


agourram, pi. i-en 


le marabout 


agaiou, p. igouia 


la tele 


agour 


surpasser 


agoui 


ne pas vouloir 


agoul 


suspendre 


(iouglast ghoumgerd) 


[il lui suspendit au cou] 


ags (f. s siagas, f. pas. tiagas) 


devenir blessd 


agoug 


s'^loigner 


(iaggoug) 


[loin] 


agezzar, pi, i~en 


le boucher 


agertil, pi. i— al 


la natte 



il7 



118 



MANUEL DE BBRBKRE MAR'OCAIN 



agoudi 

agoulif, pi. i— afen 

ago ul mini 

agh 

(mak iaghen) 

aghioul, p. ighial 

agharas 

aghroum 

aghbal 

aghanim 

aghenja 

aghrouch 

(chghrch) 

aghoulid 

agherda, p. i— ain 

aghou 

a^ddoua 

a^anou, p. i— a 

ahchouch 

ahal 

ahabib 

aloiouli 

ahouach 

a^idous 

aj^allas 

akbJ^una 

akheddam,pl. i— en 

akhebbaz 

akherraz 

aidi pi. iidan 

ait 



le tas 

I'abeille 

V^iang 

prendre, arriver 

[qu'as-tu ?) ' 

Vane 

le chemin 

le pain 

la source 

le roseau 

la cuiller 

le baton 

[donner des coups) 

les rockers elev^s 

le rat 

le petit lait 

le burnous 

la ckambre 

la cabane 

etre ennuyd, en colore 

Vami 

le mouton 

fetes de danses ei de chants 
alternis 

bdt marocain 

I'anus 

Vouvrier 

le boulanger 

le cordonnier 

le chien 

les enfants de . 



wm 4w:f?'^i^^'^^-- ■---'■• - J 


'■■"_-?-'vJ<'''-'-'.'"'r:''"- -'"'*!" '"■-.;" ■ ,"'""■-'■ j 


% aida 




la propriiU, lei biens 


aitma, pi. aitmaten 


les fr^res 


aiis 


le ckeval 


aioua 


allons ! 


aiour 


la Inne 


ail fh. aritailai 


voter 


aiJid 


V outre A eau 


ajerrai 


te mokhazni 


ajar if 


le djorf^ le rocker Meve 


ajoaai 


le chiffon 


ajeflabi 


la djellaba 


ai>bukir 


le btmc ' 


azar 


ie figider 


iisX 


, le garpon, Venfant 


^dou 


V&nnemi 


dskri 


le soldo t 


azri 


lejeune komme 


alkagh 


Vagneau 


ajdd 


le poulain 


abdden 


jamaU, toujours 


ainna 


ce que 


asouan 


I'oiseau de proie, vautour 


akhdad 


la lueur, V6clair 


achbar 


la tranch^e 


akhzan 


la tenie 


alili 


le laurier rose 


akal 


la ierre 


akka 


f. h. deikdonner 


akerkour 


le rocker 


akroum 


le dos 


akourai 


-' ,. U baton 



it^ 



120 



MANUEL DE BSHB^RE HAROGAIN 



akSui 


sauter 


aqendar 


le quintal 


aksoum 


la viande 


akchou^ 


le bois 


akour 


voler [voleur] 


aqqa, p. aqqain 


le' noyau 


aqqa 


d^signe quelquefois Vvnitd 




cei'tains fruiU 


(iaii oaaqqK ntiini) 


{unidatie) 


aqt^ 


brigand, coupeur de route 


alien, sing, tit 


les yeux 


al, f. h tal 


lever 


(altid zgh tsrait) 


[sors-'le du silo) 


alia 


pleurer 


alim 


la paille 


allat 


'- Dieu 


aqfai 


le fait J 


ftqreb 


la sacocke 


akabar 


la caravane 


akentour 


le baeuf 


amezgour 


le mats 


amzzough, pi. imezgan 


I'oreille 


alghoum 


le chameau 


amghar 


le chef de village 


aman 


Veau 


ameddakoul 


le camarade 


amennai 


le cavalier 


am^a^ar 


Vetudiant 


amiidour 


le fou 


amghourd 


le pdturage 


ammas 


le milieu 



amanagh 
amar 
amr 

amkhazni 
amakar 
ameksa 
amarg 
amadagh 
araziiar, pi. i— en 
amzouq 
am^asad 

amadel, pi. imou^al 
amaoual 
amadir 

amtta, p. i— oua 
amdiou 
amejjoud 
amoud 
amazir 
ameddouz 
amatjioun 
• amgerd 
amalou 
ammen 
ameghdar 
amia 
amz 

amezouarou 
anou, pi. ouna 
anaou 
anrar 



VOCABULAIJltf 

r^ioile 

excepU 

ordonner 

le mokkazni 

le voleur 

le berger 

la chanson, le regret 

la meule 

le pHerin 

V exile 

le moissonneur 

la colline 

la course de chevavx 

le chien de fusil 

la larme 

le brouillard 

le ieigneux 

la semence 

le fumier 

le tas de fumier 

le malade 

le cou 

I' ombre 

croire 

traitre 

rien du tout 

prendre, saisir 

premier 

le puits 

la barque 

raire{AbaUre'. 



121 



122 



MANUEL DE BERBERB HAROGAIN 



anebgi 

anejdam 

anfour, pi. infouren 

anouach 

anzar 

anejjar 

aoui 

aaual 

(sadual) 

aouddi 

aour 

aoun 

aourz, pi. iourzan 

aok 

adug 

aoutil 

arg&z, pi. irgazen 

argelioun 

ar 

ar (ouar, tar) 

(ouarlaman) 

ara, f. h tara 

arouah 

ara 

argan 

arraou 

arou 

ars, f. h. tars 

arakou, pi. iroukoutcn 

aroumi 

arem 



Vhote 

le Upreux 

id l^vre 

le mickant, Venmeutc 

la pluie 

le memdsier 

apporter 

la parole 

[parter, commander) 

mon cher, mon Dieu 

negation pricidee de a 

monter {un ckemin) 

le talon 

tout, completement 

se pencher pour voir 

le lievre 

I'homme 

leg cils 

jusqii'a 

{qui ne poss&de rien) 

sans confiance 

icrire 

viens 

ici, apporte ! ' .. 

Varganier 

les en f ants 

cr^er, produire 

halayer 

I'ustensile 

le Chretien 

gouter, eprouver 





TOCABULAIBB 


arg 


la plaine, la vallee 


areqqas 


le messager 


arejii 


le fantassin 


aserdoun 


le mulei 


asif, pi. isaffen 


la riviere 


ass, pi. oussan 


le jour 


asakoui 


le gui 


asegouass 


I'anniie 


askaou, pi. askioun 


la come 


asarag 


la cour intdrieure 


asemg, pi. i— an 


Vesdave negre 


asengar 


le mats 


asatem 


la fenetre 


asemmid 


le froid 


asemmaoud 


la fauHlle 


asghar 


I'lierbe, le bois, Carbre 


askif 


la bouillie 


asafer 


le remede 


aslem 


le poisson 


as 


attacker, croiser 


asoulil 


les hauls rockers 


askoums 


le sacket (d balles) 


asgers 


la musette mangeoire 


asaoun 


la montee 


asi 


prendre 


asif; 


la riviere 


atai 


le the 


(is inoua atai ?) 


[le the esl~il pret?) 


atf 


plumer 


atig 


le prix, le salaire 


Atiggi 


le Mtouggi 



123 



m 



MANUEL DE BERBERE HAROCAIN 



atebbakb 


le cuinnier 


atbib 


le midecin j 


atbir 


le pigeon 


atfel 


la neige 


azrou 


. la pierre 


azeljna^ 


d gauche 


azzour, azghour, pi. izzouran 


la veine, te^nerf 


itz^kka'-^ 


demain 


%t&x 


lef cketeux 


azemz 


le tumps, le d4la% 


azgar 


le bceuf 


azour 


le toil, la ierrasse 


azalim 


les oignom 


azenkoud 


la gazelle 


azerg 


le moulin 


azaghar _^ 


laplame 


azoum 


dpoirTdge tfkomTRe^eUmr^ 


azeggotiar 


le jujubier sauvage 


azeggouagh 


rouge 


azzal 


le fer 


azzel 


courir, couler 


azou 


dipouiller 


azetta 


le metier d tisser 


azen 


envoyer 


azenzar 


le rayon de soleil, le iUon de 




feu 


azemmour 


rolivier sauvage 



m.. 



■■*••■**-. V— r 






iflS: 



^•^^^ 



B 



bahra 

baba 

bab 



barra 

bas 

bather 

brrem 

b^el 

berr 

bidd 

btks 

ben, bent 

bou, p], idbou 

boumo|iammed 

b^u tigra 

bou tagant 

boa tnacfa 

beddft 

b4oU, th. attou 

bdou, T, h. attou 

bder 

bou ssbib 



beaucoup 

le pire 

le maitre, Vhomme d 

la porte 

d Cinstant - 

le Malheur 

surveiller 

tourner, retoumer 

changer 

le pays, la terre 

elre debout 

se ceindre, se preparer d 

fih.fille 

Vhomme d . 

le h^risson 

la tortue 

le tanglier 

le fusil d 4S coups 

toujours 

s^parei' 

commencer 

raconter 

le cheval 



•; ".f 



126 



MAN'tTSL DE BEHB^RE HAROCAIN 



bla 


sans 


bismillah 


au nom de Dxeu 


bou chfar 


le fusil d pierre 


bou habba 


le fusil A capsule 


hepadem 


I'homme 


bab igenouan 


le maitre des cieux [Dieu] 


bQrral;^ 


annoncer 


bn«a 


firfiir 


belt«gh 


faire parvenii^ 


boulharez ' 


le porte-amuieUe 


bi^ 


saluer 


biin, f. s. sbiin 


apparaitre 


bqa 


' Tester 


ben cbegra 


la couveriwe de laine 


blou 


s se passer, faner, tdeillir 


bzeg ' 


gonfkv 


boarchoum 


qui porie des mmrgues ■ 


bddeq 


faire une r^^rence 


boughlou 


elre 4panoui 


bcher 


porter une nouvelle 


bgou 


percer 


hni 


blanchir 


bbi 


couper 



VOCABULAIRE 



127 



a 


avec 


daieb 


demander 


ddou 


aller 


dar 


chez 


4gr- 


tomber 


dar 


eire en vie 


dhar 


paraitre 


dagh 


encore 


del 


couvrir 


doub 


foudre 


ddhab 


I'or 


aia 


prier, sonhaiter 


dddout, pi. ddouii 


le v(BU 


dikouk 


Ic covcou 


dlou 


devenir noir 


dmen 


rdpondre pour 


ddhar 


le dos 


doula 


etre m^prisable, bas 


(Jarre f 


etre joli 


dber 


blesser (par frottement) 


dhach 


defaillir 


ddellah 


la pasieque 


dim 


opprimer 


drous 


etre peu nombreux 



' >--^^-S'j>^3ryv- "'^'■j^ 



128 



MANUEL DE BERBERS MAROCAIN 



44ou 




tons 


doughri 


' 


de suite 


dous 




elre hon, sain 


dd6m 




plonger 


4ouf 




. regarder^ veiller 


ddounit 




le_ monde 


ddeblij 




le bracelet 


ddenb, pi. 


ddnoab 


le pich4 



ftou 

ffou 

fTough 

fk,f.h.akka 

fgl 

ferreg 

foukkou 

fellet 

foulki 

fouonj 

fasel 

fis 

ferd 

faq 

f4er 

fa44el 

fgrg {afrag) 

f&ra^ 



aller 

passer [le temps) 

sortir 

dormer 

taisser 

siparer 

delivrer, sauver de 

taisser echapper 

etrebeau 

rafraichxTy etre d raise 

convenir, arranger 

se taire 

metire un impot 

s'apercevoir, remarquer 

prendre le repas du matin 

faire une faveur 

entourer d'une haie 

se r^jouir 



yocA.BtjtxrRa' ■ 



i^9 



■; - fout " 

■ . flan(ta) 
ftird 

'. • fsser 

/ m 

fsi, t s. -sefsi 



perdre {parfum, argent, 
^ beauty) 

un tel, une telle 

paitre 

expliquer, commenter 

verser ^ 

fondre 

mepriser 



egg 

ger 

goilmmer 

galla 

ggoiiiz, f. s.zougz 

ggaour 

gelleb 

geddam 

gadda, f. s. sgadda 

gro«, igou rasen aok 

gabel 

gnou, f. h. ginou 

gzi 

gen, f. h. ggan 

gotimi 

ger 

ggout 



etre, devenir, mettre 

saisir, atteindre 

chasser 

jvrer 

descendre, camper 

s'asseoir 

retourner 

devant -■ 

etre dgal, dgaliser 

rester en arri^re 

veiller sur 

coudre 

[aire une incision 

dormir 

epeler 

Jeter, tramer [^ioffe) 

etre nombreux 



9 



'I;- ^.^3^1 



130 



MANUEL DB, BERBERS HAitOCAIH 



gammr 

gzoul 

gma, tagma 
gii" 



ne pas pouvmr 

etre petit, cou^t 

frere 

qui ne vaut Hen 



Gh 



ghar, f. h. qra 


lire, appeler 


gh 


de, dans 


ghir 


exceple, sauf 


ghars, f. h. qars 


egorger 


ghib 


s'absenter 


ghouad (n) 


Celui-cif (elui-lA 


ghouid (ft) _' -; 


ceuse^i, ceux-lA ' , 


gh^Ier : 


■irOWp^ ^-^^^v'; . 


ghber 


se perdre, s'ehfoncer ious terfe 


ghoui 


attraper 


ghal 


penser, croire que 


gUakoudan 


en ce temps-la 


ghikelli 


de meme que 


gfarimkan (d) 


de meme — 


glilQu, ighdula 


etre cher - 


ghzif, ighzzif 


itr6 iong 


ghaz, f. h. qaz 


creuser ' 


ghacha, f. h. tghacha 


defaillir 


ghli 


monterj s'elever 


ghreq 


faire naufrage 


ghid (n) 


ici, Id ' ■■ - 


£hleb 


vaincre, Mpasser ' 



ghassad (n) 

ghik, ghikka, ghila (n 

ghmou 

gherrou 

gher 

ghfer 



VOCABULAIRE 

aujourd'hui, ce jour-ld 
maintenant 
peindre, tatouer 
tromper, abuser 
courir sur 
pardonner 



131 



H 



ha, hat, hati 


void 


harka 


paviir en campatjne 


henna, f. s. shanna 


, f. h. tranquilliser 


Ihanna 




^rm 


dtifcndu^ peche 


^larg 


bruler 


hououl 


fatiguer par exces de 


hazzem 


se ceindre, se preparer 


hader 


se trouver, etre present 


hasel 


t'tre pi'is, allrape 


hadou 


conserver, cac/ier 


henakan 


completement 


hetlou 


[aire present 


hakk! 


Hens ! 


hakem 


commander 


haoud 


descend re 


hamou 


t'tre chaud 


hadach 


onze 



132 



MANUEL DE ^ERBERE MABOCAIN 



harrou, t^arran ' 


etne amer 


haourroud 


se premier 


^ouz 


pousser, presser 


j^aqqan 


peut-etre que 


haoujjou 


faire le pHerinag^ 


^aseb 


compter 


^^u>hem 


avoir honte 


^nusson s 


^couter^^pier 


hainmou 


cqfiser dit touci 


liataj 


avoir besoin de 



Kh 



khouia 

khser, f. s. sekhser 

khtad (n) 

khtid (n) 

khotlla, ikhottia ' 

kha 

khas 

khelf 

khalt 
khssa 
kbaled 
khal, khalt ^ 
khn, mskhfl 



mon fr^re 
gdter 

celle-ci, celle-ld . ' 

celleS'Ci, celles-ld ■■ 

etre demolij d4vast4y fou ■ 
laisser - 
laisie-le 

remplacer, pouis&r.denomeau 
farbres) _ . ^ -. 

se renfiontrer, se joindre 
manguer 
connaitre, savoir 
I'oncle, l«L lante maternelle . 
eacker, diguiii 



,-,. ■;.'_■■; ,■,'"' 


V:C(4A«teXA|»*" .,: - 


kha^er 


essayer, choitir 


khoua 


etre vide 


khasem 


se dispuler 


khdem 


Iravailler 


khizzou 


les carottes 



i^a 



ini, f. h. tini 

ighd 

ird, irden 

ili 

imensi 

imekli 

iak? 

igh, ighd 

imi 

ikhf 

inna 

igellin 

illi 

ioui 

is, izd 

imich 

ikkatin 

inighi 



dire, parler 

la cendre 

le ble 

Hre, exisler 

(e repas du soir 

le repas du matin 

n^est-ce pas? 

si 

-la bouche, la parte 

sur 

la tete 

la mere 

malheureuXj pauvre 

la fille 

te fits 

est-ce que? 

la pierre a fusil 

il y avail 

le meurtre 



.Vr\:' 



13i 



MANUEL DB BBKBBRB MAROCArN 



itlammen 


le sang 


its 


le sommeil • 


imik 


un peu 


ilipui 


les boyattx 


iqarrden 


I'argent 


i4, pi. a4an; ghidad, adgam 


la nuit 


igii 


entourer, borner 


i^ma , 


mats, quant & 


ilmma 


eruuite^ 


izem 


fc lion - 


ian, iat 


«n, une, quelqu'un 


ifri, pi. ifran 


le iron, la caverns 


ikoutin 


peut-etre 


ijanuen 


les vents 


igider 


faigle, I'oiseau de proie 


izri 


le regard 


igidi i, 


le iAhl» ■ '/ .- ; 


ifer, pi. iffaouen 


' M feuiUe^ ",-.;, 


ill 


possMer, ipomer 


ighil 


le bras, la coud4e 


iboughlan 


epanoui, qui pousse en abon- 




dance 


igigil 


I'orphelin 


iqand 


it favt 


irifl 


la soif - , . - 


iki^uo 


le caroubier 


iljiorran 


amer, piquant 


istma ^ 


les sceurs 


ism 


le nom 


igenna 


le ciel 


Uri igherrar 


Vitoile dii matin 





VOCABUtAIRfi 135 


iltn 


la peau ^ 


iggoifran 


le dernier 


iziker 


la cdrde [surnom des Arabes 




cbez les Chleuh) 


ismeqqar 


au moins^ meme 


ia latif 


grand Dieu! 


imil 


ensuite, or 


imim 


etre doux 


ibiis 


le diablc 


ifts 


I'hyhie 


iger 


le champ 


igherdem 


le scorpion 


izimmer 


le mouton 


imghil 


la queue 


imkil 


Vecuellc en terre 


ichouan 


beau 


imched 


le rayon de miel 


imalass 


dans hull jours 


imalasegouass 


dans un an 


ighir 


Vepaule 


jggig 


le tonnerre 


igjcier 


le lizard 


iad, ouaiqd, taiad 


autre 


id, ida 


les gens 


ioukhchen 


meckant, mauvais 


idoulan 


les beaux-parents 


imendi 


le grain 


ikhs 


I'os, la fraction de tribu 


ibrin 


la semoule 


ilf, pi. iifan 


le cochon 


ils 


la langue 



136 



MANUEL DE, BBRftifiE i«ARO<;At^*^ '> J^"^ -^ '^'^^ 



.isk, pi. askioun 
iqoalian 



la come 
la iuie 



i:'^ 



jloa , 

jjaj 
jerreb 
iji 
jou, ji 



jder 

jja 

jedda, i 
ijated 
jjmil 



:r^- 



porier, nvaU$er 



■■M 



«-- Vw --^■^ j^gftt 



phrdre, se perdre 
le verre 

dprouver •■ 

devenir groSy bien portant 
jarnais 

■ k'^iner derriire soi 
■"_^?k<^ ■rfe'feei'J^^":., '-^i^^A^, 
la (aim ' 
bruler 

avoir bonne odeur 
la grand'm&rej le graad-pH'e 
Id force ^ 
le bienfaii, , 



■-■■f 



,"f- 



^4- 



kchmb 
If, vkii, kemmi 

">>v:--kk , 



entrer 

toi 

aller 



- 


VOGAgULAIRE ^^ 


manidi tekkit? 


oil as-tu H^? ■ 


ekkighd Fas 


fai M a Fez 


k6l ' 


passer lajournee 


kra 


quelqu'iin, quelque chose 


kcminet 


completer 


kis 


arracher 


koiitoa 


se rappeler 


ioiikti fellas 


it y pense 


ksa 


paitre, (aire pailre 


kerz 


labourer 


ksoud 


avoir peur 


ktui 


trots 


koul 


tout 


kraigat 


chacun [e) 


kada 


heaucoup 


kron 


louer (line maison) 


kaBer 


senorgueilHr 


kerjhou 


de tester 


kellef 


' charger de 


kend 


dSse$p4rer de, m^riser 


kerf 


attacker 


touioukraf 


attach^ 


koum 


monter vne tente, enfoncer 



Q 



qen 

qel, f. h. tqal. 



fermer, porter {un vetemeiit, 

un bijou 
attendre 



i38 



maniTel dk berbehe harogain 



. .qii 


nevenir snr un mAtrhi 


■ - qda 


couper [les routes) 


-'., qerreb 


approcher 


;'. 'qerre& 


surr>eiller 


qecr 


elre ilroit, 4par^ner . - 


qqfiu 


4vit€r 


'■ qqor (rfe ghor) 


K seeker, etre sec_^ '-. . 


>. 'gofiU 


devenir jioir 


; ;q4a 


terminer I arriver d 6o«( de 


qabel 


regarder,i stirvHlier 


"^ qatlda 


suffire 


;, qelleq . 


etre ^u, trouble 


; qbel 


accepter 


qdim 


etre vieux 




' ' 


Wi^-..^.-K^ ■.:.:/ 


:/-'\' / ,':■-■:'■ , ■ ■ 



laz 




la [aim 


Irezg, pi. 


larzaq 


le cadeau, les moyefis de vivre 


Ibit 




la ekambre - 


Haqout 




le diamant 


Ihajj 




le p^leririf le pHerimg^X / . 


lalla 




madamey la maitresse 


Udel 




le notaire 


lamant 




le d^pdt 


ladian 




les religion»^ "' 


l^had 




le sei'ment , . 


Iqist ■ 




I'hisioire 



'<•■ 





VOGABOLAIRE 


loh 


Jeter 


Ihenim 


le chagrin, le mal 


Is 


etre hahilU 


Ikabab 


brocheites roties 


Ibaz 


le faucon 


Ijid, pi. Ijouad 


le noble, le (jrand 


Ijahii 


le sawmge, ignorant 


Ijmil 


la faveur 


l^ouin 


les provisions de route 


Ikhla 


le dSsert, la solitude 


Ifchouf 


id. 


Ikem, f. s. selkem 


arriver 


Ikarit 


le papier 


louqat 


V affaire 


Ikiber 


Vorgueil 


Imal 


Vavgent, les hiens 


Ikhber 


la nouvelle ■ 


Imecbrob 


le vase {a boire)' 


likhert . 


Vautre monde 


I^in . 


, la source 


latert 


la trace 


Imdint 


la ville, le cimelUre 


Ikhalq, qqf. Ihaieq 


la creature 


Imouda 


Vendroit 


Ifaide 


bref, en somme, or 


i^asil 


id. 


Iraelf 


le drap 


louzir 


le minislre 


Imakla 


le repas 


liamart (timitar) 


le signe, I'indice 


Iha 


(aire, s'adonner a 



13». 



140 



MANUEL DE BERBEftB WAROCAIBT 



Iflous 


Vargent 


Ifdour 


le dejeuner 


Ihakem, pi. lljokkam 


le chef 


-Iddou 


Vennemi 


Iddaoua 


la haine 


Imahalt 


la colonne, la mehalla 


Ujaj 


le tourbillon de pouisUre 


tharecid 


, la poudre, la guerre 


Ifa^eU _ - 


_ I'arrdnge^nt , 


Imfasel 


V articulation 


Ikhalifa 


le remplagant 


lab 


manguer, ne pas avoir 


lajel 


le ddai 


I^rf, pi. Idrouf 


la science, les ruses 


Ikhir 


le bien 


Ur 


le mo/, la honte- ' 


Imelk , , 


■letien,' la pr/ypri^^- ■ ,, 


fmalek, pi. Imalaika 


Vange 


Ifahitn 


intelligent 


laman 


la confiance, le pardon 


IBari 


le Createur 


Ikrim 


le g^mireua: 


Ijamid 


la totality, tous 


tdi 


tirer, retirer 


Ijenn, pi. Ijnoun 


I'esprif 


Ijennt 


le paradis 


IJahim, Ijahinnama, 


Venfer 


lins 


I'homme, le genre humain 


Ibati* 


la mer 


Iqsbt 


la kasbah 


Ifrisa 


la charogne 





VaCABtJLAlRE 141 


ioul, elloulegh 


naiite 


llouh 


la poutre 


Iberr - 


la ierre ferme' 


Imdllem 


le maitre ouvrier 


Imldlletn 


rapprenii 


Ifrida 


la corvee, Vimpot 


louqida 


I'aUumctie 


larit 


le feu 


loualhid 


le Dieu unique 


louard 


la rose 


laualidiB 


les parents 


lharb, pi. Il^roub 


I'exercice, la guerre, la ruse 


Htdoab 


le mensonge 


Ibahout 


id. 


Ibahim 


les betes 


Ifibar 


la mesure 


ighoumd 


le fourreau, I'enveloppe 


Ib^rt 


la rus^e, la cHrie 


l^^d, pL"Et^ad«ud 


la limite' , 


Ihag 


rejoindre 


Ikafer 


Vinfidele 


Iqoubba 


le tombeau d'un saint, I 




grande piece voutee 


iqoiiba' 


ferme en voute 


Ihamd 


le citron 


Ihamd 


la louange 


lahalas 


le bat 


Iharr 


la souffrance 


louou 


se disloquer, detendre 


ittouloua Ihazem 


la sangle est desserree 


lazem 


il faut 



142 



MANUEL DE BERBJ^RE HAROCAIN 



Bid 


la fete 


llizar 


le vxnle 


Idoilad, f<6ni. tdoiiaJt 


le joueur de flute 


Imouhaibba, 


Vamita 


Ifjer 


le point du jour 


Ibabour 


le bateau d vapeur 


tqaid 


le eaid, le ckef 


Utoi^rt 


le pays habilS . 


Ilm*rt 


le^coup^e feu 


IkalSous 


le revolver , ^ 


Imahakma 


la chambre de justice 


Ifdel 


la bonle 


Imagltzeii 


le gouvernement 


Ig->ui- 


le camp 


Ihediia 


le present, le cadeau 


httri ' . 


te mtroir, la Innette 


llt^ij^ 


larectuniyi^^feiMigt '. 


Igergi 


les noix 


Jkas, pi. Ikisan 


le verre 


Iberrad 


la iheiere 


ImokhraJ 


la bouilloire 


Izreg 


le cheval gris 


Idb . 


jouer, plaisanter 


Imcnzah 


le pavilion 


Ihemz 


ieperon 


Iham 


souder 


Ikhater 


le cceur, le ddsir 


ihari - * ' 


le magasin 


Imoughaib , 


I' Stranger 


I^abs ... 


la prison 


lljammam 


I'etuve, le bain 






VOGASULAIilE 



113 



lou^a , 
ImfLden 
U^ab 
lahiarir 

Imijt 

Imout 

Ighdai<l 

Ihasifa 

louaqt 

loufa (soufou) 

lalm 

louigh, leggouigli 

Ihailt 

sihailt 

Imoudden 

Idoult 

Imarsa, pi. Imrasi 

Iklata, pi. Iklait 



la plaiiie 

la nmie 

la punition [Venfer) 

la sole 

(e mort 

la mort 

la colerc 

la culcre, la vewjeance 

le moment 

la realisation {accompUr) 

la science 

s'amollir, etre mou 

la ruse 

doitcemenl, avec ruse 

le muezzin 

les vicres 

le port 

le fusil 



M 



mt'l 

mgher, f. h. mqqor 

ouilli mqornin 

mia, mitin 

mzzi 

mqar 

moua 



montrer 
grandir 
les grands 
cent, deux cents 
etre petit 
meme si 
accompagner 



iU 



HAMU£L DE BERBERE MAClOCAlN 



mani ? 

medden 

mammi 

mnad 

mamek ? 

moulana 

mdi 

.E0I1& ',. 

meskin. 
pared, mra 
mra oufigh 
mater 
mencht? 

msad, f. s. semsad 
' mger 

matel, imbutel 
aias, moussou,f.s. smoti^sou 
moiitli 
mnaggar 
Imouggar 
mitqal 
mouddou 
machekmak? 
makhcbai 
ma 

merret 
marhaba" 
mmagh 
mghi 
mers 



ks gens .''.,- 

& gui ? ' ' 

regarder •' \. ■ 

comment 

Dieu {noire seigneur) 

aiiendre guelqu'unt p^seiHer- - 

4tre difendu v, '-, 

»i ' ■ 

je voudrais bien 
roder, mendier : 

combien? - ' . ' •., 

eire aiguise . ^' 

moissonner, faucher 
t'aUarder ^ 

changer de place ... 

se rencontrer 
Vassemblee 
le metqal 

voyager , ' -j- 

quHmpdrte ~ ' V 

il faut que _ ' ■ ^■ 

la mere " ; 

tourmenter, 

bienvenue - * 

se battre ' 

croitre, pousser ' : 

conduire avec une corde {itn^\. 
chien) . , ^; 







mw^^^^r'}''^'3 


mraott 




dix 


'm4€l 




enterrer 


miar 


- 


etre habitu4 


messous 




Hre fade 


mafaman, 


arittaf aman 


le chercheur de sources 


miil 




^quilibrer {un chargement) 


mioul 




Hre blanc 


tnch^^ 




peigner, carder la laine 



N 



n^, f. h. nqqa, f. s. sengh 
ns, f. s. sens 

nker 


tuer, blester 

dormir, passer la nuil, s'^tein- 

■dre; h^bexger, ^leindre 
se lever 




lux, elle 

mot ■ . 


noua, f. ii. n^ggoua,f. 8. se- 


cuire, murir; (aire ctdre, pr^^ 


notia _ 
n^gh (d) 
anotiss 


parer 

ou bien 
la moitU 


njem, f. s. jenjem 
n^em 

sn^em 


^chopper, se sauver ; ddivrer 
regretteVj [aire des vers 
aitrister 


nger „ 

ngara, f. s. sngara 


entre 

se s^parer 

maudire 


nnzala 


le lieu de campement 




10 



i4'6 MANUEL D^E BBRB^KB MAROCAIN 

noutni, noutenti eux, elles 

noukni nous 

°Si grossir {fleuve) 

singi d^border 

nfed accorder 

nqb percer 

nnza^t la fete 

nker nwf 

**" dScrir'ej dipeindre 



rgha, f. s. sregh 


Hre ckaud 


,f. h. reqqa 
rbktj f. s. srba^ 
Rabbi 


allumer 

gagner 
Dieu 


rrza 
terrza 


casser 
etre ca8s4 


s^l, f. s. sraj^tftl 

ri ira, our iri 

rrial, tarrialt, pi. tarrialen 

rham, irham Rabbi 

i^ou (s) 

roul, f. s. sroul 


d^camper; (aire partir 

vouloir, aimer 

le douro 

sauver, garder, avoir piti4 

Hre content de, aimet 

s'enfmr 


rsi, f. s. sersi 
adsersough tigousin 


enfoncer 
fenfonce les piquets 


rrja 


Vespoir 





VOCABULAIRE 1*7 


irrja serek 


il espdre en tot 


rmi 


etre faiigui 


rrol? 


la vie, Vesprit 


rgel 


fermer 


rouat, arouah 


viens 


rzem 


ouvrir 


rar 


rendre, remetire, commeltre 


rrbi^ 


le printemps, therbe 


rouas 


egaler, ressembler a 


rreqba, amgerd 


le cou 


rrai 


Vopinion, les conseils 


atgit serraiinou 


tu seras de mon avis 


rouLOu 


etre bon, bien, (aire du bien 


iroua ousafo'ad 


ce remede est bon 


rta 


compatir, avoir souci de 


rgem 


ie moquer de, insulter 


rrdi 


la Hvre 


rrais 


le chef, le chanteur 


rrbSi 


le quart 


rkhs 


etre bon marchi . , 


ikhsa ghouad 


ceci est bon marchd 


rrkab 


VMrier 


rrsas 


le plomb, la balle 


rrezza 


le turban 



148 MANUEL DB BBftB^RB MAROCAIN 



seksou . , 


le couscousg 


ndtper ;^ 


_ comparaitre devanl, j^eno-, 


- - ..; 


parfer d 


sers 


poser, apporter 


sker 


faire, preparer 


ssba^ 


le matin 


s^n, f. b.'ssan 


samir 


s 


d 


sgh 


acheier 


safer (moaddoa) u-i:4- 


vo;gager 


seqsa ■■■•^■:-- 


interroger - - 


sdoqqor 


frapper d la parte 


ssouq, pi. lasouaq 


le marche 


souq 


alter au marcM 


saoual, f. s. de aoual 


parler 


sekhsi 


iteindre {feu, lumUre) 


sfou, isfan 


4tre pur, clair ; 


sfaou 


iclairer 


ssabal 


la cause, la raison 


9S0ukar 


le Sucre 


sin, f. snat 


deux 


ssou 


boire, etre irrigu^ 


tissi 


la gorg4e 


soadou 


monter d cheval 







VOCABOLAIRE 1*9 


Bdiat 




pardonner 


sseid, pi. 


ssadat 


le marabout 


souttel 




eniourer, cerner 


sber 




patienter 


sellem 




sa/wer, embrasser 


sslam 




le salut 


stara 




se promener, aller 


serf 




feigner 


sarref 




changer, mMter 


soudem 




embrasser 


ssif, pi. ssiouf 


le sabre 


?sif - 




Vets 


soug 




pousser devant soi [betesj 


siggil 




chercher 


safed, sarf, sarfed 


envoyer, prendre congi de 






se separer 


sala 




(aire quelqke chose, s'occuper 
de 


ss<ya 




4tendre det couverturet, pri- 






pdrer un Hi 


soul 




encore 


ssit 




I'heure 


ssndouq 




la caisse 


semd 




completer, combler 


sti 




choisir 


sbidir 




boiler 


abidar 




boiieux 


ssarti, pi. 


ssrata 


le cheval de parade 


afeld 




entendre, 4couler 


b€1 




entendre 


sat 




etre iinc&re, dire la vMt^ 



ISO 



MANDEt DE BERB^IIIB MAROGAIN 



semsad 




aiguiser [une lame) 


soud 




souffler 


srks 




eacher 


ssa, ssat 




sept 


semmou 


' 


s'appeler 


selleb 




crticifier 


ser4 


- 


faire eomparaitre en juitice 


sons 


' 


secouei' 


smmous 


:'"'■ ■ ":'' '■ 


■ - ■- ■ driq - 


sired, f. h. sirid 


' - laver 


ssour 




la muraiUe de ville 


srout 




battre lejfld 


skel 




se glisser pr^s de 


sid 




accorder une faveur 


sent^l 




eacher 


senfei 




changer 


Bsenbel 


- .■ -:.--' 


laii^nhiie ' _ 


sghel 




mesurer 


ssabt 




la bonne rdcolte 


skerks 




mentir 


soua 




etre dgal, n'avoir pas $ouci 


soua dari 


gik 


je me moqite de toi 


skious 




s'asseoir , ' ■ 


saf^ . 




dcouter, sidvre le con9eil 


sounfou 




se reposer, " 


sfed 




essuyer^ nettoyer 



VOCABULAIRE 



181 



Ch 



chch 

chchbab 

chid 

is aoun icha^ ouaghroum 

chqa 

ichqan 

chchjartj lachjar 

chjn 

cherchma 

choua, tifli ichouan 

chaour 

mchaouer 

cherreg 

chemmet 

chemmati, pi. chmmait 

cherk 

chkou 

ichtka seres 

oherrou 

chchroud 

chchikh, pi. lachiakh 

choutanbir 

chber 



manger 

te jeune homme 
Tester, eire de irop 
avez-vous du pain de reste ? 
etre mauvais, dangereux 
michant 
I'arbre 
emprisonner 
la mitrailleuse 
rotir 

attendre, (aire attention 
' d^Hb&er 
d4chirer 

tromper, faire des mis^res 
le rusi 
s'associer 
r^clamer 

it reclame contre lui 
entrer en guerre, se dispuler 

avec 
la condition 
le marabout 
septembre 
mesurer avec les doigts icarl4s 



W2 



MANUEL BE lifiR^EHE HAROGAIN 



chbber 


empoigner 


chcharij 


le bagsin 


choua (ichoua, our ichout) 


beau 


chchahoua 


le d^air, fenvie 


cherrej 


seller 


chchaji^ 


courageux, brave 


chb& 


etre ras»asii 


chchr& 


la justice, la ttdion 




Voccup&tion, ie travaii 


chtat 


danset 


chehitan 


le diable, /bits 


chnt 


brosser 


chib 


devenir, etre vieux 



tajbanit 




sorte deplat 


tamghart, p. 


timgharin 


lafemfae... .a\ 


takat 




le feu, le foyer , le pied d'oli^ 
vier. :,>,-..,.L 


tagant 


, . . . ■-■.■. 


la for^t :._.;-, 


ttajer 




le marchand 


taouaia 




la n^gresie 


taroua 




■ les enfants ;^ •_:, 


ttajia 


' 


le plat ■■ :_^..' ,..j ; .:■ ., 


thel (Iharz) 




se marier , :.:. 


tMfc:.; -;.:. 


. ' 


le foie; au figwri : le cosMf : 



^..'-;-^.,-t - 


vdOASULiiaE 


teroula 


,la fuiie 


tagoufet, pi. tigousin 


le piquet 


Ugouii 


uhe poign^e 


takhsait 


la citrouille 


iafoukt 


le soleil 


tigemmi 


la maison 


tall^arouzin 


es amuleUes 


lama (n) 


a eoU {de) 


tabrat 


la letlre 


tasraftjpl. tiserfin 


le silo 


tallo^t 


la planckette 


taf^oakht 


la jeune fille 


tfis 


dormit 


tagmart 


la jument 


tagdummart 


la chasse 


taghat 


la cbhvre 


tadouggat 


le soir 


tab^ 


suivre 


tfcfchwmt 


la iente 


takhiamt 


la tenfe 


taia^ 


une autre 


taoutemt, toutmin 


la jeune femme 


taouri 


I'a/faire, I'occupation 


targa 


le ruisseau, la seguia 


tgoudi 


la col^e, le chagrin 


tamdait 


Vembuscade 


taz«e1a 


la course 


tanna, f. de ouanna 


celle que 


tatigoult 


le pain 


talkhatemt 


la bague 


tarikt 


la telle 



153 



154 



MANUEL DB BERB6rE MAROCAIN 



taghourit 


les you you 


ta^outt 


la laine 


tafounast 


la vaehe 


taghioult 


Vdnesse ■ 


tain 


huit 


(ai 


poursuivre 


taiouga 


le couple de bceufsj lacultutei 




le labourage 


ta'fala 


la baionriette 


tamouzount 


la mouzouna, monnaie maro^ 




caine 


tarialt 


le panier 


taseksout 


le keskes 


t&meghra 


la reunion, la file de manage 


tamnid 


regarder 


targanf . 


Varganier 


tament 


lenml 


tasarout, pi. tisoura 


la clef 


tatbirt 


la colombe 


tamart 


la barbe 


tafaska, ass l^d imqorn 


I'aid el kebir [Paqves] 


Umqit, pi. timqa 


la gouite 


ta^anga 


Id vague "" 


takchoult 


la chekoua, outre A (aire le 




beurre 


taoukt, pi. tiouka 


le kibou 


tajemdt 


palabre, reunion de gtierre 


taTrialt 


le douro 


taskourt 


la perdfix 


timezgida 


la mosqu^e 


temmo'u 


passery s'^couler 



VOUABULAIHE 



tief 

tazallit 

smous tizoulla nouass 

taount 

taoual 

iat toual 

taouala 

t^men 

tadla 

tahm 

ttouhma 

taghrart, pi. tighrar 

tazoult 

tamazirt, p. temizar 

taghaousa 

tanaout 

tachraft 

taqbilt 

tamara 

taghzout, syn. amaoual 

tagdourt p. tigoudar 

tasemt, p. tismam 

tigemmi 

ttir, pi. ttiour 

toub 

Ubant 

tifaout 

timelsa 

tighourdi 

tiddl, pi. tidad 

ti, tid (n) 



se perdre, perdre la tete 

la prihre 

les cing prikres du jour 

la pierre [de aggoun) 

la fois 

une fois 

le tour 

le prix 

la gerbe 

soup^onner 

les soupfons 

la charge [de grain) 

Vantimoine 

le pays 

une chose 

le vaisseait 

le cr^neau 

la tribu 

la peine, la misire 

la course de chevaux 

la Jarre 

le balai 

la maison 

I'oiseau 

se repentir 

le tellis 

la lumikre 

les vetements 

derrikre 

debout, la taille 

celle 



1^ 



MANUEL I>E BSABERE UABOCAIN 



tighrad 


le salaire - .: 


touzzoumt 


le milieu 


tssa, f. 6. stssa 


rire , 


tats»a 


le rire 


tit 


■ ^«»^ 


tiini 


le palmier^ lei dalles j 


ti^nirt 


le palmier-nain 


UUas 


Vohicuriti _ __ . 


tionizi 


(o eoft^, les ira9ailleur^;Xs^ 


tiddoukia 


I'dmiti^ 


tioutchi 


le coucher du soleil ' 


tikhsi 


la brebis 


tizza 


le poignard .- .- -. 


ttmd 


I'envie ; ^ 


ttou 


oublier 


tl^m , 


le repot ■ ,~^-^^ 


tisent ;^.; 


P^.^^. le net ■ ;ij.^4-.. 


tilila 


le secoun 


tizoua 


les abeilles 


tinzi 


I'eternuement . • . 


tfaou 


avancer, pQUM^r 


titbit 


lajeune^Ue- 


tfaalla 


elre ton pour quelqu'un 


tisitan 


les vaches 


touzzalt 


, le couteaUf les ciseaux 


ttabla 


la table, le plateau d thi^ ;_ 


ttabonr 


le tabor [uniU militaire fn(W0' 




caine) -_ ■^,^, 



V^O^AKVi^Ift* 



'Ui, 



m 



our 

oudai 

ourri 

oul, p. oulaoun 

ouakha 

dochchen 

ouajeb 

oukan - 

ouf, ioufti 

ouf, f. s. souf 

oudem 

oussi 

ouskai 

ourdimik 

oultma 

ouarga 

ouaia4, pi- ouiiadl 

outi 

ousem, ousman 

ousoud 

ouargh 

oualli, ouilli 

oudad 

ouraou, Ij^afna 



(ne pas), negation 
le juif 
revenir 
le cmur 
oui 

le cfiacal 
ripondre 
simplement 

d^passer, [rend le comparatif] 
enfler 
la figure 

charge de, recommander 
non, mt$»i 
Ife $ioughi ,-.:. 
une grosse affaire 
la saur 
river, songer 
autre 

etre beaucoup, nombreux 
Veclair 
le nid 
I'or 

celuif ceux 
I'antilope 
la double poign^e 



158 



MANUEL DE BERB^RB HAROGAIN 



dulakin 


maii 


oulaienni 


id. 


out, f. h. kat 


frapper 


ooa^ad 


un 


oualou 


rien 


oukan 


simplementj voild, tout 


ouz€n 


peser 


pug, f. h. touggSua 


lever 


oalli 


les mouions 


(ia ikhf noulli) 


. «n {e lite de) mouton 


Outgountaft 


le Goundafi 


ouglif 


I'essqim d'abeilles 


oujad 


preparer, etre pret' 


oujel 


donnerun dilai 


ouncht (n) 


autant que 


ouggoug 


l'4cluse, le barrage 


pufou 


payer 


ougeT 


HipMier, Hr.e plutgrak^ 


oudi 


la graisse, le beurre 


ourti, pi. ourtan 


le jardin 


oujou 


monnaie marocaine 



zSr 

zenz 

zour 



voir 

vendre 

pricider 



'" 


VOCABULAIRK 10» 


izouarn 


premier 


zaid 


continuer^ alter 


zad, izi^a 


moudre 


zdagh 


demeurer 


zdar 


pouvoir 


Z(^OU 


lisser 


zdi 


etre voisin rfe, aller ensemble 


zound • 


comme 


zri, f. h. zrai 


passer, s'en aller 


zigh (d) 


or, alors 


zzimboJK 


le citron 


zzig 


traire 


zdem 


couper du bois 


zzou 


planter 


zger 


couper [une riviere) 


ziouiz 


ennuyer 


zouzzer 


[aire descendre, iparpiller 


zoum 


jeuner, avoir I'dge d'homme 


z^g 


etre exiU 


zzenqt 


la rue 


zli 


etre s4par^ 


zel 


alionger 


zzman 


le temps 


zzou, izzougigi 


poursuivre 



-'3^^ 



i60 



MANOEL »E BBRB&RB HAROGAIN 



A' 



Jljeb ^ 


«'^(onner, r^^cAtr^ j^re d 


Sjoubft 


cAoje ^(onnaft/e ~ 


Sllem 


apprendre ^. 


^rd 


inm7er, wenir «n /rawer* de 


aoud 


raconter 


£imda 


& cause de 


doul 


ge preparer, etre pret d 


^ra 


^ ^ dSpouiller 


[argaz iiiran) -^. ,. 


un^hommanu 'a^^- 


(Sri^dti ikhfennek) 


dScovtre^ia Ute '" ''^"- 


dkkaz 


le baton 


^min 


deux ans 


dmou 


4tre aveuglCj ignorant 


fila 


etre 4leve 


(ialjorf idlan) 


un rocker Mevi 


^U&r 


I'^picier 


^mmer 


rempHr dey ouvrir boutique^ 




marchi 


dreg 


etre en meur 


£tss 


monler la garde 


Sqel 


aauoir, comprendre 


doun 


aider, gecourir 


dzza 


etre cher, aimi 





vocABipiAiaE; 


(argaz imaisi] 

^del 

iddel 


d^sobUr 

(«n homme insubordo: 

arranger, fabriquer 

eire bon 

nourrir [betes] 



m 



H 



■.«■;*£ ■\lVr 






TABLE DES MATIERES 



41 



PREMIERE PARTI& 
OiamiiMlM 

DEUXIfclME PARTIE 

TVMBFVf ^vlWVHHnk * ,« • 

I. — L'hiatoire da fou et du Movdden *2 

11. — Histoire d'un sultan 43 

III. — Histoire d'un enfant qui perdit son pfere' quand il 

itait petit • *^ 

IV. — L'homme et son flis. . ** 

V. — Histoire da brigand et de I'hfite de Dieu 51 

VI. — Histoire du chacal et de sa femelle 54 

VII. — Histoire d'nn aveugle . '. ^ 

VIII. — Histoire du rais • *® 

- IX. — Chansons et proverbes 8* 

X. — Le moulin h eau et le moulin h. main. . 63 

XI. — Histoire des cinq doigls de la main 6* 

XII. - Les paroles de Sidt Hammou. • ■ • 64 

Xin. — Chaosoas 1* 

■ XIV. - HlBtofre de Fadel avecJa soltane ^^ 



164 TABLE DES MATI6rES 

TROISIEME PARTIE 

XHali^ueB^ /^ 

1. — Pour entrer en relations avec une tribu, en gugpre , 4S 

11. — Aprts un combat , . . ,, «7 

V in. — Entrevue avee des envoy^s ^ ^ , . . . 89 

IV. —Description du pays , , . . 94 

V. — Pour pdo^trer dans un Tillage, une i^aisoQ . .... 95 

VI. —ATec un chef de village, un gutdd 97 

VH. — En route 100 

VIII. — An cattip ........ .... . . itf! 

IX. — Lea trSTaux de la terre .... ' '. . . . "104 

X. — Habitation, iravaux, productions du pays ...... I06 

XI. — Pour engager un soldat 109 

Xn. — A I'eiercice i mettre un soldat au garde-a-voug -. . . H2 

QUATRI^E PARTIE 

Vooabolitire (15